Repenser le paradigme du « sacrifice maternel » dans la culture juive : religion, images, textes

visuel par défaut
Date limite :
Samedi, 30 mars, 2019
Equipe de recherche :

Repenser le paradigme du « sacrifice maternel » dans la culture juive :
religion, images, textes

Colloque CERMOM-INALCO - Université Ca’ Foscari, Venise

Paris, 19-21 novembre 2019

Organisateure.r.s : 
Elisa Carandina, CERMOM-INALCO
Madalina Vârtejanu-Joubert, CERMOM-INALCO
Piero Capelli, Université Ca’ Foscari, Venise

Appel à communications

L'expression « sacrifice maternel » réunit deux termes complexes dont l’association se déploie dans une dynamique qui l’est encore plus. Tout d'abord, « sacrifice », un mot dont aucune définition n’a pu embrasser la multiplicité des pratiques et des significations auxquelles il renvoie : tantôt rituel, tantôt récit, tantôt métaphore. On peut suivre James Watts lorsqu’il fait la distinction entre des récits ayant pour objet le sacrifice humain, qui interrogent les notions de meurtre et d’homicide, et des récits portant sur l’immolation rituelle des animaux, attachés à éclairer les fonctions sociales du rituel et de la religion en général (Watts 2011, 8). A ces deux niveaux de lecture s’ajoute un troisième, celui de l'utilisation métaphorique de la notion de sacrifice, comme acte de renoncer à quelque chose afin d’atteindre un but supérieur.

Deuxièmement, le mot « maternel » pourrait susciter la même défiance mais Samira Kawans nous invite à le reconsidérer à la lumière d’une nouvelle approche qui souligne la spécificité de la maternité tout en rejetant l’essentialisation de cette expérience, de son désir ou de sa subjectivité (Kawans 2011, 972).

L'ambiguïté de cette expression ne s’arrête pas là : elle réside aussi dans la possibilité de lire dans le « sacrifice de la mère » aussi bien comme un génitif objectif que subjectif. L'expression peut alors conduire à explorer le sacrifice effectué par la mère sur différents êtres ou objets – y inclus elle-même – ou celui effectué par d'autres sur la mère ou sur la mère en puissance – il s’agirait dans ce cas du matricide ou du sacrifice de la vierge. Ces deux perspectives peuvent se comprendre à leur tour dans la perspective du rituel, du récit ou de la métaphore.

Repensant l'opposition établie par Nancy Jay entre sacrifice et accouchement dans ce qu'elle définit comme un « remède pour être né d'une femme », la conférence vise à explorer de nouvelles approches du sacrifice maternel comme rituel, récit et métaphore. Nous encourageons les propositions qui cherchent à repenser le sacrifice à partir de la perspective maternelle, les utilisations du sacrifice et sa rhétorique. Toutes les approches, les contextes culturels et les époques historiques relevant de la culture juive sont concernés.

Parmi les possibles sujets on peut mentionner : 
  • Le rôle de la mère dans la rhétorique, le rituel ou le récit de sacrifice
  • Mères accomplissant le rituel sacrificiel
  • Sacrifice des jeunes filles
  • Récits maternels de sacrifice
  • Utilisations métaphoriques du sacrifices maternels dans l’art
  • Réécriture de récits sacrificiels du point de vue de la mère
Le colloque aura lieu à Paris, du 19 au 21 novembre 2019. Un résumé de 250 mots situant surtout l’acception donnée au sacrifice (rituelle, narrative, métaphorique) et un CV d'une page, sont à envoyer avant le 30 mars 2019 à l'adresse suivante : elisa.carandina@inalco.fr.

Les participant.e.s seront informé.e.s de l'acceptation d'ici le 30 avril 2019. Une sélection d’articles sera publiée dans un volume avec comité de lecture.