L’ECRITURE
USUELLE DU BERBERE
Les
Berbères possèdent leur propre système d’écriture
(alphabet "libyque" ou tifinagh en berbère), en usage
depuis au moins 2.500 ans.
Depuis le haut Moyen âge et l’islamisation de l’Afrique
du Nord, les Berbères ont également utilisé l’alphabet
arabe pour écrire leur langue. Cet usage est resté vivace
au Maroc, notamment dans le domaine chleuh.
Avec la présence française et européenne en Afrique
du Nord, le recours à l’alphabet latin pour noter le berbère
s’est largement répandu, dans les pratiques universitaires
et scientifiques d’abord, mais aussi dans l’usage courant
dans des régions comme la Kabylie. Tant et si bien que la grande
majorité des ouvrages en langue berbère publiés depuis
un siècle et demi sont transcrits en alphabet latin.
Après
de longs tâtonnements, les notations courantes du berbère
tendent à se stabiliser et à s'homogénéiser,
sous l'influence déterminante des travaux et usages scientifiques.
L'influence des travaux d'A. Basset (dans les années 1940 et 1950),
celle du Fichier de Documentation Berbère en Kabylie (de 1947 à
1977), de l'oeuvre et de l'enseignement de Mouloud Mammeri, et enfin,
depuis 1990, celle de l’INALCO, auront été décisives.
L'introduction et l'interprétation supra-régionale du principe
phonologique a permis de réduire sensiblement les divergences
dans la représentation graphique des dialectes berbères.
Les particularités phonétiques dialectales à
caractère systématique sont considérées
comme réalisations régionales du phonème "berbère"
et ne sont donc plus notées ou seulement par de discrètes
diacrités. Concrètement, cela permet d'écrire la
langue de la même façon, quel que soit le dialecte. On écrira
ainsi : tamɣart, "la vieille" ; abrid, "chemin", akal
"terre", que l'on soit en touareg, en chleuh ... qui prononceront
effectivement [tamɣart], [abrid], [akal] ou en kabyle, rifain...
qui réalisent en fait [θamɣarθ], [aßrið], [açal]...
Pour
plus d’informations sur la notation usuelle,
[allez vers «
Notation » / CRB]
Vous
pouvez également consulter l’ouvrage collectif, édité
par :
D. CAUBET, S. CHAKER et J. SIBILLE : Codification des langues de France
(Actes du Colloque "Les langues de France et leur codification :
écrits divers, écrits ouverts", mai 2000, INALCO/DGLFLF),
Paris, L’Harmattan, 2002.
On y trouvera plusieurs synthèses sur l’histoire et les problèmes
actuels des orthographes des dialectes berbères représentés
dans ces Annales :
K. NAÏT-ZERRAD : « Les systèmes de notation du berbère
»
S. CHAKER : « Variation dialectale et codification graphique en
berbère. Une notation usuelle pan-berbère est-elle possible
?
M. LAFKIOUI : « Le rifain et son orthographe : entre variation et
uniformisation ».
S.CHAKER
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