Exposition photographique : Nénètses, Khanty et Mansi de la Sibérie (sub)arctique, du 9 au 20 décembre

Dans le cadre de « 2019, année internationale des langues autochtones », décrétée par l’ONU, cette exposition est consacrée aux trois premiers peuples autochtones outre-Oural, dont les cultures sont étudiées à l’Inalco.
Nénètses, Khanty et Mansi de la Sibérie (sub)arctique - Exposition

Nénètses, Khanty et Mansi de la Sibérie (sub)arctique



Du lundi 9 au vendredi 20 décembre 2019
Hall du 2ème étage de l'Inalco



Les Nénètses (44 640 lors du dernier recensement de 2010) sont des éleveurs de rennes qui nomadisent avec leurs troupeaux dans les toundras arctiques. Au fil des saisons, ils suivent simplement la nedarma, cette route invisible qui unit les générations passées, présentes, futures, à la toundra et au renne : les Nénètses y naissent, grandissent, vivent, s’aiment, travaillent et meurent, veillés depuis les sept strates célestes superposées par les dieux qui s’affairent au bon ordonnancement du "Monde d’en Haut" et du "Monde du Milieu", et depuis la septième couche de pergélisol du "Monde d’en Bas" par Nga, le dieu de la mort, dont le tchoum se dresse au bord de la rivière souterraine Nioul-Iam. Et de leurs forces égales dépend l’équilibre de l’univers, bouleversé par les interactions avec le monde russe et les enjeux de l’Arctique.

Les Khanty (30 943) peuplent traditionnellement les forêts de la rive orientale de l’Ob, leur fleuve sacré, et de ses affluents. Chasseurs-pêcheurs semi-nomades, mais également éleveurs de rennes au Nord et à l’Est, ils se déplacent d’un village saisonnier à un autre. Leur mode de vie traditionnel dans un paysage sensible où tout est vivant et sacré, parce que chaque terre n’est autre qu’une incarnation vivante de telle déesse ou de tel dieu, est menacé par l’exploitation industrielle, notamment du pétrole, du gaz et bois. L’Ours, au fil de la christianisation, est devenu une figure christique

Les Mansi (12 269) qui vivent sur la rive occidentale de l’Ob sont de proches parents des Khanty du point de vue du mode de vie et de la langue, mais l’afflux de colons depuis le xviie siècle ainsi que l’extractivisme depuis les années 1950-1960 ont limité la culture vivante à quelques simples îlots ; selon les chiffres officiels, les locuteurs de mansi seraient 938, soit 7,6% de la communauté.

Pour l’essentiel, ces photos ont été prises lors de travaux de terrain entre 1996 et 2018. L’auteur remercie les Nénètses, les Khanty et les Mansi ainsi que l’Inalco du soutien qu’ils n’ont cessé d’accorder à tous les projets qu’il a pu entreprendre.
 
D.SAMSON NORMAND DE CHAMBOURG (Études sibériennes, Inalco)
 
Mansis_Pêche
Mansis_Pêche © Dominique SAMSON NORMAND DE CHAMBOURG

Brève bibliographie de l’auteur :

« Conversations autour du Paradis. Récits de vie nénètses du xxie siècle », La Sibérie comme paradis, Dominique SAMSON NORMAND de CHAMBOURG & Dany SAVELLI (eds.), Centre d’Études mongoles et sibériennes – École Pratique des Hautes Études, coll. « Nord Asie », 2019, pp. 295-347.
“We Are Not Dead Souls”: The Good Petroleum Fairies and the Spiritsof the Taiga in Subarctic Siberia, Sibirica, Marlène Laruelle (ed.), vol 18, no 3, New York – Oxford, Berghahn Journals, 2019, pp. 109-150.
« Entre sacralité, mobilité et adaptabilité, les Nénètses des toundras », in Francis Latreille, Les derniers peuples des glaces, Paris, Gallimard, 2019, p. 220.
« “Un troisième ciel sans impôts, sans maladie et sans Russes”. Des vices chrétiens et des vertus chamanistes dans l’Arctique sibérien (XXIe-XXe siècle) », La vertu des païens, Sylvie Taussig (dir.), Paris, Kimé, 2019, p. 637-689.

Mots-clés : 

Langue(s)

Région(s) du monde

Europe et Eurasie