Le cinéma berbère (amazigh) : seconde journée d'études

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Date limite :
Samedi, 20 avril, 2019
Equipe de recherche :
Appel à communications. Le cinéma berbère (amazigh) comme espace de communication. Le sens de la mise en scène

Journée d'études, 11 juin 2019,
Institut National des Langues et Civilisations Orientales, Paris
65, Rue des Grands Moulins, salle 5.08

Il s’agit de la deuxième rencontre sur le cinéma berbère organisée à l’INALCO. Dans la première journée d’études, nous avions fait un état des lieux et présenté l’analyse narrative des films les plus connus. Les articles sélectionnés du premier colloque seront publiés par Karthala (2019). Cette deuxième rencontre vise à identifier et à analyser les éléments de la mise en scène des films amazighs (images, couleurs, cadrage, son et autres éléments audiovisuels), pour essayer de comprendre comment, par le biais de la composition audiovisuelle, les films atteignent (ou tentent
d’atteindre) leur objectif narratif.

L’analyse de la mise en scène est un moment essentiel dans la recherche actuelle, pour deux raisons principales. La première est que nous avons très peu d’analyses approfondies des éléments audiovisuels nous permettant d’aborder le film amazigh comme espace de communication. La deuxième est que l’existence même du cinéma amazigh est vue comme dépendant de la compétence technique. L’analyse de la mise en scène sera l’occasion de rassembler et de croiser des données utiles à l’élaboration d’un discours nuancé sur l’ambition de certains films spécifiques et sur l’« émergence » du cinéma amazigh en rapport avec les compétences techniques de sa production.

Nous aurons l’honneur d’avoir parmi nous Mme Djamila Amzal, actrice et réalisatrice.

Certaines des communications présentées à ce colloque seront appelées à devenir des articles pour un dossier thématique de la revue d’études cinématographiques Cinémas (www.revue-cinemas.info). La publication des articles issus de ces communications est conditionnelle au résultat du processus d’évaluation par les pairs de la revue Cinémas.
 
Les propositions de communication (20 minutes + 10 minutes questions) doivent inclure un titre, les noms des auteurs, leur affiliation, un résumé (300 mots) et une courte bibliographie.

Les propositions doivent être envoyées à Daniela Merolla (daniela.merolla@inalco.fr) et Ouzna Ouaksel (ouzna.ouaksel@inalco.fr) au plus tard le 30 avril 2019.


Argumentaire Colloque Cinéma berbère II
Le cinéma berbère (amazigh) comme espace de communication. Le sens de la
mise en scène.


Daniela Merolla, Institut National des Langues et Civilisations Orientales
(INALCO/Sorbonne Paris-Cité), Paris.

Il s’agit de la deuxième rencontre sur le cinéma berbère organisée à l’INALCO. Dans la première journée d’études, nous avions fait un état des lieux et présenté l’analyse narrative des films les plus connus. Les articles sélectionnés du premier colloque seront publiés par Karthala (2019). Cette deuxième rencontre visera à identifier et à analyser les éléments de la mise en scène des films amazighs (couleurs, cadrage, son et autres éléments audiovisuels), pour essayer de comprendre comment, par le biais de la composition audiovisuelle, les films atteignent (ou tentent d'atteindre) leur objectif narratif.

L’analyse de la mise en scène est un moment essentiel dans la recherche actuelle, pour deux raisons principales. La première est que nous avons très peu d'analyses approfondies des éléments audiovisuels nous permettant d’aborder le film amazigh comme espace de communication. La deuxième est que l’existence même du cinéma amazigh est vue comme dépendant de la compétence technique. L’analyse de la mise en scène est donc nécessaire pour répondre à la question : peut-on parler de cinéma amazigh ?

Dans les études, l’existence du « cinéma amazigh » est discutée, notamment à travers deux questions. D’un côté, la compétence technique des films « grand écran » berbères est généralement appréciée, mais leur nombre est restreint et il n’y a pas de véritable industrie cinématographique. De l’autre côté, il y a un grand nombre de films vidéo et un circuit de production vivace, mais il est leur contesté le manque (supposé) de  professionnalisme technique. On mentionne par exemple l’utilisation défaillante de la caméra, avec peu de plongée et contre-plongée, la question de la lumière, presque exclusivement naturelle, ou encore le manque de) symbologie des couleurs, la présence d’anachronismes.

