LES GENRES DE LA POESIE TRADITIONNELLE BERBERE : Domaine Tamazight (3)

TIƔUNIWIN ou QQENX-AC (Énigmes)

 

La dénomination qqenx-ac (« je noue pour toi ») a été notée par E. Laoust en 1939 pour désigner un genre de composition en vers très codé qui relèvent plus des jeux de langage que de la poésie rituelle. Le nom du genre est tiɣuniwin (sing. taɣuni, « action de nouer, de fermer »). Le pluriel est le nom du genre et le singulier, une énigme en particulier.

Les énigmes sont à distinguer des devinettes pour trois raisons :
– Devinettes (zenzex-ac-t-inn, c’est-à-dire « je te la donne à deviner ») et énigmes sont des jeux de langage. Néanmoins, les premières sont centrées sur l’encodage et le décodage du message alors que les secondes, sans négliger ces deux processus, sont centrées sur la qualité esthétique de cet encodage-décodage.
– Le public et les producteurs des devinettes sont des enfants alors que ceux des énigmes sont des adultes. De plus les producteurs d’énigmes sont des poètes virtuoses appelés dans les textes eux-mêmes bu-llɣa (maître du chant).
– La troisième différence est la forme verbale de ces genres : les devinettes sont en prose alors que les énigmes sont exclusivement en vers. Certes, certaines devinettes sont versifiées, mais elles sont peu nombreuses alors que les énigmes le sont de manière systématique. Pas d’énigme non versifiée.

[A. BOUNFOUR]


Illustrations
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Orientation bibliographique
– F. Bentolila (Dir.) : Devinettes berbères, 1, 2, 3, Paris, CILF, 1986.
– A. Bounfour : Introduction à la littérature berbère. I. La poésie, Paris/Louvain, Peeters, 1999.
Encyclopédie berbère, XV, 1995 (« Devinettes », par D. Azdoud et M. Peyron).
– P. Galand-Pernet : Littératures berbères. Des voix, des lettres, Paris, PUF, 1998.
– E. Laoust : Cours de berbère marocain (dialectes du Maroc central), 1939.

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