Inalco horizon 2030

L’objectif de cette initiative était de permettre d’organiser une réflexion participative pour imaginer l’Inalco de demain. "Mieux comprendre" pour "mieux réfléchir", imaginer, mesurer et répondre au positionnement stratégique de l’Inalco au cours de ces prochaines décennies.
Pôle des langues et civilisation - vue en contre plongée
Cette démarche constitue une première étape sous la forme d'un laboratoire d’idées et nécessitera un suivi afin que les propositions de ce groupe puissent être débattues en d’autres lieux plus institutionnels et être potentiellement mises en œuvre pour l’avenir.
Ce groupe de travail a donc rassemblé une vingtaine de personnes sur la base du volontariat. Celles-ci se sont réunies au cours de trois ateliers qui ont affiné les objectifs de la réflexion pour aboutir à plusieurs propositions, dont certaines ont été intégrées au projet d'établissement.

Le monde change, l’Inalco aussi

La première réunion a permis d’installer le groupe de travail Inalco horizon 2030. Il a été l’occasion de faire un panorama de ce que pourrait être le monde de demain, en particulier ses mutations géopolitiques et les conséquences en matière de santé, démographiques, environnementales et les enjeux de puissance.
 
On pourra retenir quelques chiffres qui marquent le déplacement de la puissance et des enjeux vers l’Asie. 60% de la population mondiale se trouvera en Asie en 2025. La Chine et l’Inde seront les deux principaux moteurs de la croissance économique mondiale tout en étant le nouveau point de convergence des flux de population, de marchandises et de capitaux.
 

Ces recompositions du monde devraient entrainer l’émergence d’un système multipolaire structuré autour de pôles régionaux ou fondé sur des alliances pragmatiques à géométrie variable selon les intérêts en jeu. Les motivations de ces nouveaux pôles trouveront leur source dans des revendications identitaires, culturelles, religieuses, idéologiques, linguistiques ou encore positionnées sur la défense d’intérêts communs autour de l’environnement.
 

Un rappel de ce qu’est l’Inalco a mis en relief le positionnement de l’institut vis à vis des évolutions du monde, l’Inalco, en ouvrant de nouveaux domaines d'enseignement, ayant toujours été le reflet des mutations qu’ont connu le monde.
L'Inalco est aussi porteur d’une éthique, d'une manière de considérer les cultures et les langues qui permet de comprendre en profondeur le monde d’aujourd’hui mais également d’expliquer celui de demain.
L’institut ne peut pas se limiter à un rôle de conservatoire des langues mais il doit aussi affirmer sa position d’observatoire afin de faire reconnaître son expertise.
 
Du point de vue de la structure juridique de l’Inalco, le statut de grand établissement doit être privilégié puisqu’il apparaît comme étant le plus adapté à son fonctionnement.

Penser l’évolution de l’offre de formation

La seconde réunion a fait émerger le constat d'une nécessaire prise en compte des environnements régionaux dans nos formations dédiées à une langue et à sa civilisation. Des enseignements transversaux devront être envisagés par aires géographiques, avec un périmètre pertinent selon les thématiques abordées.
 
Cette réunion s'est penchée également sur la place des savoirs et des compétences dans notre offre de formation. Trouver le bon équilibre entre les diplômes nationaux et l’offre de diplômes d’établissements est impératif afin de couvrir les besoins des différents publics.
 
Créer de nouveaux diplômes d’établissement devrait permettre d'éviter que les enseignants se retrouvent confrontés à des besoins différents et soient sans cesse "écartelés" entre des étudiants qui voient la langue et la civilisation comme des objets d’études, et d’autres qui ont besoin de la langue, parfois sans civilisation, comme d'un outil.
C’est donc aussi une approche par les compétences qui doit être envisagée dans la réflexion sur les diplômes d'établissement, afin de répondre aux attentes d’un public plus large mais aussi pour répondre aux demandes des entreprises. Le catalogue des formations pourrait donc comporter des formations qui ne soient pas diplômantes mais qui puissent correspondre à des besoins ponctuels d’un public plus large.
 
Enfin, le développement de réseaux avec d’autres universités en France et dans le monde pourrait être un moyen d'enrichir l’offre de formation et de positionner l’Inalco au sein de formations partenariales.
 
Les nouvelles méthodes d’enseignement ont également été abordées avec l’évocation de plateformes d’e-learning et le développement de l’enseignement à distance afin de permettre à un plus grand nombre d’apprenants d’avoir accès aux formations de l’Inalco. Cette évolution technologique devra être complétée par des modules de formation à ces nouveaux outils. Lors de la phase de conception des formations reposant sur l’outil technologique, il sera nécessaire d’intégrer les possibilités de déclinaisons en formation initiale, continue ou pour des projets ciblés.

Quelles évolutions pour l’Inalco ?

La troisième réunion a été l’occasion d'aborder la question des structures.
 
La réflexion sur le périmètre des départements devra se concentrer sur les missions actuelles et futures des départements et sur la représentation et la gestion des différentes langues. Le rattachement des formations à un département apparaît comme le mode d’organisation le plus cohérent et efficace pour la gestion des formations.
 
Le sentiment d’appartenance à l’Inalco pourrait encore être développé, notamment par le biais d’actions de communication interne et externe. Le département est aujourd'hui souvent la principale référence évoquée par les étudiants et les enseignants.
 
La volonté d’adosser l’enseignement à la recherche a été réaffirmée par la proposition de créer une commission réunissant des membres de la commission des études et du conseil scientifique. Cette commission aurait pour objectif d’organiser la réflexion sur l’offre de formation, son contenu et son architecture.
 
La mise en place d’une commission sur les TICE a également été proposée. Elle aurait pour principale mission de définir une stratégie numérique à long terme. Son travail, abordant une réflexion sur les enjeux financiers et techniques, pourrait être enrichi par la collecte d'informations auprès d'autres établissements. Elle pourrait proposer des pistes d’amélioration en termes de communication ainsi que sur les moyens d’actions pour promouvoir les TICE et leur intégration dans les enseignements.
 
Enfin, il a été proposé la création d’une plateforme éditoriale comprenant des articles, des medias audio et vidéo ainsi que des blogs pour offrir un lieu d’expression aux contributeurs et accroître la visibilité de l’Inalco à l’extérieur.