Prix Minou Amir-Aslani : cinq bénéficiaires du programme à l’honneur lors de la première cérémonie
Un partenariat au service des études persanes et de la transmission des savoirs
Ouverte par Hubert Bazin, président de la Fondation Inalco, et Maître Ardavan Amir-Aslani, fondateur de la Fondation Minou Amir-Aslani, cette première cérémonie marque une étape importante dans la concrétisation du partenariat conclu entre les deux fondations le 23 octobre 2025.
Établie pour une durée de cinq ans, cette collaboration repose sur une ambition commune : soutenir les études persanes et la recherche sur les mondes iraniens, accompagner les étudiants et les chercheurs à différentes étapes de leur parcours et favoriser la transmission des connaissances.
Ce partenariat trouve un ancrage particulier à l’Inalco, où le persan figure parmi les quatre langues enseignées dès la création de l’établissement en 1795. Cette longue tradition, portée notamment par de grandes figures telles qu’Antoine-Isaac Silvestre de Sacy, Georges Dumézil et Henry Corbin, se poursuit aujourd’hui à travers les enseignements et les travaux de recherche menés notamment au sein du CeRMI et du CERMOM.
Dans un contexte où l’accès au terrain peut être entravé, le soutien à la formation linguistique et à la recherche revêt une importance particulière. Le Programme de contribution à l’étude des mondes iraniens répond à ces enjeux en associant bourses d’immersion linguistique, bourse de recherche, prix doctoral et conférence scientifique annuelle.
Ce partenariat porte également une dimension profondément humaine et mémorielle. Créée par Maître Ardavan Amir-Aslani en hommage à sa mère, Minou Amir-Aslani (1935-2010), qui nourrissait un attachement particulier aux arts et à la culture, la Fondation qui porte son nom prolonge aujourd’hui cette sensibilité à travers son engagement en faveur de l’enseignement, de la création artistique et de la transmission des savoirs. Son partenariat avec la Fondation Inalco s’inscrit dans cette continuité, avec une ambition essentielle : faire en sorte que le nom de Minou Amir-Aslani continue d’inspirer et d’éclairer les générations futures, en soutenant les étudiants et les chercheurs dans leurs parcours.
Cinq bénéficiaires à l’honneur pour cette première édition
Cette première cérémonie a permis de mettre en lumière cinq parcours illustrant la diversité des disciplines et des approches mobilisées dans l’étude des mondes iraniens, de l’apprentissage linguistique à l’histoire politique, intellectuelle et scientifique.
Bourses d’immersion linguistique - Zoé Zadegan et Liam Gentric
Zoé Zadegan et Liam Gentric, étudiants de persan à l’Inalco, sont les premiers bénéficiaires des bourses d’immersion linguistique du programme.
Depuis le mois de septembre 2026, ils poursuivent leur apprentissage au Tadjikistan, à l’Université nationale tadjike de Douchanbé. Cette expérience leur permet de renforcer leurs compétences linguistiques au contact d’un environnement culturel et social directement lié à leurs études.
Leurs témoignages vidéo, présentés lors de la cérémonie, ont permis de revenir sur leur expérience et de souligner l’importance de l’immersion pour approfondir la maîtrise d’une langue et la connaissance des sociétés dans lesquelles elle est parlée.
Bourse de recherche - Alessia Zubani
La bourse de recherche a été attribuée à Alessia Zubani, chercheuse postdoctorale à l’UCLouvain, dont les travaux portent sur l’histoire des techniques et la circulation des savoirs dans le monde islamique médiéval.
Son projet de recherche, intitulé « Mécanique, cultures de cour et dynamique de circulation entre l’Anatolie et le monde iranien médiéval », s’intéresse notamment aux dispositifs mécaniques et aux machines ingénieuses, tels que les automates, les statues mobiles ou les horloges à eau.
À travers l’étude de ces objets, elle explore les liens entre innovation technique, culture matérielle et représentation du pouvoir, ainsi que les échanges de connaissances entre différents espaces du monde médiéval.
Ses recherches contribuent à mieux comprendre le rôle des savants et des artisans dans la conception, la circulation et la transmission de ces savoirs techniques.
Prix Minou Amir-Aslani pour la recherche sur les mondes iraniens - Guillaume Beaud et Wern
Pour cette première édition, le Prix Minou Amir-Aslani pour la recherche sur les mondes iraniens a distingué deux chercheurs pour leurs travaux doctoraux, consacrés à des périodes et à des problématiques différentes.
