Exposition : Bricolages et Palimpsestes, éclats de Singapour

Dates :
Lundi 5 février 2018 - 14:00 - Jeudi 22 février 2018 - 22:00
Lieu :
Galerie

Exposition par Madalina Vartejanu-Joubert

dans le cadre du Programme Interdsiciplinaire « Sociétés Plurielles »

Comité consultatif :
Gilbert Pons, agrégé de philosophie, artiste photographe, Revue Turbulences
Mioara Lujanschi, curateur d’expositions photographiques, Bucarest
Alain Pelissier, architecte, professeur à l’ENSAPVS

S'inscrivant dans une réflexion menée depuis plusieurs années sur la construction d’un sens nouveau, notamment lors de colloques explorant les notions de « Bricolages et branchements » (Inalco, 2014), mais aussi dans le cadre du volet épistémologique du programme « Sociétés Plurielles », l'exposition propose une approche visuelle.
L’objet de cette expérience est la ville de Singapour telle qu’elle s’offre au regard du promeneur. Les photos présentées sont le fruit d’une déambulation dans la ville et de la captation d’« instantanés ». Cette démarche s’inspire de celle entreprise par le photographe Patrick Faigenbaum avec l’historien Joan Roca sur la « Barcelone vue de Besòs » dont objectif n’est pas de décrire la ville mais d’en créer une nouvelle perception. Cela permet de rendre explicites certains aspects de la réalité, de produire ainsi de nouveaux récits et susciter des recherches systématiques.

La mise en série des clichés recueillis pendant une semaine du mois d’octobre 2017, a fait ressortir deux images-concepts autour desquels s’agrège la matière visuelle : à celui, déjà évoqué, de bricolage s’adjoint celui, emprunté à la théorie littéraire, du palimpseste. Si la métaphore du bricolage nous entraîne vers la déconstruction et l’identification des mécanismes ayant présidé à la fabrication du « nouveau » à partir de « l’existant » ou du « passé », celle du palimpseste nous incite à appréhender l’image finale : la dernière strate d’un assemblage savant d’éléments urbains. Ce double regard porté sur un même document photographique est concomitant : démarche synchronique et diachronique se confondent. Pour cette raison, le parcours visuel ne classe pas les photos en fonction de leur pertinence métaphorique – tenant soit au bricolage soit au palimpseste : elle laisse le visiteur composer une perception propre, au second degré.

Singapour est une cité-État dont le développement est à la fois vertical et horizontal. Le besoin d’espace est satisfait aux dépens de la mer et en maîtrisant la hauteur, comme on voit avec la ligne d’horizon que dessinent les tours futuristes du quartier colonial. La verticalité conduit à bricoler à l’intérieur du binôme passé-présent, tandis que l’horizontalité oblige à un bricolage se déployant au sein de la polarité naturel-artificiel.
a sélection proposée de 25 photos tente de surprendre le jeu qui se joue à l’intérieur de ces deux polarités. À cet ensemble, s’ajoute des clichés qui rendent compte de l’image de soi et de la scénographie que les Singapouriens offrent aux visiteurs désireux de comprendre leur réalité complexe : nous pensons ici aux topoï muséographiques qui frappent par la place donnée aux jeux de miroirs et aux caléidoscopes.
En partant de l’exercice simple de la perception on aboutit à des questionnements structurels dont les réponses appellent à l’étude des archives et de l’histoire orale.
 
 
Eclats de Singapour

Type : 

  • Evènements culturels
Région du monde :
Asie et Pacifique