Nos expositions

Nous vous proposons tout au long de l'année des expositions dans la galerie du pôle des langues et civilisations. Projets étudiants ou enseignants de l'Inalco, découvrez le programme de cette année. L'entrée est libre et gratuite.

Una chiamata - Intimités en mouvement

Exposition photographique de Pauline Fournier

 
Portrait d'une étudiante de l'Inalco - exposition Una Chiamata - Intimités en mouvement
© Pauline Fournier

Du 14 septembre au vendredi 23 octobre 2020 - Galerie de l'auditorium (PLC - Paris 13ème)

Entrée libre


« Una chiamata » présente une série de portraits d’étudiants en langues étrangères réalisée par la photographe Pauline Fournier durant l’année 2019-2020.

La question au centre du projet est de savoir dans quelle mesure apprendre une langue étrangère nous change, nous transforme, nous révèle à nous-mêmes. 

Des récits intimes recueillis auprès des modèles lors d’interviews préalables nous ne saurons rien ; la démarche n’est pas documentaire. Pauline Fournier cherche à travers ses photographies à suggérer un mouvement, un passage de l’intimité à l’altérité et les transformations qui s’opèrent nécessairement en nous, êtres en langue.

Les portraits sont réalisés au cœur de l’Inalco dans des détails du bâtiment d’architecte choisis pour représenter les paysages intérieurs de chaque modèle rencontré au cours du projet. Una chiamata, titre du texte introductif à l’exposition éponyme, évoque une de ses premières expériences marquantes de l’altérité : la langue étrangère.

Pauline Fournier
Après avoir obtenu plusieurs maîtrises dans le domaine des langues (maîtrise d'italien, DEA de linguistique et maîtrise de FLE) elle a choisi de se consacrer à la langue et à la littérature slovènes qu'elle enseigne à l'Inalco depuis une dizaine d'années. C'est là qu'elle a développé aussi son travail dans le domaine de la traduction littéraire auprès d'autres chercheurs de l'Institut (groupe de recherche et master en traduction littéraire) dans la continuité des propositions théoriques d'Henri Meschonnic.

Plus récemment elle s'intéresse à la photographie où son travail de création explore notre rapport intime au monde.

Contact : evenementiel@inalco.fr
 

Du 14 septembre au 23 octobre 2020
Galerie de l'auditorium
Inalco - 65, rue des Grands Moulins 75013 Paris
Métro ligne 14 ou RER C arrêt Bibliothèque François Mitterrand
 

Nénètses, Khanty et Mansi de la Sibérie (sub)arctique

Nénètses, Khanty et Mansi de la Sibérie (sub)arctique

Exposition photographique de Dominique Samson Normand de Chambourg

Nénètses, Khanty et Mansi de la Sibérie (sub)arctique - Exposition


Du 09 au 20 décembre 2019
Hall du 2 de l'Inalco


Dans le cadre de « 2019, année internationale des langues autochtones », décrétée par l’ONU, cette exposition est consacrée aux trois premiers peuples autochtones outre-Oural, dont les cultures sont étudiées à l’Inalco.

Les Nénètses (44 640 lors du dernier recensement de 2010) sont des éleveurs de rennes qui nomadisent avec leurs troupeaux dans les toundras arctiques. Au fil des saisons, ils suivent simplement la nedarma, cette route invisible qui unit les générations passées, présentes, futures, à la toundra et au renne : les Nénètses y naissent, grandissent, vivent, s’aiment, travaillent et meurent, veillés depuis les sept strates célestes superposées par les dieux qui s’affairent au bon ordonnancement du "Monde d’en Haut" et du "Monde du Milieu", et depuis la septième couche de pergélisol du "Monde d’en Bas" par Nga, le dieu de la mort, dont le tchoum se dresse au bord de la rivière souterraine Nioul-Iam. Et de leurs forces égales dépend l’équilibre de l’univers, bouleversé par les interactions avec le monde russe et les enjeux de l’Arctique.

