Odile RACINE

Chevalier de l’ordre des palmes académiques

Responsabilités


Co-pilote de l'axe 5  de PLIDAM, "Developpement et pratique d'outils numériques pour l'enseignement et l'apprentissage des mangues et cultures"
Membre du comité éditorial de la collection Verba Africana (Inalco Université de Leiden)
​Membre du comité scientifique de la revue Kioo cha Lugha (Institute of Swahili Studies, Dar es-Salaam)

Recherches en cours

Mes recherches actuelles portent sur différents aspects de la didactique appliquée au swahili langue étrangère.

  • Finalisation d'un cours en présentiel enrichi niveau débutant (voir bilan audiovisuel ci-dessous)
  • Elaboration d'un cours entièrement à distance niveau débutant, comment faire de la pratique orale à distance ?
  • Elaboration de la progression et des complémentarités dans l'éléboration d'un cours entièrement à distance niveau intermédiaire
  • Comment accompagner l'apprenant à distance ou comment créer de la présence à distance ?
  • L'élaboration d'un jeu sérieux pour l'apprentissage de la langue et la culture swahili apporterait-il un plus ?
  • ​La grammaire comme un outil de construction de la connaissance afin d'alléger la charge de travail de l'apprenant

Mon parcours


<p>Il touche trois disciplines&nbsp;: l’ethnologie, la linguistique et la didactique.</p>

<h3>1. &nbsp;Ethnologie des sociétés swahili</h3>
Mes recherches en ethnologie remontent à l’époque où j’enseignais à Zanzibar. Je n’ai jamais abandonné ce domaine auquel je reviens régulièrement.<br />
La découverte du <em>mwaka</em> ou nouvel an, en 1987 à Makunduchi (Kae pour ses habitants), au sud de Zanzibar, m’a conduit à réfléchir sur l’un des mythes fondateurs de la culture swahili, le mythe shirazi, et sur le fond africain de cette culture qui, jusqu’alors, n’avait été abordée que d’un point de vue citadin, à travers une idéologie de classe, celle de l’élite citadine arabo-musulmane qui fit la grandeur de l’archipel au 19ème siècle.<br />
Mes travaux montrent en quoi le <em>mwaka</em> n’a rien à voir avec le <em>nairuz</em> ou nouvel an iranien, comme l’ont prétendu les premiers explorateurs puis les idéologues contemporains, mais est le vestige d’un culte des ancêtres semblable à ce que l’on observe chez d’autres peuples de la région (Zaramo, Luguru, Gogo, etc.)<br />
Le <em>mwaka kogwa</em>, litt. «&nbsp;bain de l’année&nbsp;», s’inscrivait autrefois dans un ensemble de cérémonies, les unes à vocation prophylactique, les autres à caractère thérapeutique, dont le but était la survie de la communauté paysanne en tant que corps social. Il était un des <em>miganga ya ch<sup>h</sup></em>i, «&nbsp;médecines du pays&nbsp;», tout comme le <em>shomoo</em> «&nbsp;rite d’invocation de la pluie&nbsp;» et le tunduu, un rite propitiatoire effectué lors de semailles et aujourd’hui tombé en désuétude.<br />
A une époque indéterminée, il a existé une médecine humaine organisée de façon similaire&nbsp;: prophylaxie dans les cultes d’initiation pubertaire, thérapie dans les cultes de possession. On en retrouve les traces dans la topographie de Kae et dans le vocabulaire employé dans les vilinge encore en vigueur à la fin du 20è siècle.<br />
Cette religion a façonné la parenté swahili et est présente dans les règles d’attribution du nom, le savoir-vivre (salutations, parenté à plaisanterie, relations de déférence) et dans les ritue<b>l</b>s de naissance et de deuil.<br />
En dehors des textes des premiers des explorateurs, lacunaires et imprécis, je me suis appuyée sur les mythes locaux et sur la langue&nbsp;: le kikae.
<h3><br />
2. Linguistique swahili</h3>

