Contrat Post-Doctoral dans le cadre du programme PaLLaS (Hermès vague 2)

Durée : 24 mois
Type de contrat : Post-doctoral selon l’Article L412-4 du code de la recherche ou selon l’Article L332-2 du Code Général de la Fonction Publique
Contenu central

Contexte et objectifs du poste

Fondé en 1795, l’Inalco propose une offre de formation en plus de 100 langues et sciences humaines et sociales spécialisées sur les aires extra-occidentales, reconnue en France comme à l’international. S’appuyant sur 14 équipes (8 UMR
et 6 unités propres), la recherche à l’Inalco associe les études aréales et les champs disciplinaires.

Le poste est proposé dans le cadre du programme PALLAS (PAtrimonialisation de pratiques Littéraires et LAngagières Situées : Institutions, opérations et effets, projet HERMES, vague 2026-2031). Ce programme rassemble comparatistes, anthropologues et sociolinguistes, muséologues pour poser une question commune : par quelles opérations institutionnelles, culturelles et politiques des pratiques fortement situées, orales ou performatives, sont-elles rendues patrimonialisables, et que fait ce travail de patrimonialisation à ce qui est transmis, aux sens qui lui sont assignés et aux formes de légitimité qu’il produit ? Il s’agit donc d’analyser les opérations par lesquelles des langues et des pratiques culturelles sont de façon sélective transformées en objets de patrimoine. Le programme envisage la patrimonialisation comme un processus dynamique et potentiellement conflictuel, produisant des patrimoines en devenir, traversés par des enjeux démocratiques de représentativité, de participation et de contestation, et à travers lesquels se redéfinissent les formes de légitimité culturelle et les publics autorisés à parler ou transmettre.

D’un point de vue scientifique, il s’agit donc dans ce programme de déplacer l’analyse des « objets patrimoniaux » eux-mêmes (comme les “langues d’héritage”, dans le cas linguistique) vers le travail qui les constitue, en s’attachant
à des processus de patrimonialisation en cours, discutés ou non stabilisés. En s’attachant aux opérations par lesquelles des pratiques deviennent patrimonialisables (sélection, traduction, fixation, médiation, mise en scène / enseignement), le programme vise à rendre visibles les formes de légitimation, de disqualification et de pouvoir (y compris épistémologique) qui s’y jouent. Il s’agit ainsi de comprendre ce que la patrimonialisation fait aux pratiques langagières et
culturelles, mais aussi aux catégories à travers lesquelles elles sont pensées et gouvernées, en particulier lorsque ces pratiques sont minorisées, extra-occidentales ou historiquement situées hors des cadres dominants de reconnaissance culturelle.

L’originalité du programme tient à l’approche ontologique qu’il propose de la patrimonialisation et du lien que cette approche entretient avec des retombées directes en termes de pratiques et de création d’un commun démocratique. Plutôt que d’analyser principalement des discours ou des politiques patrimoniales, il interroge les opérations par lesquelles celles-ci transforment les objets qu’elles prennent en charge. La patrimonialisation est ainsi appréhendée comme une chaîne d’opérations par lesquelles des pratiques situées sont reconfigurées en objets patrimoniaux, en s’appuyant notamment sur les opérations de transduction.
Par transduction, on entend un processus de transformation sémiotique par lequel des formes culturellement et indexicalement ancrées sont réinscrites dans de nouveaux régimes de signification, de valeur et d’usage (Silverstein 2003). Elles produisent ainsi des reconfigurations de sens partiellement ou radicalement différentes de celles dont elles procèdent. Comprise ainsi, la patrimonialisation n’est pas une opération de transmission ou de représentation, elle produit au contraire des objets nouveaux, dotés d’un régime d’existence spécifique, et redéfinit simultanément les conditions de leur intelligibilité, de leur légitimité et de leur gouvernabilité.

