Une doctorante et un alumnus de l'Inalco lauréats du fonds Louis Dumont (FMSH) 2026

2 octobre 2026
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La Fondation Maison des sciences de l'homme (FMSH) a dévoilé les projets lauréats 2026 du fonds Louis Dumont. Les projets d'une doctorante et d'un alumnus de l'Inalco ont été distingués.
Portraits de Kahina Guillard et Leyou Li
Kahina Guillard et Leyou Li © Kahina Guillard / Leyou Li‎
Contenu central

Depuis 1988, le fonds Louis Dumont offre une aide temporaire spécifiquement dévolue à des projets d'enquête sur le terrain en anthropologie sociale donnant priorité au recueil d'un matériel descriptif visant l'ouverture d'une perspective monographique.

Kahina Guillard
Kahina Guillard © Kahina Guillard‎

Kahina Guillard est doctorante contractuelle en anthropologie à l’Inalco. Elle est associée au CERMOM, au CESSMA et à l’Institut français du Proche-Orient (Ifpo). Ses travaux portent sur les stratégies de dissimulation et d’évitement contre la violence raciale adoptées par des minorités considérées comme tsiganes, les Doms, au Kurdistan irakien puis en Jordanie. En 2025, elle obtient la mention spéciale du Prix Michel Seurat. En 2026, son projet de thèse intitulé « Se soustraire aux regards. Leçons antiracistes apprises auprès des Doms à la frontière syro-jordanienne » est lauréat du prix Louis Dumont.

Photographie des tentes des familles doms Mansour, 23 janvier 2024, région d’Irbid, Jordanie
Photographie des tentes des familles doms Mansour, 23 janvier 2024, région d’Irbid, Jordanie © Kahina Guillard‎
Se soustraire aux regards. Leçons antiracistes apprises auprès des Doms à la frontière syro-jordanienne

Ce projet analyse les processus de racialisation affectant les Doms Mansour, un groupe tsigane installé à la frontière syro-jordanienne, ainsi que leurs stratégies développées pour faire face aux violences antitsiganes. À partir d’une enquête ethnographique de quinze mois, menée en Jordanie entre 2024 et 2025, le projet examine comment des représentations héritées de longue durée structurent les rapports sociaux contemporains et produisent un continuum de violences raciales. En savoir plus

Portrait de Leyou LI
Leyou LI © Leyou LI‎

Après avoir obtenu une licence de tibétain à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), Leyou LI poursuit actuellement un master en études asiatiques à l’École pratique des hautes études (EPHE). Son mémoire de recherche porte sur le culte d’une catégorie d’esprits de la nature appelés « klu » dans le monde tibétain, avec une attention particulière portée aux rituels domestiques qui leur sont associés. Depuis 2022, il effectue chaque année des séjours d’étude et des enquêtes de terrain dans les régions tibétaines, s’efforçant de combiner les approches philologique et anthropologique afin d’explorer le système des puissances invisibles et la cosmologie tibétaine.

Porte d'une maison abandonnée au centre de la rue Karma Gungsang (Lhassa), Tibet
Maison abandonnée au centre de la rue Karma Gungsang (Lhassa), sur la porte de laquelle est inscrit "klu yod" [il y a des klu]. © Leyou LI‎
Une étude des rituels domestiques aux klu (esprits aquatiques) au Tibet central

Dans le monde tibétain, les esprits naturels appelés « klu » résident dans les milieux souterrains ou aquatiques, gouvernent les ressources naturelles et sont intimement liés à la prospérité comme aux maux des êtres humains. Qu’il s’agisse des pratiques quotidiennes ou des corpus religieux classiques, les klu occupent une place importante ; pourtant, les recherches antérieures se sont principalement focalisées sur l’exégèse textuelle et les rituels collectifs, délaissant les rituels domestiques pourtant tout aussi prévalents.

S’appuyant sur des enquêtes de terrain en cours au Tibet central, cette recherche s’articule autour d’un double objectif : documenter ces pratiques domestiques menacées de disparition par l’urbanisation et les réinstallations collectives, et, en intégrant dans l’analyse les particularités de ces rituels domestiques, proposer une nouvelle interprétation anthropologique de la figure du klu. En croisant les recherches de terrain et les études textuelles, cette étude entend dépasser l’approche matérialiste culturelle pour appréhender la portée cosmologique du klu et, plus largement, le système des divinités naturelles tibétaines. En savoir plus