LES GENRES DE LA POESIE TRADITIONNELLE BERBERE : Domaine chleuh (2)

AQSIḌ

 

Aqsiḍ est un mot emprunté à l’arabe, langue dans laquelle il signifie, entre autres, « composition rythmée ». En chleuh, il désigne un type de poème qui est chanté avec un rythme très lent ; il est accompagné de musique d’aḥwac. Il est réputé très difficile à composer et à chanter et, de ce fait, réservé aux grands poètes-chanteurs qui, lors d’une fête, s’y adonnent toute la nuit jusqu’à l’aube.

Le premier poète-chanteur choisit un thème et lance le chant ; il est relayé par un autre dès que le premier le demande, soit par un vers soit par un geste quelconque. Le plus expert est celui qui a le plus grand souffle dans la composition (= celui qui aligne le plus grand nombre de vers) et dans la déclamation ou le chant (= puissance et qualité de la voix).

Le poète est un compositeur certes, mais il se trouve que, souvent, il mémorise les compositions des plus grands et les récitent dans les fêtes. C’est pourquoi l’on parlera plus de répertoire de tel ou tel poète-chanteur que d’œuvre de création. Car cette poésie est la plupart du temps anonyme.

[A. BOUNFOUR]


Illustrations :

Orientation bibliographique
– A. Bounfour : Le nœud de la langue, Aix-en-Provence, Edisud, 1994.
– A. Bounfour : Introduction à la littérature berbère. I. La poésie, Paris/Louvain, Peeters, 1999.
– P. Galand-Pernet : Recueils de poèmes chleuhs I. Chants de trouveurs, Paris, Editions Klincksieck, 1972.
– P. Galand-Pernet : Littératures berbères. Des voix, des lettres, Paris, PUF, 1998.
– A. Roux A./A. Bounfour A., Poésie populaire berbère (Maroc du Sud-Ouest/Igedmiwen), Paris, Editions du CNRS, 1990
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