Bourses de mobilité pour le Tadjikistan - Retour d'expérience d'une étudiante lauréate

Eve Garinat, étudiante de persan et relations internationales à l’Inalco, a réalisé un échange universitaire à Douchanbé au Tadjikistan grâce à une bourse de mobilité attribuée par la Fondation Inalco. Elle revient sur son expérience tadjike et nous en apprend plus sur la vie à Douchanbé, la culture et l’histoire du Tadjikistan.
Vue de la ville de Douchanbé ⓒ Tanguy Lejeune

La mobilité internationale au Tadjikistan

L’aide à la mobilité des étudiants de l’Inalco est au cœur des priorités de la Fondation afin de soutenir leur immersion dans leur langue d’étude. En 2021, une convention de partenariat a par ailleurs été signée entre l’Inalco et l’Université Nationale d’Etat du Tadjikistan à Douchanbé.

A l'issue d'une sélection par un jury, quatre étudiants de persan de l’Inalco ont bénéficié d’une bourse d’excellence pour partir au Tadjikistan au 2nd semestre de l’année universitaire 2021-22.

Nous avons eu la chance de recueillir le témoignage d'une des lauréates, Eve Garinat, sur sa mobilité à Douchanbé.

Son expérience de mobilité

Après une licence de Persan et Relations Internationales à l’Inalco, Eve est actuellement en master de Relations Internationales aux Langues O’. C’est dans ce cadre qu’elle est partie pour Douchanbé au Tadjikistan avec trois autres camarades persanophones.

Les étudiants de l’Inalco ont été logés dans les dortoirs de l’Université Nationale, située à l’ouest de la ville. En contrepartie d’un logement et de frais d’inscriptions à l’université gratuits, Eve et ses camarades devaient réaliser cinq heures d’enseignement du français hebdomadaires à d’autres étudiants de l’Université de Douchanbé, en plus des dix-neuf heures de cours qu’ils suivaient (cours de langue persane, tadjike et cours de civilisation). Cet enseignement du français leur a permis de participer à de nombreuses activités organisées par l’Ambassade de France à Douchanbé.

En parallèle de cela, les étudiants ont découvert l’hospitalité tadjike et ont pu vivre l’expérience de différentes fêtes comme le nouvel an despeuples iraniens (Nowruz) ou encore l’Aïd. Ces expériences ont été des grands moments de partage de la culture et de compréhension du Tadjikistan
Celebrations de Nowruz à Douchanbé
 
 

Le Tadjikistan : rapport d’étonnement sur le récit national

Indépendant depuis seulement 1991, frappé par une guerre civile entre 1992 et 1997 et peuplé de minorités ethniques, le Tadjikistan a dû se (re)construire une identité nationale. Ses dirigeants se sont donc attelés à enraciner l’histoire nationale dans un passé antique "tadjiko-persan", convoquant comme héros nationaux le Roi Cyrus, fondateur de la dynastie Achéménides, le poète Rudaki ou encore Ismaïl Somoni, considéré comme le « premier homme d’Etat du Tadjikistan ». 

Le souvenir du communisme n’a pourtant pas été effacé, et son héritage n’est ni vraiment renié, ni célébré, restant dans une certaine ambiguïté. Les populations se sont opposées à la destruction des statues de Lénine, qui ont simplement été déplacées dans l’espace urbain, reléguées à des endroits plus discrets. Mais on peut toujours trouver la faucille et le marteau sur quelques bâtiments publics, voire des portraits de Lénine, et nombreux sont les magasins qui vendent encore des souvenirs de l’ex-URSS.
 
Buste de Lénine à Istaravchan
 
 

L’échange dans ce pays aussi complexe que beau a été un évènement marquant pour les étudiants en mobilité.

Nous remercions chaleureusement Eve Garinat pour son témoignage et souhaitons le meilleur à ces quatre lauréats pour la suite de leur parcours à l’Inalco !
 
Les Chehel Dokhtaran
 
 

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