LES GENRES DE LA POESIE TRADITIONNELLE BERBERE : Domaine chleuh (3)
LQIṢT ou poésie narrative
Le terme lqiṣt ou lqiṣṭ est un emprunt à l’arabe (qiṣṣa) et signifie « histoire, récit, conte, légende », etc. « […] Il peut s’appliquer, aussi bien à la fable […], à des « légendes » hagiographiques mettant en scène Job, Moïse ou des saints régionaux ou bien à des récits narrant une aventure, ancienne ou récente, merveilleuse ou non, présentée comme fictive ou comme réelle. » (Galand-Pernet, p. 60-61). Le terme a donc, dans la culture traditionnelle chleuh, un sens générique désignant tout récit de quelque nature que ce soit.
On appelle poésie narrative les textes versifiés qui racontent une histoire. Cette dernière peut être de types très divers sur le plan thématique et fonctionnel. On peut rencontrer des poèmes « historiques », religieux, merveilleux et moraux.
– Les textes seront dits historiques parce que les personnages dont il est question sont attestés historiquement, mais leur présentation dans ces poèmes relève d’une composition mythico-merveilleuse.
– Les textes religieux seront ceux qui sont en intertextualité avec le Coran ou la tradition théologique musulmane.
– Les poèmes merveilleux ne se distinguent du conte merveilleux que par la versification et l’écart linguistique que celle-ci impose au style du récit ; les poèmes moraux sont en intersection avec la tradition religieuse, l’histoire et le conte merveilleux.
[A. BOUNFOUR]
Illustrations
Orientation bibliographique
– A. Bounfour : Le nœud de la langue, Aix-en-Provence, Edisud, 1994.
– A. Bounfour : Introduction à la littérature berbère. I. La poésie, Paris/Louvain, Peeters, 1999.
– P. Galand-Pernet : Recueils de poèmes chleuhs I. Chants de trouveurs, Paris, Editions Klincksieck, 1972.–P. Galand-Pernet : Littératures berbères. Des voix, des lettres, Paris, PUF, 1998.
–A. Roux A./A. Bounfour A. (éd.), Poésie populaire berbère (Maroc du Sud-Ouest/Igedmiwen), Paris, Editions du CNRS, 1990
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