Edouard L'Herisson, lauréat du prix Shibusawa Claudel 2021

Edouard L'Hérisson
Le 8 octobre, M. Edouard L'Hérisson s'est vu décerner le prix Shibusawa Claudel, prix franco-japonais à vocation culturelle et scientifique, pour sa thèse intitulée Trajectoires shintō et construction de la Mandchourie japonaise : spatialisation religieuse, expansion de l’empire et structuration du shintō moderne, soutenue en 2020 sous la direction de Michael Lucken, professeur spécialiste du Japon, historien et historien de l'art. 

A propos d'Edouard L'Hérisson
Après un master à l’université d’Aix-Marseille, Edouard L’Hérisson a entamé une thèse à l’Institut national des langues et civilisations orientales. Au cours de ses recherches doctorales, il s’est intéressé à la place du shintō dans le processus d’expansion du Japon en Mandchourie et a notamment été chercheur invité au Centre de recherche sur les documents non-écrits (Himoji shiryō kenkyū sentā, université de Kanagawa) en tant que chercheur invité. Il a également été Attaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’université d’Aix-Marseille. Actuellement jeune chercheur à l’Institut français de recherche sur l’Asie de l’Est (IFRAE/UMR 8043) et chercheur associé à l’Institut de recherche sur l’Asie (IrAsia/UMR 7306), il poursuit son étude de la propagation du shintō au sein de l’espace impérial et de l’expansion des nouveaux mouvements religieux japonais modernes et contemporains.

Résumé de la thèse 
Le shintō moderne est souvent réduit à un système rituel unifié, centré sur des sanctuaires perçus soit comme avatars du shintō d’État, soit comme lieux de culte populaires. Cette lecture est davantage encore mise en avant dans le cas de l’expansion japonaise en Asie. L’ambition première de cette thèse est de montrer que ces deux aspects sont en fait complémentaires et participent de la dynamique impériale de la première moitié du xxe siècle. Contrairement aux lectures qui nient l’authenticité du shintō moderne, elle vise ainsi à prouver que ce dernier constitue un système religieux généalogiquement cohérent dont l’expression moderne est caractérisée par une dynamique de projection impériale, voire universelle, centrée sur des nouvelles doctrines panthéistes. L’étude s’appuie sur trois parcours de leaders shintō impliqués dans la construction de la Mandchourie japonaise : Matsuyama Teizō 松山珵三 (1878-1947), Deguchi Onisaburō 出口王仁三郎 (1871-1948) et Kakei Katsuhiko 筧克彦 (1872-1961). Ces trois cas permettent de mettre en lumière trois modalités de rencontre avec l’espace mandchou, perçu dans sa dimension diatopique, et autant de processus de spatialisation de cette région. Il est ainsi possible de comprendre en quoi ces prédicateurs shintō sont à la fois mus par, et moteur de, la dynamique impériale dans les territoires s’étirant de la péninsule du Liaodong à la frontière de la Mongolie Extérieure. L’espace fluide qu’est la Mandchourie japonaise apparaît dès lors comme la cible d’appropriations religieuses et coloniales au sein desquelles s’entrelacent les ambitions individuelles et étatiques.
 

​Le prix Shibusawa-Claudel

Le prix Shibusawa-Claudel a été créé en 1984 sur l'initiative de la Maison franco-japonaise (MFJ) à Tôkyô et du Mainichi Shimbun, soutenus par la fondation commémorative Eichii Shibusawa, à l'occasion du 60ème anniversaire de la Maison franco-japonaise. Il commémore la fondation de la MFJ par l'ambassadeur, poète et dramaturge français, Paul Claudel et l'entrepreneur et mécène japonais Eiichi Shibusawa.

Depuis 2008, il est co-organisé avec le quotidien Yomiuri et récompense des œuvres de haut niveau qui reflètent les recherches sur les cultures japonaises et françaises.

En primant chaque année en France, un livre ou un travail universitaire portant sur le Japon et, au Japon, un livre ou un travail universitaire portant sur la France, le prix Shibusawa-Claudel vise à encourager les échanges culturels et la compréhension réciproque entre les deux pays.

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