Les Khanty (30 943) peuplent traditionnellement les forêts de la rive orientale de l’Ob, leur fleuve sacré, et de ses affluents. Chasseurs-pêcheurs semi-nomades, mais également éleveurs de rennes au Nord et à l’Est, ils se déplacent d’un village saisonnier à un autre. Leur mode de vie traditionnel dans un paysage sensible où tout est vivant et sacré, parce que chaque terre n’est autre qu’une incarnation vivante de telle déesse ou de tel dieu, est menacé par l’exploitation industrielle, notamment du pétrole, du gaz et bois. L’Ours, au fil de la christianisation, est devenu une figure christique

Les Mansi (12 269) qui vivent sur la rive occidentale de l’Ob sont de proches parents des Khanty du point de vue du mode de vie et de la langue, mais l’afflux de colons depuis le xviie siècle ainsi que l’extractivisme depuis les années 1950-1960 ont limité la culture vivante à quelques simples îlots ; selon les chiffres officiels, les locuteurs de mansi seraient 938, soit 7,6% de la communauté.

Pour l’essentiel, ces photos ont été prises lors de travaux de terrain entre 1996 et 2018. L’auteur remercie les Nénètses, les Khanty et les Mansi ainsi que l’Inalco du soutien qu’ils n’ont cessé d’accorder à tous les projets qu’il a pu entreprendre.
 
D.SAMSON NORMAND DE CHAMBOURG
(Études sibériennes, Inalco)
Mansis_Pêche
Mansis_Pêche © Dominique SAMSON NORMAND DE CHAMBOURG



Brève bibliographie de l’auteur :

  • « Conversations autour du Paradis. Récits de vie nénètses du xxie siècle », La Sibérie comme paradis, Dominique SAMSON NORMAND de CHAMBOURG & Dany SAVELLI (eds.), Centre d’Études mongoles et sibériennes – École Pratique des Hautes Études, coll. « Nord Asie », 2019, pp. 295-347.
  • “We Are Not Dead Souls”: The Good Petroleum Fairies and the Spiritsof the Taiga in Subarctic Siberia, Sibirica, Marlène Laruelle (ed.), vol 18, no 3, New York – Oxford, Berghahn Journals, 2019, pp. 109-150.
  • « Entre sacralité, mobilité et adaptabilité, les Nénètses des toundras », in Francis Latreille, Les derniers peuples des glaces, Paris, Gallimard, 2019, p. 220.
  • « “Un troisième ciel sans impôts, sans maladie et sans Russes”. Des vices chrétiens et des vertus chamanistes dans l’Arctique sibérien (xxie-xxe siècle) », La vertu des païens, Sylvie Taussig (dir.), Paris, Kimé, 2019, p. 637-689.

Expositions Autochtones du Nord Canadien (2019)

Expositions Autochtones du Nord Canadien

Du 21 septembre au 26 octobre 2019
Galerie de l'Inalco

Dans le cadre de l’année internationale des langues autochtones déclarée par l’UNESCO, la section Langues et Cultures des Amériques de l'Inalco propose deux expositions.

- Cap au Grand Nord (Annick Cojean, 1999) 

Partie de base-ball sur le terrain poussiéreux d'Iqaluit, Annick Cojean, Nunavut, juillet 1998
Partie de base-ball sur le terrain poussiéreux d'Iqaluit © Annick Cojean, Nunavut, juillet 1998


Toutes les photos de cette exposition ont été prises par Annick Cojean, une grande journaliste du journal Le Monde. Elle a reçu en 1995 le prix Mumm et en 1996, le prix Albert-Londres a couronné son enquête sur les Mémoires de la Shoah.
 
Annick Cojean a fait un grand voyage au Nunavut en juillet 1998. Elle en a donc ramené de grands articles pour Le Monde, des photos en noir et blanc et couleur, ainsi que des souvenirs de paysages forts et d'amitiés nouvelles.

