Objets et sujets de la migration dans l’espace médiatique. Construction des discours et des représentations dans la sphère publique

Le programme Migrobjets, financé par le conseil scientifique de l’INALCO dans le cadre de l’AAP Migrations & Altérités travaille depuis mai 2016 sur une analyse pluridisciplinaire des images d’objets concourant à la représentation des migrants et des faits migratoires tels qu’elles apparaissent notamment, mais de manière non exclusive, dans la presse et les réseaux sociaux.
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Date limite :
Samedi, 31 mars, 2018

Objets et sujets de la migration dans l’espace médiatique. Construction des discours et des représentations dans la sphère publique

Colloque terminal programme Migrobjets / Appel à contributions
 
22 et 23 mai 2018, Auditorium – Inalco Paris
 
Deadline : 31 mars 2018

 
https://migrobjets.hypotheses.org/476
 
Argumentaire
 
Le programme Migrobjets, financé par le conseil scientifique de l’INALCO dans le cadre de l’AAP Migrations & Altérités travaille depuis mai 2016 sur une analyse pluridisciplinaire des images d’objets concourant à la représentation des migrants et des faits migratoires tels qu’elles apparaissent notamment, mais de manière non exclusive, dans la presse et les réseaux sociaux.

Une telle thématique s’articule autour du constat suivant : depuis, au moins, le naufrage d’octobre 2013 au large de l’île de Lampedusa, la multiplication des images d’objets signale leur pouvoir d’évocation de la « crise migratoire » (Galitzine-Loumpet 2014) et la diversité des positions face à celle-ci, de l’adhésion ou de la dénonciation des politiques nationales ou européennes aux « politiques de la pitié » (Boltanski 1993).   Cette omniprésence des images d’objets invite en conséquence à repenser à la fois les régimes de valeur et de lisibilité des objets et leurs mises en relation avec les sujets, c’est-à-dire à interroger l’élaboration visuelle d’un topos du « migrant » à la fois pérenne et régulièrement actualisé.

De fait, le choix de certains objets plutôt que d’autres, les connotations d’origine, de genre (Anstett & Gelard 2012), d’âge ; les mises en scène ou les discours associés pour les faire « parler » s’inscrivent au coeur d’un véritable réseau d’interdiscours (Garric et Longhi 2013) et de référents visuels et textuels superposés dont il s’agit d’appréhender formes et composantes ainsi qu’usages sociaux (Weber 2014). Ces projections opèrent un transfert des qualités de l’objet vers celles des sujets dont elles signalent l’état ou la disparition : récurrence d’images d’objets-jouets anthropomorphes (du poupon en plastique aux peluches-doudous) pour en appeler à l’affect de l’enfance et à la compassion ou valeur supposée d’un smartphone utilisée pour décrédibiliser statuts et récits. La polysémie des objets, entre déchet et relique, leurs métamorphoses possibles et leurs modes de représentation participent ainsi d’une doxa (Stockinger 2001), i.e. en régimes de sens commun (Sarfati 2011) de natures variables (de preuve, de vérité, de moralité, d’esthétique, d’utilité…). Leurs différentes perceptions dans les pays d’accueil, producteurs de ces images, interrogent de ce fait un partage du sensible, système d’évidences donnant à voir à la fois un commun et un découpage des parts respectives (Rancière 2007) ou assignées. La neutralité axiologique apparente des objets pourrait-elle à la fois favoriser des processus de subjectivation et constituer un outil de désubjectivation ?

En prenant en considération l’ordinaire, le commun et l’exceptionnel et les différents régimes des images de la migration et des migrants, ce colloque voudrait interroger les catégorisations contemporaines des exilés au travers des représentations d’objets par une approche pluridisciplinaire assumée, mais en prenant systématiquement le parti de l’objet comme porte d’entrée de l’analyse scientifique. Le postulat est que ce décentrement du sujet à l’objet, ou du sujet à travers l’objet, offre  l’opportunité d’un renouvellement des analyses.
 
Les propositions de contributions (intitulé, résumé et présentation bio-bibliographiques d’une dizaine de lignes maximum) doivent parvenir aux deux adresses ci-dessous avant le 31 mars 2018.
Les langues de communication sont le français et l’anglais.
 
Contacts : 
alexandra.galitzine-loumpet(at)inalco.fr & albin.wagene(at)gmail.com
 
Coordination scientifique :
o    Alexandra Galitzine-Loumpet (Cessma / Inalco)
o    Peter Stockinger (Plidam / Inalco) peter.stockinge(at)inalco.fr
o    Albin Wagener (CoDire / Université de Nantes / Campus Tech)