La sélection des lauréats s’est effectuée dans le cadre du Groupement d’intérêt scientifique Moyen-Orient et mondes musulmans (GIS MOMM), inscrivant cette distinction dans un environnement scientifique dédié à l’étude de ces régions.
Guillaume Beaud — Les transformations de l’État en Iran et au Pakistan
Chercheur postdoctorant à l’Université libre de Bruxelles et chercheur associé au CERI de Sciences Po, Guillaume Beaud a été récompensé pour sa thèse « Tenir l’État. Changement de régime et refonte de la haute fonction publique en Iran et au Pakistan », soutenue en avril 2025.
À travers une étude comparée de l’Iran et du Pakistan, il analyse les transformations des administrations publiques à la suite des changements de régime, ainsi que les relations entre dirigeants politiques et hauts fonctionnaires.
Fondée notamment sur 140 entretiens et une importante enquête documentaire, sa recherche examine la manière dont les nouvelles élites politiques cherchent à réorganiser l’appareil d’État et à redéfinir les rapports entre pouvoir et administration.
Ses travaux contribuent ainsi à une meilleure compréhension des dynamiques institutionnelles et politiques dans ces deux pays au cours de la seconde moitié du XXe siècle.
Werner Gaboreau — La circulation des savoirs entre l’Iran safavide et l’Europe
Historien et membre de l’École française de Rome, Werner Gaboreau a été distingué pour sa thèse « De l’œil du voyageur aux yeux des érudits : la place de l’Iran safavide dans la mondialisation des savoirs au XVIIe siècle », soutenue en décembre 2025.
Ses recherches portent sur la collecte, la circulation et la transmission des connaissances entre l’Iran safavide et l’Europe à l’époque moderne.
En croisant récits de voyage, chroniques historiques, dictionnaires et sources savantes européennes et iraniennes, il étudie la manière dont les voyageurs et érudits européens ont recueilli et interprété les savoirs rencontrés en Iran.
Son travail met notamment en lumière la contribution des savoirs arabo-persans à la construction des connaissances européennes et permet de mieux comprendre les échanges intellectuels entre ces deux espaces au XVIIe siècle.
Une conférence inaugurale du professeur Mohammad Ali Amir-Moezzi
La soirée a également été marquée par la conférence inaugurale du professeur Mohammad Ali Amir-Moezzi, intitulée « Le Coran et le prophète Mahomet : nouvelles approches scientifiques ».
Figure majeure de l’islamologie contemporaine, Mohammad Ali Amir-Moezzi est directeur d’études émérite à l’École pratique des hautes études (EPHE) et président du conseil scientifique de l’Institut français d’islamologie. Diplômé de l’Inalco, où il a également enseigné la civilisation iranienne, il consacre ses travaux notamment aux origines de l’islam, au chiisme, à l’exégèse coranique et aux traditions intellectuelles et spirituelles du monde iranien.
Son œuvre a été distinguée par le prix Avicenne 2026 de l’Académie royale de Belgique.
Il a notamment codirigé deux ouvrages collectifs majeurs : Le Coran des historiens (2019), avec Guillaume Dye, récompensé par le Grand Prix du livre de l’Institut du monde arabe en 2020, et Le Mahomet des historiens (2025), avec John Tolan.
Sa conférence a été consacrée aux approches historiques et scientifiques qui contribuent au renouvellement des connaissances sur les origines de l’islam et ses textes fondateurs.
Un engagement appelé à se poursuivre
Cette première édition marque une étape importante dans la mise en œuvre d’un programme destiné à accompagner les étudiants et les chercheurs à différentes étapes de leur parcours académique.
La Fondation Inalco tient à remercier chaleureusement Maître Ardavan Amir-Aslani et la Fondation Minou Amir-Aslani, abritée par l’Institut de France, pour leur confiance et leur généreux engagement en faveur des études persanes et de la recherche sur les mondes iraniens. Leur soutien permet d’ouvrir de nouvelles perspectives aux étudiants et aux jeunes chercheurs, tout en contribuant à la transmission et au renouvellement des savoirs.
Au-delà de cette première édition, les deux fondations souhaitent poursuivre cette dynamique et fédérer de nouveaux soutiens autour des études persanes, afin de renforcer les possibilités offertes aux prochaines générations d’étudiants et de chercheurs.