Missions et activités

La personne recrutée dédiera 50% de temps aux activités de gestion du projet PALLAS et 50% au travail scientifique. Pour ce dernier, il s’agira de travailler sur la patrimonialisation du français et des langues de France, notamment en effectuant un
travail de terrain ethnographique auprès de la Cité internationale de la langue française. L’analyse sera ancrée dans le paradigme de sociolinguistique critique et/ou de l’anthropologie linguistique et sociale.
Les missions principales seront les suivantes :

1. Analyser la transformation de pratiques situées en objets patrimoniaux (le français et le multilinguisme à la Cité internationale de la langue française) : comment des pratiques langagières et culturelles hétérogènes deviennent patrimonialisables?

2. Décrire les dispositifs et régimes institutionnels de patrimonialisation : analyser des dispositifs concrets par lesquels des pratiques langagières et culturelles sont transformées en patrimoine, en s’attachant aux procédures, aux normes et aux acteurs qui rendent cette transformation possible. L’objectif est d’identifier les logiques propres à ces régimes de patrimonialisation, les formes d’autorité culturelle qu’ils produisent, et la manière dont ils anticipent, hiérarchisent et configurent des publics spécifiques. En s’appuyant sur des enquêtes ethnographiques longues menées au sein de la Cité internationale de la langue française, il s’agira d’analyser les opérations de sélection, de mise en visibilité, de cadrage discursif et de médiation par lesquelles certaines variétés deviennent représentables tandis que d’autres sont invisibilisées.

3. Examiner les effets affectifs et politiques de la patrimonialisation : examiner les effets de ces processus sur les pratiques, les acteurs et les publics. Il analyse les formes d’attachement, de reconnaissance, mais aussi de dépossession générées par les déplacements ontologiques inhérents à la mise en patrimoine.

Compétences attendues

  • Requis : Doctorat en SHS
  • Compétences en méthodes de recherche qualitatives
  • Capacité et volonté de travailler de manière pluridisciplinaire
  • Excellentes qualités rédactionnelles
  • Capacité à la fois d’autonomie et de travail en équipe
  • Rigueur scientifique, curiosité et forte motivation
  • Excellente maîtrise du français et de l’anglais.

Informations RH

  • Type de contrat : Post-doctoral d’une durée de deux ans
  • Rémunération brute forfaitaire : 3200 euros
  • Temps plein : 38h45 hebdomadaire
  • 54 jours de congés payés annuels dont 2 périodes de fermeture obligatoire (3 semaines en été et 1 semaine à Noël) ;
  • Tous les postes de l’Inalco sont ouverts aux personnes en situation de handicap ;
  • Localisation du poste : INALCO, 65, rue des Grands Moulins 75013 Paris
  • Date de prise de poste souhaitée : 1 octobre 2026

Les candidatures devront être complétées et envoyées au plus tard le 03/07/2026 à 18h00 (GMT+1).
Un dossier de candidature, à adresser à l’adresse Voir l'e-mail , Voir l'e-mail  Voir l'e-mail (copie à Voir l'e-mail  ), composé des pièces suivantes :

  • Lettre de candidature incluant une description du projet de recherche personnel envisagé dans le cadre du post-doctorat (cinq pages maximum, décrivant la question de recherche, les méthodes et les principaux objectifs du projet postdoctoral).
  • Copie du diplôme du doctorat ou attestation de réussite ;
  • CV complet et liste des publications ;
  • Rapport de soutenance de thèse ;
  • Lettre de recommandation ;

Les candidat-e-s actuellement en dernière année de doctorat peuvent postuler avec une prise de poste envisagée au plus tard le 01/10/26. Ils et elles veilleront alors à ajouter au dossier une attestation de date de soutenance signée par leur école doctorale.

Les candidat(e)s devront avoir soutenu leur thèse dans un autre établissement que l'Inalco.

CALENDRIER PRÉVISIONNEL
  • Date limite de candidature : 03/07/26
  • Annonce des présélections : 07/07/26
  • Auditions (par visioconférence ou en présentiel) : 08/07/26 au 10/07/26
  • Publication des résultats : 15/07/26