(Dé)colonialité des savoirs : perspectives féminines à travers les aires culturelles

Table ronde proposée par Liliane Hodieb, PLIDAM-INALCO

Inscription obligatoire : liliane.hodieb@inalco.fr

Traditionnellement perçu comme une conséquence de la modernité, le colonialisme en tant que modèle de pouvoir, est, du point de vue des études décoloniales, constitutif de celle-ci. Les études décoloniales, tout comme les études postcoloniales et en particulier les subaltern studies (ou études subalternes), proposent une prise en compte de l’histoire en partant d’un lieu d’énonciation différent, celui des sujets dominés (Quiroz, 2019). Prenant sa source dans la colonisation, la subalternité / colonialité est définie comme une forme de domination dépassant aujourd’hui le clivage entre colonisateur et colonisé (L’Heuillet, 2017) et, parce que protéiforme ne saurait être limitée à une situation en particulier. Ici, notre objet est la colonialité du savoir ; celle-ci consiste dans la qualification de la pensée produite dans les colonies ou, plus généralement par les subalternes, comme non-valide. 

Cette invalidation, invisibilisation, ou subalternisation, lorsque ces productions émanent de femmes, est double. D’où le titre de l’essai de Gayatri Spivak, l’une des figures de proue des études subalternes, paru en 1985 : Can the subaltern speak ? En effet, selon Spivak, « [s]i, dans le contexte de la production coloniale, les subalternes n’ont pas d’histoire et ne peuvent pas parler, les subalternes en tant que femmes sont encore plus profondément dans l’ombre » (Traduction française de Spivak (1988) : Les Subalternes peuvent-elles parler ?). Dans l’histoire, les voix féminines sont étouffées, leurs rôles passés sous silence. Comment se traduit cette double subalternité à travers l’histoire, les textes, les discours, et dans la transmission du savoir ? À quels enjeux identitaires font-elles face dans une telle position ? Quelles médiations sont possibles en vue d’une « décolonialité féminine » – et non nécessairement féministes – ? Pour débattre de ces questions, un regard transaréal est de mise.

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Intervenantes : 

  • Christina Alexopoulos de Girard, docteure HDR, PLIDAM-INALCO, SuLiSoM-Université de Strasbourg
  • Capucine Boidin, PU, Université Sorbonne Nouvelle
  • Frosa Bouchereau, PU, INALCO-PLIDAM
  • Naomi Davidson, PU, Université de Chicago (Paris)
  • Kathleen Gyssels, PU, Université d'Anvers

Modératrice : Liliane Hodieb, docteure, INALCO-PLIDAM

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