Ces photos d'Annick Cojean sont ré-exposées cette année à l'Inalco pour fêter le 20e anniversaire de la création du Nunavut, territoire autonome de la confédération canadienne, peuplé principalement par des Inuit.

- Indian Time (Elena Perlino, 2017)

Indian Time, Elena Perlino, 2017
Indian Time © Elena Perlino, 2017


Elena Perlino a réalisé plusieurs séjours dans les communautés innues et naskapies à la frontière du Québec et du Labrador, entre Natashquan, Mani-Utenam, Matimékush-Lac-John, Kawawachikamach et Sheshatshiu. "Les photos conjuguent avec la contemporanéité d’un instantané et la précision d’une image composée, qui explore l'idée d'identité et territoire. Perlino traite à la fois du rituel, des traditions et de la vie quotidienne. Attentif et exigeant, son regard donne lieu à des tableaux bâtis et des moments reconstitués au-delà d’une vision documentaire". (Claire Moeder pour les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie)
 
Perlino est une artiste italienne établie à Paris. Ses travaux récents ont porté sur la migration, la traite des personnes et les questions de genre, plaçant la photographie au cœur d’enjeux sociaux et politiques cruciaux. Elle a présenté plusieurs expositions en Asie, Europe et Amérique du Nord et a été soutenue par la Fondation Magnum ainsi que par l’Open Society Foundations et le CNAP. Perlino a publié les livres: Pipeline (2014), portant sur la traite nigériane en Italie, Maktoub (2017) sur l’Islam en Italie et Paris Goutte d’Or (2018).

Les dortoirs de Yoshida (2019)

Les dortoirs de Yoshida
Exposition photographique de Jean-Louis Porte

Yoshida 3 par Jean-Louis Porte
Yoshida 3 © Jean-Louis Porte

Du 1er au 19 avril 2019
Galerie d'exposition du Pôle des Langues et Civilisations

Construits en 1913, les dortoirs Yoshida de l’université de Kyôto sont depuis peu projetés sous les feux de l’actualité au Japon : ils font l’objet de projets de fermeture, suscitant toutes sortes de réactions : politiques, académiques, idéologiques, civiles…
Pour cause, ces dortoirs sont les plus anciens au Japon abritant encore aujourd’hui une centaine d’étudiants et diverses activités culturelles et artistiques à Kyôto. Cette ancienneté attire l’attention des architectes et des historiens qui y voient des matériaux d’études hors pair. La valeur des dortoirs se trouve augmentée avec la découverte en 2012 de l’année de construction de la cuisine, un lieu hautement symbolique car accueillant des personnes extérieures ; elle daterait de 1897, ce qui en fait le bâtiment le plus ancien de l’université de Kyôto.

Outre ces valeurs historiques intrinsèques, les dortoirs attirent les études en sciences sociales de par leur organisation complexe, soumise à la décision du collectif. En effet, cet espace relève d’un lieu autogéré par les étudiants (jichiryô) qui restent souverains dans l’organisation de la vie au quotidien dont les recettes et dépenses ; l’admission et l’exclusion des membres des dortoirs ; et in fine l’avenir de ces lieux. Cette autonomie est à la fois la garantie de l’indépendance des étudiants mais aussi la source des tensions avec la ville et l’université qui souhaitent intervenir dans ce lieu pour des raisons de sécurité (raison contestée par les étudiants).  

Ces vies étudiantes, à la fois originales et collectives, partagées entre l’autonomie et la subordination, portent des valeurs qui se veulent éternelles malgré leur statut éphémère. Grâce à cette exposition de Jea- Louis Porte, elles nous sont données à voir dans toute leur complexité.
 