En partant d’une approche postcoloniale et transnationale, il faudrait considérer que la production vidéo amazighe réagit à une opération calculée de répression liée à l’élitisme et à l’hégémonie des médias étatiques (Carter, 2001 : 249). Encore en 2013, après les changements ayant eu lieu dans le panorama cinématographique marocain à la suite de l’officialisation de la langue amazighe, le peu de financements ainsi que le doublage en arabe des films amazighs passés à la télévision nationale étaient dénoncés par les associations des acteurs amazighs. C’est une industrie indépendante des subventions européennes post et néocoloniales qui produit les films vidéo amazighs (et que l’on peut appeler Amazighwood selon le modèle ‘Bollywood’ et ‘Nollywood’, voir Merolla, 2018). La distribution est organisée via un circuit informel, par des distributeurs qui sont aussi les producteurs/réalisateurs. Comme dans le cas de Nollywood (le cinéma ‘populaire’ des films vidéo au Nigeria), cela devient une stratégie d’accommodation visant à créer une pratique et un discours esthétiques indépendants des modèles dominants de Hollywood mais aussi du
« cinéma d’auteur » africain et international (Haynes, 2007 ; Barrot, 2005).

Pour ce qui concerne la compétence technique, selon Sandra Carter (2001), les films amazighs sont réalisés à travers un système de conventions et de récits bien connus, et l’image, le son, l’édition et l’histoire de beaucoup de vidéos sont de bonne qualité. Les différences entre les films grand écran et les films vidéo concernent la durée de tournage rapide des vidéos, le manque d’attention accordée au scénario, et la priorité accordée au dialogue (voir Bisschoff, 2015, sur Nollywood). Ce dernier point manifeste la fascination du public amazigh pour les films racontés dans sa langue.

On constate ensuite que le « goût » local des films vidéo n’est pas figé. Au contraire, des cinéastes du circuit informel d’Amazighwood savent s’adapter et se professionnaliser, au point de produire des films destinés non seulement à la consommation domestique mais aussi aux salles de cinéma et, qui plus est, diffusés dans les festivals de films « d’auteur ».

L’analyse de la mise en scène des films ‘grand écran’ et ‘vidéo’ berbères proposée par le colloque sera l’occasion de rassembler et de croiser des données utiles à l’élaboration d’un discours nuancé sur l’ambition de certains films spécifiques et sur l’« émergence » du cinéma amazigh en rapport avec les compétences techniques de sa production.

Bibliographie
Barrot, Olivier (sous la dir.). 2005. Nollywood. Le phénomène vidéo au Nigeria. Paris : L’Harmattan.
Bisschoff, Lizelle. 2015. « From Nollywood to New Nollywood: the story of Nigeria’s runaway success ». Conversation, 28 septembre. http://eprints.gla.ac.uk/140329/1/140329.pdf
Carter, Sandra G. 2001. « Representational Power and Identity in Video Films ». Gazette 63 (2–3) : 241–262.
Haynes, Johannes. 2007. « Nollywood in Lagos, Lagos in Nollywood Films ». Africa Today, 54 (2)  : 131-150.
Merolla, Daniela. 2018. Le cinéma amazigh entre le film 'grand écran' et 'Amazighwood'; Langues O';, 3 : 46-47.
Oublal, Ali. 2014. The Amazigh Film. In Souss, from Oblivion to the International Scene. Ait Melloul : Issni n Ough.

Informations pratiques
La journée d'études a lieu à l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales dans le 13e de Paris, 65 rue des Grands Moulins, Salle 5.08

Plan : http://www.inalco.fr/contact    Métro : RER C (Bibliothèque François Mitterand, sortie rue des Grands Moulins) , Bus : 27 (arrêt Rue de Patay), Bus 62 et 64 (arrêt Patey-Tolbiac), Tram T3a (arrêt Avenue de France).

Plusieurs hôtels sont situés dans les environs, par exemple :
Green Hotels Paris 13, 3-star hotel, 90 Rue de Patay, 75013 Paris, France•+33 1 53 82 84 84
Appart'City Confort Paris Grande Bibliothèque - Appart Hôtel, 4-star hotel, 70 Avenue de France, 75013 Paris, France•+33 1 79 97 52 00
Aparthotel Adagio access Paris Porte de Charenton, 3-star hotel, 203 Rue de Paris, 94220 Charenton-le-Pont, France•+33 1 58 73 64 00  (Tram T3a)
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