Journée d'étude internationale sur les médiatrices de la littérature russe au XIXe siècle, le 12 mars 2021

Le CREE organise, dans le cadre du projet quinquennal « L’'archipel noir' des femmes écrivains et artistes russes » (2019-2024), sa première journée d’étude internationale. Elle portera sur la place des femmes médiatrices (éditrices, rédactrices, traductrices et critiques littéraires etc.) dans le champ de la littérature russe entre les années 1760 et 1890.
Montage de noms de métiers littéraires : éditrices, traductrices, etc.
Evénement organisé par le Centre de recherches Europes-Eurasie (CREE-Inalco) dans le cadre du projet de recherche quinquennal « L’'archipel noir' des femmes écrivains et artistes russes » (2019-2024), en lien avec le projet « Penser autrement l’Histoire littéraire » (axe de recherche 6).

Vendredi 12 mars 2021 - 09:00-18:00 -  Auditorium de la Maison de la recherche
Inalco – Maison de la Recherche - 2, rue de Lille – 75007 Paris

Les médiatrices de la littérature russe : les femmes éditrices, rédactrices, traductrices et critiques littéraires au XIXe siècle

Ayant un fort potentiel d’influence sur les processus littéraires, ces pratiques, souvent minorées dans l’historiographie littéraire et dont les femmes furent les agents ignorés, ont pourtant façonné l’espace littéraire au XIXe siècle. L’objectif double de cette journée d’étude est de présenter un panorama des activités des médiatrices littéraires et d’évaluer l’impact de leur participation sur la constitution du champ littéraire russe et son évolution au XIXe siècle.

Comité scientifique : Catherine GÉRY, Olga DÉMIDOVA, Évelyne ENDERLEINOlga BLINOVA.
 
Organisatrices : Olga BLINOVA (CREE–Inalco), Catherine GÉRY (CREE–Inalco).
 
Contacts : blinova.olga.aleksandrovna@gmail.com et catherine.gery@inalco.fr
 
 Intervenantes (par ordre alphabétique) : Olga BIBERSON (UMR 8202 SeDyL–Inalco, France), Olga BLINOVA (CREE–Inalco, France), Olga DÉMIDOVA (Université A. Pouchkine de Leningrad, Russie), Evelyne ENDERLEIN (UR1340–GEO–Université de Strasbourg, France), Catherine GÉRY (CREE–Inalco, France), Marina KOSTIOUKHINA (Université des sciences humaines A. Herzen, Russie), Youlia SIOLI (CESC–ILCEA4–Université Grenoble Alpes, France), Anastassia STARYCHKINA, (Institut d’histoire de l’Académie des sciences de Russie, Filiale sibérienne, Russie), Galina SUBBOTINA (MIMMOC–Université de Poitiers, France).
 

Les projets de recherche quinquennaux (2019-2024)

en lien avec la journée d'études

« L'Archipel noir » des femmes-écrivains en Russie au XIXe siècle

Responsable : Catherine Géry

La littérature des femmes en Russie est jusqu’à la fin du XIXe siècle la partie inapparente, atomisée et quasiment inexplorée d’un continent littéraire quant à lui extrêmement connu : la « grande » littérature russe des hommes – celle de Pouchkine-Gogol-Lermontov-Tourguéniev-Gontacharov-Dostoïevski-Tolstoï-Tchékhov. Les femmes qui entrent en littérature à partir des années 1760 ont été minorées, puis oubliées et éloignées de l’historiographie d’une modernité littéraire en Russie qu’elles ont pourtant contribué à façonner, et la narration du « grand siècle russe », le XIXe siècle, ne les a toujours pas intégrées. Une lecture du XIXe siècle « côté femmes », autrement dit non plus à partir du centre, mais à partir des marges, de la périphérie, du mineur (ou de ce qui est considéré comme tel) nous permettra de réévaluer la culture littéraire russe et la façon verticale, patrimoniale, déterministe, ethno-centrée et unisexe dont elle s’est construite à partir du XIXe siècle, période symbolique entre toutes pour la formation du canon littéraire en Russie. La conquête par les femmes de la littérature russe n’est pas seulement la conquête du centre par la périphérie ou du majeur par le mineur, c’est aussi celle du normatif par le transgressif, et c’est la conquête de la culture classique (avec tout ce qu’elle suppose de codification, de contraintes, de contrôle et d’autocontrôle) par une forme libératrice de modernité formelle et thématique. Comment, à l’intérieur de la dialectique de la norme et de la marge, les créations/productions féminines, minorisées et/ou stigmatisées, ne cessent finalement de « travailler » – à leur manière – les productions canoniques ?

Les Femmes artistes à l’Académie et dans l’espace public (Russie-Caucase : du milieu du XIXe siècle au début du XXe siècle)

Responsable : Anna Leyloyan

L'objectif de ce projet de recherche est de mettre en lumière le rôle et la place des femmes dans le milieu culturel et politique de Russie et du Caucase à la fin de l’époque impériale, leurs engagements dans un milieu totalement masculin, leur combat pour la reconnaissance de leurs œuvres qui restent encore aujourd'hui majoritairement méconnu.
Paradoxalement, c'est l’Académie impériale des Arts de Saint-Pétersbourg qui ouvre la première ses portes aux femmes en leurs offrant plusieurs formations artistiques. Elles sont également présentes dans des associations artistiques et culturelles comme Les Ambulants, Le Monde de l’art, Société des artistes de Saint-Pétersbourg, etc. Quel est leur investissement ? À ce jour, très peu d'études sont consacrées à ces créatrices russes, tout domaine artistique confondu. Le bilan est encore plus maigre dans le Caucase qui offre un terrain de recherches inédites.

Mots-clés : 

Langue(s)

Région(s) du monde

Europe et Eurasie