Festival Jean Rouch : lumière sur la Sibérie à l'Inalco

L'Inalco est de nouveau partenaire pour la septième année consécutive du Festival international Jean Rouch. L'institut accueillera dans ses murs pendant 4 jours la sélection Regards Comparés, qui cette année se décline sur le thème de la Sibérie. Le Festival vous proposera chaque jour de 14h30 à 21h30 des projections suivies d'un débat avec un cinéaste ou un expert.
37ème Festival Jean Rouch

Le Festival Jean Rouch 

Le Comité du film ethnographique organise depuis plus de 30 ans à Paris le Festival international Jean Rouch. Initiées par le cinéaste et ethnologue Jean Rouch, cette manifestation est l’occasion unique en France de projeter des documentaires qui révèlent l'évolution sociale et culturelle des sociétés humaines et des relations de l’homme à l’environnement.
Le Festival convie passionnés, curieux et néophytes autour du cinéma ethnographique ! Il propose chaque année une programmation originale composée d’une Compétition internationale dédiée aux réalisations actuelles et des Séances spéciales. Il aura lieu du 2 novembre au 3 décembre au Musée de l’Homme.

Des frères Lumière à la lumière du Nord

Un an après la première séance publique payante du cinématographe Lumière au Salon Indien du Grand Café de Paris, la Sibérie découvre à son tour le cinéma. En effet, Fedot Makhotine acquiert un appareil des frères Lumière à l’exposition panrusse de Nijni-Novgorod, en 1896, et entreprend, aussitôt son retour à Novo-Nikolaevsk (act. Novossibirsk), une tournée dans les villes de Sibérie avec son cinématographe, quelques courts-métrages et une ménagerie… grâce au Transsibérien notamment, à partir de 1907 !

Comme le montre l’épopée locale du cinématographe, la Sibérie a longtemps été un espace culturel ouvert, loin de la seule image de désert ou de désolation qui a souvent prévalu dans la littérature et les esprits. Nombre de Sibériens sont issus de communautés marginalisées par l’histoire russe, mais aussi de l’espace infini où il leur a fallu trouver leur place : autochtones composant avec la conquête et la « colonisation » de leur univers ; vieux-croyants en quête d’une terre libre de toute persécution religieuse et inaccessible à l’Antéchrist et ses anges déchus (le tsar et ses fonctionnaires) ; colons fuyant le servage ou la collectivisation ; opposants faisant figure d’ennemis de la Couronne ou d’« ennemis du peuple », etc… Ces deux composantes essentielles de la façon sibérienne d’être au monde expliquent en partie l’esprit libre et la force que l’on ressent souvent à travers nombre de ces portraits croisés dans les toundras, les taïgas et les villes.

En partenariat avec l’Inalco pour la septième année, ces Regards comparés du festival du film ethnographique Jean Rouch, veulent partager un peu de cette contrée qui bouleversait l’écrivain sibérien Nikolaï Polevoï et son héroïne : « Amalia quitta sans regret la Crimée en fleur, et son âme, par contraste, sembla s’éveiller en Sibérie. Les sombres forêts, les montagnes sauvages, les steppes infinies, les fleuves semblables à des mers, les dix soleils dans le ciel d’hiver, la canicule de l’été sibérien, la simplicité, la bonhomie des habitants, la pensée qu’elle vivait au bout du monde, dans les profondeurs de l’Asie, les rapides contrastes du climat, de l’hiver et de l’été : tout cela charmait Amalia. Le pays de Crimée, épuisé par la luxuriance de sa nature, ne pouvait insuffler à Amalia des impressions aussi fortes et des sentiments aussi vifs ». Un seul regret : ne pouvoir tout vous montrer. Toute l’équipe du festival vous souhaite de bons Regards Comparés 2018 : Lumière sur la Sibérie !

Dominique Samson Normand de Chambourg, maître de conférences en études sibériennes, Inalco, 28 septembre 2018

L’entrée est libre dans la limite des places disponibles.

Bande-annonce

Thème(s) : 

Région(s) du monde

Europe et Eurasie