Yoshida Mégaphone par Jean-Louis Porte
Yoshida Mégaphone © Jean-Louis Porte
"Yoshida est un des trois campus de l’université de Kyôto, la deuxième université du pays. Les plus anciens dortoirs de ce campus, construits en 1913, hébergent encore des étudiants et des étudiantes. Ce sont trois longs bâtiments en bois, à un étage, reliés entre eux par un couloir qui donne sur l’entrée commune. Les constructions, soignées, magnifiques, rare exemple de bâtiments administratifs en bois encore en fonction, ont résisté aux calamités naturelles, évité les incendies et témoignent d’un passé et d’un savoir-faire architectural qu’on ne retrouve plus guère au Japon en dehors des temples et des sites historiques.

Les dortoirs de Yoshida sont autogérés par les étudiants, une autogestion qui s’étend aux espaces communs : le hall qui englobe une salle de repos et de spectacle, une vaste cuisine dite shokudô, un lieu pour les musiciens en répétitions quotidiennes, et les espaces verts entre les bâtiments, appelés « la jungle », où courent des poules.
Les chambres sont construites à l’identique : cinq tatamis au sol, deux mètres cinquante de hauteur, une fenêtre sur l’extérieur, une sur le couloir, un placard, une entrée.
Quand mon fils aîné en service civique à Kyôto m’a emmené visiter les dortoirs, trois choses m’ont interpellé : la beauté des lieux, l’atmosphère hors du temps qui s’en dégage et l’incroyable diversité des aménagements intérieurs réalisés par les étudiants dans leurs chambres individuelles. C’est à ce moment là que j’ai envisagé de revenir faire leurs portraits lors d’un prochain voyage.
Pourtant, quelques mois plus tard il n’était plus possible d’entrer dans les dortoirs de Yoshida sans y être invité ou avoir l’accord du collectif étudiant qui en assure la gestion. L’atmosphère avait changé, les dortoirs avaient été déclarés insalubres par l’administration et promis à la destruction, les étudiants devaient quitter leurs chambres.
La moitié d’entre eux est partie, les autres contestent la décision dont ils affirment qu’elle n’a pour but véritable que la fin de l’autogestion étudiante du lieu et de la vie communautaire qui en découle, pour preuve la destruction annoncée d’une extension récente des dortoirs, construite dans les années 2010.

C’est dans ce contexte que j’ai exposé mon projet photographique au collectif. Celui-ci l’a accepté à condition que pour l’instant les portraits ne soient pas exposés à Kyôto où de futurs employeurs, via l’exposition ou via la presse, pourraient découvrir des visages et des identités qu’ils mettraient ensuite sur liste rouge.
Les résidents actuels défendent la survie du lieu parce que c’est un bâtiment historique, parce que les loyers sont très bas, 30 euros par mois, parce que la vie collective qu’ils partagent entre les dortoirs, la cuisine, la salle de musique et l’espace de repos et de spectacle est une affirmation de solidarité et de partage qui résulte de la longue histoire d’autogestion étudiante du lieu.

C’est tout cela qu’ils veulent préserver, au moins pendant leur vie étudiante."
Jean-Louis Porte
 
Yoshida 10 par Jean-Louis Porte
Yoshida 10 © Jean-Louis Porte


"[...] Disons seulement que si le Japon n’est pas une civilisation du conflit ouvert, il n’en est pas pour autant, contrairement à une idée reçue et malgré l’homogénéité sociale et le consensus apparents, une société monolithique. Depuis Meiji, la mainmise de l’élite dirigeante sur la mémoire nationale a tendu à minimiser, sinon à occulter, la contestation, la rébellion, la révolte, en les réduisant à une sorte d’« invisible social » ; en somme, à des « accidents » de l’histoire, c’est à dire à des faits dont on occulte délibérément la valeur significative. Il y a en réalité à découvrir à travers une lecture conflictuelle de l’histoire du Japon tout un phylum contestataire particulièrement riche. Il est d’ailleurs symptomatique que le rebelle, le hors-la-loi, le terroriste, l’errant, le déchu, le déviant ou le nihiliste soient des grandes figures de l’imaginaire social nippon. Leur saga s’inscrit dans une « tradition du refus ». Autre mémoire de la modernité japonaise."