<p>La seconde partie de mes recherches est axée sur la linguistique, à commencer par la description du kikae, la langue qui fut ma principale source de documentation en ethnologie et qui n’avait jamais été décrite. J’ai ensuite étudié les extensions verbales en swahili standard afin de répondre aux interrogations de mes étudiants.<br />
La <strong>Description du Kikae</strong> (2002) est un travail pionnier. Ce dialecte est très différent du swahili standard, notamment dans sa morphologie verbale qui est si riche et complexe, que j’ai reconstitué presque 70 conjugaisons. La description morphologique est enrichie de cinq contes recueillis en situation ordinaire de performance. Leur transcription est, pour certains, accompagnée d’une segmentation morphologique. Deux traductions sont proposées, l’une linéaire (page de gauche), est accompagnée d’annotations sur des questions culturelles et des choix de traduction, l’autre, en mot-à-mot, sous la segmentation morphologique, permet de suivre les constructions syntaxiques du texte source.<br />
Les extensions verbales dans les langues bantoues ont rarement fait l’objet d’un ouvrage à part entière[2]. Généralement traitées au sein de considérations comparatistes, elles ont souvent été considérées comme ayant les mêmes valeurs dans l’ensemble de ces langues. Dans ma recherche sur les <strong>Extensions verbales en swahili standard</strong> (2013), j’ai choisi de ne travailler que sur le swahili et d’en analyser le fonctionnement comme opérateurs grammaticaux et d’en dégager l’invariant. Trois difficultés ont influencé ma démarche.<br />
La première fut de trouver un critère de classement pour analyser leur agencement (il peut y en avoir jusqu’à 4). Commencer par l’extension finale m’a permis de limiter les combinaisons possibles.<br />
La seconde difficulté fut de dépasser les incohérences auxquelles me conduisait la linguistique descriptive. Je me suis donc initiée à la linguistique de l’énonciation d’A. Culioli qui m’a permis de dégager une typologie des extensions.<br />
La troisième difficulté fut l’analyse d’extensions traditionnellement considérées comme figées parce qu’elles n’apparaissent jamais avec des verbes d’origine étrangère. C’est le concept de construction qui, parce qu’il admet que des notions puissent apparaître uniquement dans des formes déjà agencées, qui m’a permis d’élargir le corpus et de dégager des fonctionnements qui n’avaient jamais été observés.<br />
Je voulais également, suivant les exigences de la linguistique de l’énonciation, travailler sur des énoncés naturels, mais l’intensité des situations dans lesquelles apparaissent certaines formes sont rarement observables au quotidien. Je me suis donc appuyée sur la littérature romanesque qui représentait l’avantage de travailler sur un corpus riche, contemporain et entièrement renouvelé. Globalement, un tel travail constitue une approche renouvelée de la linguistique des langues bantoues qui est dominée par le comparatisme.<br />
Enfin, ayant montré en quoi les extensions permettent d’exprimer subjectivité et intensité, j’ai réfléchi aux questions de traduction entre deux langues à la syntaxe très différente&nbsp;: le swahili et le français.</p>

<h3><strong>3. En didactique</strong></h3>
<strong>Le programme d’enseignement hybride du swahili </strong>mis en place depuis 2014 est un travail collectif. J'en ai conçu la progression, j'en ai piloté l'élaboration. L'équipe de production des contenus regroupait des enseignants titulaires, des stagiaire et l'équipe TICE de l'INaLCO (1&nbsp;ingénieure pédagogique, 1 ingénieur du son, 1 responsable prises de vue). Nous avons également travaillé avec une équipe de comédiens du Département des Arts de l'Université de Dar es-Salaam. Les bandes dessinées sont l’œuvre d’un bédéiste.&nbsp;<br />
&nbsp;Chacun des enseignements dure 26h par semestre soit 52h par an. Il est découpé en 4 modules&nbsp;: 2 par semestre et compte 26 unités d’apprentissages (UA) qui regroupent les trois cours : grammaire, pratique écrite et pratique orale.<br />
Chaque cours se divise en trois parties&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br />
<em>1. Les documents de travail</em> qui regroupent la capsule de découverte, la fiche de grammaire, la fiche de vocabulaire et la capsule récapitulative. La capsule de découverte correspond le plus souvent à une bande dessinée mais il y a aussi des romans photos et des petites vidéos très courtes. La capsule récapitulative, qui est affichée une semaine après la capsule de découverte, est un résumé sous forme de diapositives avec enregistrement.&nbsp;<br />
<em>2. Les exercices</em> relèvent de 3 catégories&nbsp;:

