Ateliers de théâtre. Peer Gynt : pelures et pelotes

Dates :
Mercredi 12 juin 2019 - 19:00 - 21:00
Lieu :
Inalco, PLC (65, rue des Grands Moulins), Auditorium

Création scénique et audio-visuelle en français et langues orientales, inspirée par le poème dramatique Peer Gynt d’Henrik Ibsen.

Création numérique pour Peer Gynt : pelures et pelotes ©Raphaël Verdon
Création numérique pour Peer Gynt : pelures et pelotes ©Raphaël Verdon – tous droits réservés

En 2018-19, deux ATLO (Ateliers de Théâtre en Langues Orientales) ont été créés à l’Inalco, initialement dans le cadre du dispositif de remédiation ‘oui si’ sur ParcoursSup. Le projet du présent atelier était une formation au « spectacle total » s’appuyant sur certaines traditions asiatiques et sur le voyage initiatique de Peer Gynt à travers le monde.

Le théâtre plurilingue, c’est assez fou aussi…

Pourtant c’est la tradition au moins à Bali (Indonésie). Mais pour faire usage de l’expérience balinaise — comme initialement prévu (et comme dans le spectacle multilingue de l’atelier de 2015-16 INALCO/Paris7-Diderot) —, il aurait fallu une troupe plus nombreuse et comprenant au moins deux locuteurs pour chaque langue orientale.

Des échanges polyglottes avec un seul locuteur par langue…! Très difficile et plutôt artificiel au théâtre. Mais pas si rare dans la vie quotidienne des métropolitains, voyageurs et migrants. Cela demande plus d’expressivité du corps et des intonations verbales, plus d’attention à l’interlocuteur pour deviner et faire deviner ce qui se dit — les comédiens de l’ATLO s’y sont exercés en improvisation. Puis, pour jouer la pièce en restant coordonnés sans se comprendre l’un l’autre, après peu de répétitions, ils devront avoir en mémoire le texte français, en plus des traductions en langues orientales par lesquelles ils l’ont remplacé. Acrobatique.

Enfin, pour que l’ensemble plurilingue soit compris du public, tantôt il faut du surtitrage en français, tantôt le texte d’un comédien jouant en français doit être concocté de manière à donner suffisamment d’indications sur ce que son interlocuteur a dit en langue orientale — ce qui tend à rallonger ses répliques.

Cette difficulté n’ayant pas été la seule rencontrée cette année, le chantier est inachevé. A quatre, les comédiens doivent s’échanger les rôles… et les costumes, autre acrobatie. On n’a pas pu donner aux langues orientales autant de place qu’espéré, et il a fallu ménager des passages restants lus par les comédiens. Heureusement, Peer Gynt se laissait assez bien adapter pour ce faire. D’ailleurs, Ibsen n’a pas prétendu écrire une pièce de théâtre, mais un poème dramatique, sans espérer que l’intégralité en soit jouée en scène.
Intervenants :
Catherine BASSET

Type : 

  • Scolarité