Philippe Pons, D’Edo à Tokyo : mémoires et modernités, 1988.

 

La voix des Femmes Autochtones (2018)

Exposition photographique La voix des Femmes Autochtones

Femme autochtone se baignant dans un lac au milieu des montagnes
Femme autochtone

Du 1er au 18 décembre 2018 
Galerie d'exposition du Pôle des Langues et Civilisations

Dans le cadre du projet "La voix des Femmes Autochtones", des portraits de femmes autochtones remarquables, de la Nouvelle-Calédonie au Québec, en passant par la Norvège, seront exposés dans la galerie de l'Inalco. Les photographes ayant réalisé ces clichés viennent tous des pays ou régions originaires.

Cette exposition se présente en trois thèmes :

La présentation du projet "La voix des Femmes Autochtones"

Le projet "La voix des femmes autochtones" a pour ambition de diffuser la parole des femmes autochtones à travers le monde, femmes souvent discriminées et victimes de violences.
Anne Pastor, journaliste à Radio France, est à l’origine du projet. A travers de nombreux reportages, Elle a permis d’identifier des femmes qui, chacune dans leur domaine, nous invitent à repenser un mode de développement plus durable, social, humain et original.

Ce projet, porté par l’association En terre indigène, s’inscrit dans un contexte favorable à sa visibilité : l’ONU a déclaré 2019 comme l’année des peuples autochtones, et l’UNESCO comme l’année des langues autochtones.

La voix de l’émancipation

Ce thème est composé de cinq portraits de femmes emblématiques qui luttent contre la discrimination, le sexisme et les violences faites aux femmes. Militante, avocate, écrivaine, ces femmes sont engagées dans une cause féministe pour améliorer la condition de la femme dans leur pays ou région.
A travers ces clichés, les photographes ont souhaité mettre en avant les actions de ces femmes comme modèle de résistance et d’émancipation.

La voix des arts

La transmission des savoirs et de la culture comme arme de résistance et d’émancipation pour les femmes autochtones est le thème reflété par ces cinq autres portraits de femmes artistes et artisanes
Ces femmes utilisent la tradition orale comme transmission des savoirs et de la culture, elles s’invitent devant la scène pour défendre leurs droits et leurs origines.

​Balthazar : Prince Noir de Timor et de Solor en Chine, en Amérique et en Europe au XVIIIe siècle (2017)

​Balthazar : Prince Noir de Timor et de Solor en Chine, en Amérique et en Europe au XVIIIe siècle

Du 22 mai au 2 juin 2017 
Galerie d'exposition du Pôle des Langues et Civilisations

Par Frédéric Durand, Professeur, Université Toulouse II - Jean Jaurès
Traductions en indonésien par Nathalie Saraswati Wirja, diplômée de l’Inalco

Originaire des îles de la Sonde (Indonésie et Timor-Oriental), Balthazar est né vers 1737 et se présentait comme le fils du roi de Timor. Abandonné en France par un prêtre portugais à l’âge de treize ans, il a vécu en exil pendant plus de quarante ans, voyageant en Europe et en Amérique.
Personnage étrangement oublié de l’histoire, il a été en contact avec de nombreuses personnalités de l’époque, des rois Louis XV et Louis XVI à Voltaire, en passant par les communautés françaises des alchimistes et des encyclopédistes.

Les vingt-quatre panneaux de l’exposition reproduisent chronologiquement les étapes importantes de la vie du Prince de Timor et de Solor.

