Langues pluricentriques : description, apprentissage, traduction

L’équipe de recherche PLIDAM organise une journée d’études internationale intitulée « Langues pluricentriques : description, apprentissage, traduction »
Date : mercredi 17 février 2021
Lieu : (à ce stade) via Zoom
Logo Plidam
Date limite :
Mardi, 15 septembre, 2020
Equipe de recherche :
À côté des langues ‘monocentriques’ dotées d'une seule variété standard (russe, japonais), il existe des langues ‘pluricentriques’ dotées de plusieurs variétés normalisées dont certaines (arabe, chinois, espagnol, portugais, français) disposent d’un statut supranational et constituent un patrimoine partagé par de nombreuses nations, sans toutefois pouvoir rivaliser, à l’échelle planétaire, avec l’anglais. Celui-ci, avec la mondialisation, devient la première langue de communication internationale, et possède des normes différentes mais symétriques vu l'égale importance des variétés linguistiques du Royaume-Uni et des États-Unis. Une variété peut être ‘dominante’ (p. ex. dans les médias, les textes littéraires ou les situations de communication quotidiennes) disposant d’un pouvoir symbolique, ou ‘non dominante’ ne parvenant pas à affirmer sa légitimité.
L’allemand avec une norme dominante (Allemagne) et des normes non dominantes (Autriche, Suisse) illustre l’existence de langues pluricentriques asymétriques.

Quel est le statut, quelle est la vitalité ou la représentativité des variantes ? Le contexte social et idéologique peut favoriser ou non la formation de communautés aux identités spécifiques : usages oraux des populations ; codes écrits établis. Une langue qui possède un pouvoir politique supérieur à des langues proches d’elle peut conduire les locuteurs à concevoir ces langues comme de ‘simples dialectes’ de la langue dominante.

Le cas du ‘bosniaque-croate-monténégrin-serbe’ offre un champ de réflexion tant sur les critères de différenciation des langues entre elles que sur les rapports identitaires qu’entretiennent les langues avec les communautés linguistiques respectives.

Les locuteurs d’une même langue peuvent ne pas se comprendre et ne pas s’inscrire dans la même culture, et inversement, les membres de cultures de diasporas peuvent se reconnaître à distance. Les différentes normes d’une langue pluricentrique peuvent devenir des langues autonomes (hindi /ourdou ; malai / indonésien).

Afin d’alimenter les échanges, nous mettrons en regard trois objectifs :

1/ Approfondir nos connaissances sur le plus grand nombre possible de configurations linguistiques caractérisées par la présence de variétés dominantes et non dominantes, et plus ou moins pratiquées sur le terrain ; affiner les méthodes de description y compris celles des variétés issues de mouvements de migration.

2/ S’interroger sur l’école, lieu privilégié d’imposition d’une norme commune. Comment former les apprenants à la diversité des situations langagières et sociales ? Quelles variantes de langue autoriser ou privilégier dans nos classes de langues ? Les grammaires, manuels et dictionnaires peuvent thématiser ou évacuer la variation.

3/ Explorer les liens entre traduction et variations. Traduire signifie : respecter l’original et réfléchir sur l’infinie diversité des textes d’arrivée. L’éventail des solutions lexicales, syntaxiques, pragmatiques possibles révèle la complexité des variations linguistiques dont chacune tend à véhiculer son interprétation de l’univers.

Coordination scientifique : Iman SRIDI (Plidam, Inalco)

Comité scientifique : Sibel BERK-BOZDEMIR, Georgios GALANES, Delombera NEGGA, Louise OUVRARD, Céline PEIGNÉ, Haque SHAHZAMAN, Elli SUZUKI, Thomas SZENDE

Comité d’organisation : Zeinab ASSAD, Rick RAZANADRAKOTO, Iman SRIDI, Lei WANG

Calendrier :
Lancement de l’appel à communications : 14 Juillet 2020  
Envoi des résumés (auteur, titre, 10 lignes + bibliographie) à iman.sridi[at]inalco.fr  avant le 15 septembre 2020
Notification des acceptations : 1 octobre 2020
Journée d’études : mercredi 17 février 2021