<ul>
    <li>Les exercices structuraux (textes à trous, assemblages, etc.) et les traductions non obligatoires sont des applications des notions de grammaire nouvellement étudiées. Les étudiants peuvent y revenir autant de fois qu’ils le souhaitent. Ils contiennent de nombreux feed-back.</li>
    <li>Les annales qui sont proposées lors des leçons de révision</li>
    <li>Les exercices obligatoires&nbsp;: il s’agit d’une question hebdomadaire qui oblige à réfléchir sur les notions nouvellement étudiées. Ils sont liés à la barre de progression.</li>
</ul>
3. <em>Les ressources complémentaires </em>sont constituées de documents authentiques qui n’ont pas été conçus dans un but pédagogique. Il s’agit de films, de vidéos, de clips, de reportages, d’articles de presse et d’articles scientifiques en swahili, anglais ou français et qui apportent un complément d’information au sujet de société abordé dans la leçon. Ils sont également destinés à encourager les étudiants qui veulent en savoir plus ou qui ont besoin de découvrir par eux-mêmes en sortant des sentiers balisés.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br />
A ces documents, lesquels sont ouverts semaine après semaine, s’ajoutent d’autre documents de travail qui sont en permanence à la disposition de l’étudiant et que j’ai entièrement conçus et réalisés. Il s’agit de&nbsp;:<br />
- <em>deux dictionnaires</em> (swahili-français et français swahili)<br />
- un <em>fichier de grammaire</em>&nbsp;de 55 fiches récapitulatives<br />
- un <em>tableau des classes nominales</em><br />
- un t<em>ableau des conjugaisons simples</em><br />
A ces dossiers permettant de travailler sur le swahili s’ajoutent des dossiers à caractère méthodologique&nbsp;:<br />
- <em>un syllabus</em><br />
- <em>des conseils</em> sur la régularité, tirés d’articles scientifiques.&nbsp;<br />
L’ensemble de ces documents offre à chaque étudiant qui le souhaite, environ trois heures hebdomadaires d’exposition à la langue.<br />
Ce support peut être utilisé de différentes manières (enseignement frontal, classe inversée, enseignement hybride) et à des rythmes que l'on peut moduler.
<p>Pour plus d'informations voir :&nbsp;<a href="https://www.genial.ly/View/Index/58f6515c2655e08684207bae">https://www.genial.ly/View/Index/58f6515c2655e08684207bae</a><br />
Ce site a un peu vieilli et sera très prochainement mis à jour.<br />
Le bilan proposé cidessous date de juin 2019.<br />
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Publications

Bilan et retombées de l'enseignement à distance en 2019

Direction d'ouvrage Ouvrages individuels
  • 2017 Le Swahili sans peine, ASSIMIL, édition remaniée et augmentée, 488 p., 4 DVD, 1 clé USB + version numérique
  • 2003 Exercices de Swahili pour Débutants, Corrigés des Exercices, Paris, L’Harmattan, 44 p.
  • 1998 rééd . 2011 Le Swahili sans Peine, Editions ASSIMIL, Paris, 525 p. + 4 cassettes.
  • 1996 Exercices de Swahili pour Débutants, Paris, L’Harmattan, 111 p.

Articles

  • 2016 « L'expression de l'intensité en swahili standard à travers deux extensions verbales », dans H. Lecoq, D. Negga et T. Szende, Traduction et apprentissage des langues. Entre médiation et remédiation, Berne, Editions des Archives contemporaines, pp.93-105.
  • 2016 « Elaboration d’un cours d’enseignement à distance du swahili standard », dans A. Potolia et D. Jamborova-Lemay, Enseignement /apprentissage des langues et pratiques numériques émergentes, Paris, éditions des Archives contemporaines, pp. 55-68. 

En linguistique

Ouvrages individuels

  • 2015 Les extensions verbales en swahili standard, Cologne, Rüdiger Köppe Verlag, coll. East African Languages and Dialects, 251 p.
  • 2002 Description du Kikae, parler swahili du sud de Zanzibar, suivie de cinq contes, 325 p. (carte et index) Louvain, Éditions Peeters ; coll. SELAF n° 399.