Le Dessous des Cartes (2016)

Le dessous des cartes,

D'après le livre Itinéraires Asiatiques, de Jean Christophe Victor,
Une exposition proposée par Arte
Du lundi 17 octobre au vendredi 11 novembre 2016

Depuis une quinzaine d’années, l’Asie véhicule l’image d’un continent en plein essor économique, alimentant les représentations d’une région où se joue le futur du monde. L'exposition montre comment la croissance démographique, le développement économique, l'urbanisation accélérée, mais également le creusement des inégalités sociales, la pauvreté, la pression accrue sur les ressources naturelles, l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre ne manquent pas de transformer le continent et d’imprimer leur marque sur le reste du monde. Cependant, le basculement du monde vers l’Asie n’est pas sans bousculer, en retour, les sociétés asiatiques. Marquée par des pratiques sociales traditionnelles encore très présentes, traversée par des courants de modernité que la multiplication des échanges ne fait que renforcer, confrontée à l’accélération des mutations technologiques en cours, chaque société, de l’Inde au Japon, de la Chine au Bangladesh, avec ses contraintes et ses ressources, tente de se frayer un chemin dans la mondialisation et de se construire un avenir.

Exposition Lesbos Ile -refuge (2016)

Lesbos

En 2015, plus de 500 000 personnes sont entrées dans l’espace européen en atteignant les plages de Lesvos à bord d’embarcations de fortune. C’est parce que cette île grecque n’est située qu’à quelques kilomètres des côtes turques qu’elle est devenue une étape tristement incontournable dans le long voyage qu’entreprennent celles et ceux qui fuient la violence de la guerre, en Syrie, en Afghanistan ou en Irak, et qui espèrent trouver refuge en Europe.


Il y a quelques mois encore, Lesvos était avant tout réputée pour la beauté de ses paysages et de ses villages, pour la qualité de ses olives et pour la richesse de son patrimoine archéologique et culturel. Aujourd’hui, c’est malheureusement davantage à des images de camps de réfugiés et de victimes de naufrages qu’elle est associée dans les esprits.

Dans un pays déjà frappé et traumatisé par une crise économique et sociale qui n’en finit plus de s’aggraver, comment une île qui compte moins de 90.000 habitants peut-elle gérer un tel afflux d’humanité à secourir? Au seul mois d’octobre 2015, le nombre record de 135.000 arrivées est enregistré par les autorités.

Les images, peu nombreuses en France, qui arrivent de Lesvos et mettent en lumière les conditions dans lesquelles sont « accueillis » les réfugiés, provoquent la stupeur. Partout en Europe, de nombreux volontaires se mettent en route pour participer, à leur échelle, à soulager la souffrance de ces « Autres ». Peu à peu, au fil des semaines, des initiatives individuelles et collectives, grecques et étrangères, viennent combler le vide laissé par des institutions dépassées par les événements, ne pouvant ou ne voulant mettre en place des structures d’accueil à la mesure du phénomène.

Passer quelques semaines sur place est une expérience qui vous ébranle profondément.
Retour aux fondamentaux. Il faut nourrir, il faut vêtir, il faut protéger du soleil et de la pluie.
Mais c’est finalement le plus facile.
Ensuite viennent les questions qui vous déchirent.
Ces familles ont laissé derrière elles absolument tout ce qu’elles possédaient et une grande partie de ce qu’elles étaient.
Incroyable courage, incroyable dignité, incroyable dynamisme de ses hommes, de ses femmes et de ses enfants privés d’enfance.

Ancienne étudiante de l’Inalco, Clara Villain obtient une licence de grec moderne en 2015.
Cet été, sur l’île de Lesvos, elle passe un mois et demi en compagnie de volontaires locaux et de réfugiés, dans les camps. Issue d’une famille d’artistes, c’est naturellement qu’elle choisit de témoigner de ce qu’elle a vu et vécu par l’écriture et la photographie. 
 

