LES GENRES DE LA POESIE TRADITIONNELLE BERBERE : Domaine Tamazight (4)

TAMAWAYT / LMAYT

 

Les deux termes sont généralement donnés comme équivalents par les spécialistes. J. Drouin (1975) attribue à ce genre les traits suivants :
– La forme du vers : il est composé de deux hémistiches ;
– La performance : le premier hémistiche est « une suite de sons modulés, ascendants dont le dernier, à la fin du premier hémistiche, est tenu ; le deuxième hémistiche est chanté très rapidement de façons monocorde. ».
C’est probablement ce trait qui distingue vraiment ce genre. Ailleurs, le terme lmayt signifie vraiment le mode, au sens musical du terme, sur lequel doit se dire le texte poétique.
Sur le plan des thèmes, le genre ne connaît pas de contraintes spécifiques.

La racine retenue par Taïfi (1) est mwy et il définit tamawayt comme un « chant isolé, couplet chanté par un homme isolé ; chant de moissonneur. ». En fait, le terme tamawayt est à l’évidence un nom verbal sur le schème aMaCaC (nom d’agent) issu du verbe awy, « emmener, emporter », très généralement employé en berbère pour : «  dire un poème, chant ». Sous la racine my, Taïfi note : « lmayt = chant isolé, couplet chanté par l’un des cavaliers avant le départ lors d’une fantasia.

(1) Dictionnaire tamazight-français, Paris, 1991

[A. BOUNFOUR]


Illustrations
:

Orientation bibliographique
– A. Bounfour : Le nœud de la langue, Aix-en-Provence, Edisud, 1994.
– A. Bounfour : Introduction à la littérature berbère. I. La poésie, Paris/Louvain, Peeters, 1999.
– J. Drouin : Un cycle oral hagiographique dans le Moyen-Atlas marocain, Paris, Publications de la Sorbonne, 1975.
– P. Galand-Pernet : Littératures berbères. Des voix, des lettres, Paris, PUF, 1998.
A. Roux / M. Peyron : Poésies berbères de l’époque héroïque. Maroc Central (1908-1932), Aix-en-Provence, Edisud, 2002.
– A. Roux : « Les ‘imdyazen’ ou aèdes berbère du groupe linguistique beraber », Hesperis, 1928/II.

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