Séminaire « L’oralité en milieux rural et urbain », le 14 décembre en visioconférence

Le groupe de recherche inter-équipe « Oralités du monde », fondé en novembre 2019, entend fédérer à l’Inalco et au-delà, dans une perspective transversale, comparative et pluridisciplinaire, des recherches souvent méconnues. L’Inalco offre la possibilité exceptionnelle d’échanger des informations sur les oralités dans différentes aires culturelles et de discuter des approches pluridisciplinaires développées dans les recherches et dans les enseignements par les enseignants des différentes langues, cultures, littératures et oralités.
Groupe d'hommes et femmes betsileo accroupis
Conciliabule betsileo © Louise Ouvrard

Le groupe de recherche « Oralités du Monde » - ODM (Inalco), en partenariat avec l'équipe de recherche Pluralité des langues et des identités, didactique, acquisition, médiation - PLIDAM (Inalco) et l’Encyclopédie des littératures en langues africaines (ELLAF), organise son séminaire inaugural sur la thématique de l'oralité en milieux rural et urbain.
 

Inscription obligatoire, dans la limite des places disponibles (formulaire d'inscription sur cette page)
Les personnes inscrites recevront le lien vers la plateforme Zoom quelques jours avant le séminaire
 

Lundi 14 décembre 2020 - 10h00-19h00 - Evénement en ligne
 

L’oralité en milieux rural et urbain : « tradition » versus « modernité » ?

Séminaire inaugural du groupe de recherche Oralités du Monde (ODM)

L’oralité est souvent abordée selon un point de vue simplificateur : les littératures orales, pratiquées en milieu rural, dans des zones plus ou moins isolées et « traditionnelles », seraient conservatrices et incapables de s’ouvrir à l’innovation. Supposées absentes des milieux urbains, elles n’y seraient attestées que sous une forme « moderne » et sur de nouveaux supports technologiques. Ainsi, elles coexisteraient dans ces milieux en bonne harmonie avec l’écriture littéraire ‒ et quelle écriture littéraire ? Ce paradigme, largement répandu concernant les oralités en Afrique de l’Ouest, est réducteur, car il instaure une hiérarchie entre les modalités d’expressions littéraires : l’oralité, la néo-oralité et la scripturalité. Le séminaire étudie ce point de vue dans une perspective transversale.

Avec la participation de Jean Derive (ELLAF)

Comité scientifique :
Ursula Baumgardt, Frosa Pejoska-Bouchereau, Aliou Mohamadou

Le groupe de recherche « Oralités du monde » (ODM - Inalco) 

À l’issue de plusieurs rencontres préparatoires, des enseignants chercheurs de l’Inalco ont fondé le 21 novembre 2019 le groupe de recherche interdisciplinaire et inter-équipe « Oralités du monde ».

Motifs
L’oralité, comme discipline, est très mal connue ou simplement appréhendée par rapport à la scripturalité et la « mise à l’écrit ». Elle est de ce fait souvent marginalisée et méconnue, même dans sa forme d’expression la plus complexe, la littérature orale. Or, dans de nombreuses sociétés, l’oralité concerne un nombre important de langues. Elle se manifeste sous des formes d’une grande richesse et dans des conditions différentes, nécessitant ainsi une approche comparative. Elle a des fonctions complexes qui restent insuffisamment étudiées.

Enjeux scientifiques
L’oralité s’intéresse aux faits sociaux, à la fois dans leur permanence et leurs transformations. Elle observe et étudie les faits sociaux du passé mais aussi du présent dans leur actualité et en tant que phénomène naissant. L’oralité repose sur des pratiques langagières spécifiques articulées avec des pratiques sociales précises qui impliquent la régulation de la circulation de la parole. Elle exprime des représentations culturelles singulières liées aux milieux où elle évolue. Elle est un outil puissant de transmission et concerne les langues, les représentations du monde et les identités culturelles. Nécessairement sociale, elle est l’une des expressions privilégiées de la culture qui la pratique. De ce fait, elle est un vecteur incontournable pour permettre l’acquisition de la langue et des valeurs culturelles que celle-ci véhicule.

Documenter et étudier les manifestations de l’oralité dans la diversité culturelle ; théoriser ses fondements, ses fonctionnements et ses fonctions : ce sont là des enjeux scientifiques majeurs qui peuvent apporter des éclairages nouveaux sur des faits culturels et sociaux complexes. Leur analyse s’inscrit dans des perspectives complémentaires qui rendent compte de la complexité du domaine : transversalité, comparatisme, articulations avec d’autres disciplines : notamment la littérature, la linguistique, l’anthropologie, l’histoire et la musicologie.

Place de l’Inalco
L’Inalco offre l’unique formation universitaire en « oralité » en licence, master et doctorant, en tant que discipline. L’oralité est une réalité dans de nombreuses aires culturelles étudiées à l’Inalco. Elle se présente sous des formes et des appellations très variées. Les travaux qui lui sont consacrés se situent rarement dans une perspective résolument transversale. Du fait de cet « éclatement », il est difficile de percevoir le domaine en tant que tel et dans son ensemble.

Or, l’Inalco offre la possibilité exceptionnelle d’échanger des informations sur les oralités dans différentes aires culturelles et de discuter des approches pluridisciplinaires développées dans les recherches et dans les enseignements par les enseignants des différentes langues, cultures, littératures et oralités. Notre Institut présente ainsi un réel potentiel pour réaliser des recherches innovantes dans une discipline en construction et en consolidation.

Objectifs et fonctionnement
Le groupe de recherche « Oralités du monde » voudrait fédérer à l’Inalco et au-delà, dans une perspective transversale, comparative et pluridisciplinaire, des recherches souvent méconnues. Le groupe voudrait être un espace de discussion scientifique pour contribuer à développer la recherche et à apporter ainsi une meilleure visibilité au domaine. Il souhaite participer à l’enseignement et à la formation à la recherche.

Ursula Baumgardt

Mot-clé
Approches transversales des oralités du monde
 

Mots-clés :