Moires - Méditerranée ( 2016)

moires

"Dans la mythologie grecque, les Moires sont les divinités du destin. Ce sont elles que j’ai choisies pour nommer mon travail autour de la Méditerranée. Ces trois sœurs filant, enroulant et coupant le fil incarnent pour moi les origines. Je suis née en Algérie, pays où je n’ai jamais vécu. L'attirance qu'exerce sur moi la Méditerranée trouve là, probablement, sa source. La mer devient le symbole d'un pays, des pays qui l'entourent. Elle influence le climat. Elle crée une lumière. Elle fait de ces pays l'objet de convoitises qui rompent avec la douceur du temps. Quelque chose se réveille en moi lorsque je suis près de la mer Méditerranée. Je ressens la force de la lumière, de ces contrastes. Je ressens le végétal et le minéral brûlés par le soleil. Mais je ressens également  de la mélancolie, quelque chose qui appartient à la fois au monde du vivant et au monde des morts. Les monotypes présentés ici mettent en  avant la lumière caractéristique du plein soleil. Les contrastes sont tranchés, les formes coupantes. Paradoxalement, le noir tient une grande place pour rendre la lumière, comme un paysage dans le soleil éblouissant devient noir.

La technique du monotype, qui est une technique d'impression, n'est pas choisie par hasard. Elle s'est imposée à moi pour l'empreinte qu'elle laisse. En effet, elle rend compte de mon histoire familiale, où l'héritage est là. L'Algérie, le pays de mes parents, le pays où ils sont nés, où ils ont grandi, où ils ont été jeunes et où ils ont vécu la guerre. L'empreinte reste après le passage. Elle est plus qu'une trace." 
Marie Claire Cano

Olymbos, Un village intemporel (2016)

Olymbos, Un village intemporel

Du lundi 21 novembre au vendredi 16 décembre 2016
Galerie d'exposition du Pôle des Langues et Civilisations

La beauté du village grec d’Olymbos, au nord de l’île de Karpathos (Dodécanèse), résulte de dissonances entre la rusticité des conditions de vie et l’éclat somptueux des fêtes. Là-bas, l’austérité des paysages, inscrits entre mer et montagnes, s’oppose à la richesse de la culture locale où la musique occupe une place de choix.
Les images en noir et blanc de Filippas N. Filippakis, photographe officiel du village entre 1945 et 1965, font résonner ici le passé au coeur de l’actualité des photographies en couleurs de Philippe Herren, photographe suisse contemporain.

Organisée par Mélanie Nittis, doctorante au Cerlom, lauréate du Prix de la Maison des Cultures du Monde, en partenariat avec le Festival de l’Imaginaire et l’association Nisiotis

Les Rêves s'affolent (2015)

Les Rêves s'affolent
Poèmes et dessins de Jean et Anastassia EliasDu 06 janvier au 20 février 2015
Galerie du pôle des langues et civilisation
Ouverte du lundi au samedi de 08h à 22h
Entrée libre et gratuite

Le langage poétique de Jean Elias, très inventif et inattendu, la forme sûre et sensible de ses vers, et l’incroyable richesse des illustrations d’Anastassia Elias font que ces créations traversent les barrières du temps et enchantent quiconque les approche, quels que soient son âge et sa sensibilité. Découvrez ces poèmes et illustrations dans notre galerie du 06 janvier au 20 février prochain. Certains poèmes de Jean Elias ayant été écrits en arabe, puis réécrits en français, c’est en double version arabe et française qu’ils figurent ici, pour la plus grande joie des amoureux des langues.
Plus d'informations : Les rêves s'affolent
 
Exposition Jean et Anastassia Elias

Setomaa, Un royaume sur le fil (2015)

Du 19 novembre au 11 décembre 2015
Galerie d'exposition de l'Inalco
Setomaa photo expo

Au hasard d'une conversation, j'apprends que, à peine 20 ans après l'indépendance de l'Estonie, la Russie n'a toujours pas ratifié d'accord sur leur frontière commune. M'intéressant au sujet, je découvre l’existence des Setos et du Setomaa, un jeune royaume, vieux comme la discorde. À la fois en Estonie et en Russie... Mais d'où sort cette fable ? C'est le point de départ de ce travail photographique: aller à la rencontre des Setos, parcourir cet étrange territoire posé en équilibre, essayer de comprendre leur démarche "ethno-futuriste" de préservation et d'affirmation de leurs identités