Séminaire Théories et données linguistiques

Dates :
Vendredi 17 mai 2019 - 14:30 - 15:30
Lieu :
Inalco PLC (65, rue des Grands Moulins), Salle 5.22
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Séminaire doctoral animé par Anaïd Donabédian et Alexandru Mardale

Cette séance sera dédiée aux présentations des travaux des étudiants.

Dimitri Koutsivitis, INaLCO Master 2
La latinisation du grec moderne dans les communications virtuelles à travers le prisme du métrolinguisme

Lors de l’avènement des ordinateurs personnels dans le quotidien, au tournant du siècle dernier, les alphabets non latins n’étaient pas disponibles pour la rédaction de textes. Les locuteurs des langues concernées ont dû se résoudre à utiliser l’alphabet latin pour transcrire ou translittérer leurs communications. Le développement d’autres modes de saisie est désormais démocratisé et l’on peut donc écrire le russe, le chinois ou le grec à l’aide de leurs alphabets ou logogrammes habituels. Cependant le phénomène de la latinisation de ces langues persiste. En Grèce, nombre d’internautes utilisent encore cette graphie, communément appelée greeklish. En effet, les communications virtuelles sont aujourd’hui monnaie courante et l’alphabet latin continue à être préféré par une partie non-négligeable des hellénophones (ou hellénographes). Ayant été l’objet de débats publics, ce phénomène linguistique est parfois vu comme une menace à l’identité grecque, représentant une mondialisation acculturante et destructrice.
            La diversification des pratiques langagières et graphiques est-elle vraiment déplorable ? Le greeklish, constitue-t-il une étape vers le remplacement de l’alphabet grec par l’alphabet latin, ou pire de la langue grecque par l’anglais ? La présente recherche, tente de montrer que les communications virtuelles et les moyens inventifs et ludiques qui en sont issus participent à un enrichissement des ressources linguistiques à la disponibilité du locuteur. Dans la lignée de Otsuji et Pennycook (2009), nous étudions le phénomène dans le prisme du métrolinguisme : le greeklish comme une forme de « rejet des pratiques ortholinguistiques donnant naissance à de nouvelles possibilités ». De telles pratiques ne seront pas nécessairement étudiées comme un mélange de langues mais comme l’émergence même d’une nouvelle codification d’un langage moderne, urbain et hyper-connecté.
            Nous utilisons les résultats d’un questionnaire semi-directif en ligne datant de l’été 2018, des interviews et un recueil de témoignages en ligne. L’analyse détaillée de communications virtuelles (chats, e-mails, publications) permet également de dégager une typologie de comportements des rédacteurs de greeklish (qui n’a pas de règles orthographiques précises, oscillant entre transcription phonétique et translittération symbolique) et d’interroger une éventuelle normalisation de cette graphie.
 
Equipe de recherche :

Type : 

  • Séminaires doctoraux