LES GENRES DE LA POESIE TRADITIONNELLE BERBERE : Domaine Kabyle (4)

Chants et pratiques de la petite enfance

 

a. Azuzzen ou berceuse
Le terme azuzzen, de zuzzen (bercer) désigne à la fois le fait de bercer l’enfant et la poésie chantée qui accompagne cette pratique. Il s’agit d’un chant que la mère exécute en solo pour implorer Dieu de protéger son enfant des maux qui le menacent. Les poèmes sont généralement composés de courtes strophes ponctuées chacune par l’expression exhortative Allahun ! ou Ullâh ! (Au nom de Dieu !).

b. Attehhu ou sauteuse (aserqes)
Le terme désigne à la fois la pratique par laquelle la mère, ou sa suppléante – généralement la grand-mère – fait sauter dans ses bras (aserqes) l’enfant après son réveil, en prononçant l’exclamation : ttuha !, ainsi que le chant qu’elle produit. L’un et l’autre exhortent l’enfant à grandir en bonne santé physique et mentale. Les poèmes chantés sont, comme dans l’azuzzen, une succession de courtes strophes.

[A. AMEZIANE]

Illustration

Azuzzen (berceuse) Attehu (sauteuse)


Orientation bibliographique
– A. Bounfour : Introduction à la littérature berbère. I. La poésie, Paris/Louvain, Peeters, 1999.
– P. Galand-Pernet : Littératures berbères. Des voix, des lettres, Paris, PUF, 1998.
Encyclopédie berbère, XII, 1993, « Chants », par M. Peyron, F. Aït Ferroukh, N. Mécheri-Saada), Aix-en-Provence, Edisud, 1993.
– Encyclopédie berbère, fasc. XXVI, (« Kabylie : littérature », par. D. Abrous) , Aix-en-Provence, Edisud,  2004.

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