Articles

  • 2016 RACINE O, et KABORE S.T.K. « Swahili ma-/-am and Mùuré –m : A unified account », dans Atindogbé G. et Chibaka E.F., Proceedings of the 7th World Congress of African Linguistics, Buea, 17-21 August 2012, Bamenda, Langaa Research and Publishing. Common Initiative Groups, vol.2, pp.482-506.
  • 2016 « Accords et désaccords de classe en swahili », dans Nouveaux regards sur la classification nominale dans les langues africaines, Sylvester N. Osu (éd.), Berne, Editions Peter Langue pp. 121-153.
  • 2016 « Cumul de classificateurs et polyfonctionnalité en cilubà », en collaboration avec E. Kambaja Mussampa, dans Nouveaux regards sur la classification nominale dans les langues africaines, (ed. S. Osu et STK Kabore), Berne, Editions Peter Langue, pp. 79 - 120.
  • 2010 « Intricate Relations in Standard Swahili: The Syntax of Three Argument Constructions », avec S.T.K. Kabore, dans K. Légère (ed.) Bantu Languages: Analysis, Description and Theory, Cologne, Rüdiger Köppe Verlag, p. 55 - 83.
  • 2007 « Muundo ya Matumizi ya Umiliki Siachanifu kwa Kiswahili Sanifu », (La Syntaxe des Extensions verbales en Swahili standard) dans Kioo cha Lugha (Le Miroir des langues), Idara ya Kiswahili, Chuo Kikuu cha Dar es-Salaam, 2007/5 p. 61-69.
  • 2004 « L'emploi des démonstratifs locatifs en swahili standard », traduction en français de la communication faite en swahili à la Sixième Conférence Internationale de Swahili de Nairobi du 3 au 5 octobre 2002. Cahiers de l'IFRA, Nairobi.

En ethnographie

Articles

  • 2019 « Les vilinge ou confréries traditionnelles dans la région sud de l’île de Zanzibar à la fin du 20ème siècle », sous la direction de Falvia Aiello, Essays in honour and memory of d'Elena Bertoncini-Zubkova, Université de Naples, Unior Press , p.339-370
  • 2013 « La notion de personne chez les Swahili de Zanzibar. Esquisse d’un portrait d’ombres et de lumière », dans E. Lozerand, Drôles d’individus. De la singularité individuelle dans le Reste-du-monde, Paris, Klincksieck, Continents philosophiques, p. 201 - 216.
  • 2002 « Légendes du Pays de Kae, Zanzibar », dans F. Le Guennec, V. Charpentier & S. Méry (éd.) Afrique-Arabie. D’une rive à l’autre, en mer Érythrée. Journal des Africanistes, n° 72/1, p. 153-173. Version corrigée et augmentée de photos de l’auteur déposée en 2008 dans : http://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00346606/fr/
  • 2001 « Le Mwaka de Kojani - Pemba », dans B. Drinka & D. Nurse (ed.), dans African « Language and Culture », dans « Historical Perspective: Essays in Memory of Edgar C. Polome »; Special Issue of General Linguistics, vol. 38, n°1, p. 199 - 229. Version corrigée et augmentée de photos de l’auteur déposée en 2008 dans http://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00347555/fr/
  • 2000 « L’essor des Médias : l'exemple de la Tanzanie », dans Afrique contemporaine, n°196, p. 36 - 48. Version corrigée et augmentée de photos de l’auteur déposée en 2008 dans http://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00346408/fr/
  • 1998 a « La Chaise et le Croissant », dans C. Le Cour Grandmaison et A. Crozon (éd.), Zanzibar Aujourd'hui, Paris, Karthala - IFRA, p. 341-359. Version corrigée et augmentée de photos de l’auteur déposée en 2008 dans http://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00346369/fr 
  • 1998b  « Mwaka Kogwa Makunduchi ou la mise en Tourisme de la Culture d'une communauté du sud d'Unguja », dans F. Le Guennec Coppens & D. Parkin (ed.) Autorité et Pouvoir chez les Swahili, Paris, Karthala-IFRA, p. 203-219. Version corrigée et augmentée de photos de l’auteur déposée en 2008 dans http://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00346369/fr
  • 1995 « The Mwaka of Makunduchi Zanzibar », dans D. Parkin (ed.) Continuity and Autonomy in Swahili Communities. Inland Influences and Strategies of Self-Determination, Londres, Vienne. Version corrigée et augmentée de photos de l’auteur déposée en 2008 dans http://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00346397/fr
  •  

Professeur(e) des universités

  • Section CNU : 15 - Langues et littératures arabes, chinoises, japonaises, hébraïques, d'autres domaines linguistiques
  • Equipe de recherche : PLIDAM