Décès de Joseph Moudiappanadin, enseignant de langue tamoule de 1977 à 2015

Joseph Moudiappanadin 1
Le président de l'Inalco et toute la communauté universitaire de l'Inalco ont la tristesse de vous faire part de la disparition de Joseph Moudia survenue au mois de juillet 2020 et présentent à sa famille et ses proches leurs plus sincères condoléances.


Moudiappanadin, Marie Joseph, était maître de conférence à l'Inalco. Il y a enseigné la langue et la littérature tamoule de 1977 à 2015. 
En France, Moudiappanadin, son prénom tamoul dont le diminutif est Moudia, est devenu son nom patronymique et Joseph son prénom usuel. Ses collègues, amis et étudiants l'appelaient Moudia.
 
Moudiappanadin, est né en 1949 à Pondichéry, alors comptoir français. Exercé à l'apprentissage des langues dès son enfance, il en parlait quatre couramment : le tamoul, le hindi, l'anglais et le français. Très bon élève et titulaire du Brevet élémentaire de langues indiennes et du Brevet de langue française, il a suivi, en parallèle de ses études au lycée, une formation pédagogique pour enseigner le tamoul. En 1966-1967, il obtient un baccalauréat en mathématiques.
 
Reçu premier à un concours organisé par l’ambassade de France en 1967, il poursuit ses études supérieures en France grâce à une bourse d’Etat. Il obtient une maîtrise de mathématiques à l’université de Bordeaux, puis un doctorat en mathématiques à Paris (Paris 6). Très attaché à sa langue et culture d'origine, il s’inscrit à l’Inalco en 1971 pour préparer simultanément les diplômes unilingues de tamoul et de hindi. 
 
En 1977, recommandé par le professeur Jean Filliozat, indianiste (sanscrit et tamoul) pour lequel il a effectué un travail de traduction en tamoul moderne à partir de papyrus anciens, il devient répétiteur de tamoul à l’Inalco. Il commence dès lors une longue carrière d'enseignant et de traducteur à l'Inalco. 

Bon pédagogue, il fut chargé, dès ses débuts, de la conception des sujets et des corrections des épreuves écrites tamoules du baccalauréat de langue tamoule. Il a aussi contribué à l'élaboration de plusieurs manuels de langue tamoule. Il est l'auteur de nombreuses traductions de nouvelles tamoules, chansons, contes et poèmes d’Inde et du Sri Lanka, mais aussi d'articles et d'interviews parus ou publiés dans la presse française et tamoule sous les noms de plume Tamijdassane (Serviteur de la langue tamoule) ou Amoudan (un prénom tamoul). Nous ne manquerons pas de mentionner son article sur la cuisine du Sud de l'Inde dans Cuisines d'Orient et d'ailleurs (Glénat, 1995) paru à l'occasion du bicentenaire de l'Inalco.

Très investi dans la vie et le fonctionnement de l'établissement, il participait activement aux conseils de département de l'Asie du Sud Himalaya et à plusieurs commissions. Il est élu au conseil d’administration de l’Inalco pour la 1ère fois en 1983, et sera sans cesse réélu jusqu’en 2011. En 1985, il devient président du syndicat des assistants et répétiteurs. Il engage alors, pendant plusieurs années, des actions auprès du ministère pour la revalorisation du statut des répétiteurs qui aboutiront, à terme, à leur titularisation en 1998. Dès 2003, il est nommé à la tête de la Commission de la vie étudiante (COVE). Nous soulignerons également sa disponibilité dans la conception du programme de construction du Pôle des Langues et Civilisations qui a vu le jour en 2011.

De par ses qualités humaines, manifestées aussi bien à l’extérieur qu’à l'intérieur de l'Institut, par son côté chaleureux, sa générosité, Joseph Moudia a su gagner l'estime et la confiance de ses collègues enseignants, des personnels de l'Inalco, ainsi que des étudiants.

Sensible aux réalités de la diaspora tamoule, il mènera un long travail de recherche sur ce thème pour sa thèse qu'il fut contraint d'abandonner suite aux fortes pressions politiques exercées à son encontre. Il n'en déploiera pas moins son énergie et ses compétences de formateur et d'interprète au service des migrants tamouls sri lankais qui arrivaient en France, désemparés, à partir de 1983, et pour lesquels il a été mieux qu’un simple interprète, un ami. Il a œuvré comme interprète traducteur assermenté auprès des services sociaux et des tribunaux, mais aussi comme médiateur familial et médiateur ethno-clinicien au centre Georges Devereux, spécialisé en ethnopsychiatrie et même interprète bénévole dans les hôpitaux.

Il a largement contribué à faire connaître la communauté tamoule auprès des jeunes en France via l’association France Tamil Sangam, dont il a été le secrétaire-adjoint, par les formations qu’il a données notamment à des intervenants médico-sociaux (au SSAE par ex.), par la publicité qu’il a donnée aux fêtes et cérémonies tamoules (comme la procession annuelle de Ganesh) auxquelles il était toujours invité, et finalement par l’enseignement qu’il a donné à l’Inalco à la seconde génération de la diaspora.

Lire aussi :

Portrait réalisé par l'Inalco : Joseph Moudiappanadin, un esprit de famille
Le curry d'agneau de Joseph Moudiappanadin - (L'Humanité, août 1996)

Langue(s)

Région(s) du monde

Asie et Pacifique

Contact

Direction de la scolarité et de la vie étudiante (DSVE)

    • Julien BOUDET
    • Secrétaire pédagogique
    • 01 81 70 11 25
    • Bureau 3.28
65 rue des Grands Moulins
75013 Paris