Experts et expertises dans les mandats de la Société des Nations

Ce colloque veut réfléchir à l'émergence de l'international comme échelon de décision, pour déterminer s'il transforme les savoirs de la colonisation. Cette réflexion s’appuie sur un constat empirique : le rôle croissant de l’expertise au sein des champs administratifs et politiques des États-nations et dans la gestion du fait colonial à l'échelon international, dont les mandats de la Société des Nations (SDN), dispersés entre le Moyen-Orient, l'Afrique et le Pacifique, fournissent un exemple éclairant.
Palestine, 1925 (J.H. Mankin photo)
Deux caractéristiques les distinguent parmi les autres possessions coloniales. L'une est leur supervision internationale, censée favoriser l'amélioration des techniques de colonisation par la comparaison et l'échange de méthodes. L'autre est l'adhésion officielle à un modèle normatif de colonisation, l'indirect rule. Ces deux dimensions vont à l'encontre des modèles nationaux de colonisation qui sont employés pour ordonner les savoirs coloniaux, même si les historiens et les anthropologues qui depuis les années 1980 se sont intéressés aux sciences coloniales ont montré l'écart entre les théories coloniales unificatrices à l'intérieur des différents empires et les complexités sans fin des situations de terrain. Il s’agit d’interroger l’influence précoce des agendas internationaux, dont les experts gravitant autour des organisations internationales se font les relais dans le monde colonial.

Simultanément, il faut enquêter sur la construction des modalités et des cadres de reconnaissance institutionnelle de l'expertise à l'intersection des sphères coloniale et internationale, dans un rapport de forces constant entre la SDN et les pouvoirs coloniaux autour de l'exercice de la souveraineté. Là, notre parti est de considérer à la fois les experts officiels et non officiels, sans présupposer la reconnaissance de l'expertise.

Le colloque a été organisé avec l’aide de l’Inalco, de l’Institut Universitaire de France, du Centre de Recherche Moyen-Orient Méditerranée (EA 4091), de l’Institut Français du Proche-Orient (USR 3135), de l’Université Jean Moulin – Lyon 3 et du Laboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes (UMR 5091).

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