Regards Comparés : Imaginaires migratoires

L'Inalco est à nouveau partenaire pour la 5e année consécutive du festival Jean Rouch. L'institut accueillera dans ses murs pendant 3 jours la section Regards comparés, qui cette année se décline sur le thème des Imaginaires Migratoires. Le Festival en collaboration avec le Cermom et le Cerlom vous proposera chaque jour de 14h30 à 21h30 des projections suivies d'un débat avec un cinéaste ou un expert.
Jean Rouch Bandeau

Les imaginaires sont à l’échelle planétaire nourris par l’expérience de la migration. Contradictoires, parfois conflictuelles, les allégeances multiples liées au déplacement donnent naissance à des films à l’esthétique singulière, aux confins du documentaire, de la fiction et de l’autofiction. Initialement associées à la perte, au déracinement, à l’aliénation, les migrations conduisent les cinéastes à interroger un entre-deux identitaire, des pays d’origine aux pays d’accueil, puis à esquisser les contours d’une nouvelle géographie, troisième espace de conciliation des lieux par l’écriture, où passé et présent coexistent et entrent en résonance. Au-delà du discours artistique, ces constructions bouleversent les représentations communes d’appartenance exclusive, au profit de l’essor et de la reconnaissance de cultures transnationales ; et l’accélération des flux de personnes, de marchandises et d’idées donne un écho inédit à ces œuvres qui s’émancipent du ghetto communautaire pour toucher l’ensemble de la société, inversant souvent marges et centres.

Dans l’auditorium de l’Institut national des langues et civilisations orientales, les Regards comparés de cette année parcourent ces imaginaires migratoires sur les 5 continents. Quatorze courts, moyens et longs métrages de réalisateurs belges, burkinabés, chinois, français, grecs, népalais, nigérians, suisses, tibétains, mis en perspective à chaque séance par un débat avec cinéastes et experts, donnent à voir et à ressentir les émotions, les rêves, les espoirs qui animent les migrants.

Les migrations inspirent la création artistique, toutes disciplines confondues. Les documentaristes font à leur tour preuve d’une grande créativité pour tracer une mémoire des migrations en recueillant témoignages et récits de vie : l’archive brute croise, dans cette programmation, l’animation et la sitcom, pour montrer des hommes et des femmes qui, d’une génération à l’autre, jouent de la musique, s’initient aux arts martiaux, fêtent le Nouvel An. Les langues, les sensibilités voyagent et se transforment, d’Ellis Island à Dharamsala, des rues de Séoul au port du Pirée. Oncles d’Amérique ou réfugiés palestiniens, les migrants d’hier et d’aujourd’hui se livrent, se mettent en scène, quelquefois se donnent en spectacle – et l’intensité de leurs expériences inonde l’écran à des moments privilégiés, ici et là-bas, dans le regard du pêcheur de Lampedusa, le dessin de l’enfant coréen adopté, le chant a cappella de la cousine d’Australie.
 
Delphine Pagès-El Karoui
Maître de conférences à l’Inalco, membre du Cermom
 
Stéphane Sawas
Professeur des universités à l’Inalco, directeur du Cerlom


 
En partenariat avec le Festival international Jean Rouch
Du 22 au 25 novembre 2016
Chaque jour de 14h30 à 21h30
Auditorium de l'Inalco 

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