Chateaubriand et l'Asie orientale : deux siècles de circulations littéraires entre la France et l'Asie
Réunissant chercheurs, enseignants, étudiants et passionnés de littérature, cette journée a proposé un regard inédit sur les relations entre l'œuvre de François-René de Chateaubriand et l'Asie orientale. Au croisement de la littérature comparée, de la traduction et des études aréales, les interventions ont mis en lumière la manière dont l'auteur des Mémoires d'outre-tombe a imaginé l'Extrême-Orient, mais aussi la façon dont son œuvre a été traduite, reçue et réinterprétée au Japon, en Chine, en Corée et au Vietnam.
Une journée placée sous le signe du dialogue scientifique
La journée a été ouverte par Henry Zipper de Fabiani, président de la Société Chateaubriand, qui a rappelé l'intérêt de l'écrivain pour l'Orient, tant dans son imaginaire que dans sa réflexion historique et politique.
Assen Slim, vice-président de l'Inalco, a ensuite souligné le rôle essentiel des études littéraires dans la compréhension des échanges culturels internationaux, ainsi que la contribution de l'IFRAE au développement des recherches consacrées aux mondes asiatiques.
Tout au long de la journée, les interventions ont illustré la richesse des échanges entre spécialistes de littérature française, historiens, traducteurs et chercheurs en études asiatiques.
Chateaubriand et l'Asie : entre imaginaire et réception
Si Chateaubriand ne s'est jamais rendu en Extrême-Orient, le Japon, la Chine, la Corée ou encore le Vietnam occupent une place significative dans son œuvre et dans son imaginaire.
Les différentes communications ont permis de replacer ces références dans leur contexte historique et culturel, tout en analysant les représentations de l'Asie qui traversent son écriture. Elles ont également montré comment ces images dialoguent avec celles que l'on retrouve chez d'autres écrivains du XIXᵉ siècle, à une époque où l'Extrême-Orient nourrit un puissant imaginaire littéraire en Europe.
Traduire et transmettre une œuvre à travers les cultures
L'un des temps forts du colloque fut consacré à la traduction et à la réception de Chateaubriand en Asie orientale.
Les échanges ont mis en évidence les défis que représente la traduction d'une œuvre romantique dans des langues et des contextes culturels très éloignés du français : restitution du style, adaptation des références historiques, religieuses et culturelles, mais aussi réinterprétation de l'œuvre par les lecteurs japonais, chinois, coréens ou vietnamiens.
Au-delà des questions linguistiques, ces travaux ont montré comment la circulation des textes participe à une histoire plus large des échanges intellectuels entre la France et l'Asie.
Une collaboration scientifique au service du dialogue entre les cultures
Au-delà des communications, cette journée a favorisé les rencontres entre chercheurs, étudiants, représentants des institutions partenaires et amateurs de littérature, lors des temps d'échange et du déjeuner organisé à cette occasion.
Le colloque s'est conclu par les interventions de Jean Gérin, président de la Fondation Inalco, et de Henry Zipper de Fabiani, président de la Société Chateaubriand. Tous deux ont salué la qualité des travaux présentés et rappelé l'importance de poursuivre les collaborations entre institutions académiques, fondations et sociétés savantes afin de favoriser le dialogue entre les cultures, la diffusion des savoirs et le rayonnement de la recherche