Le Cadre d’Orient. Genèse, institutions, acteurs.

Inscrite dans le cadre du séminaire ENTI, « Écrire, négocier, traduire l’international (XVIIIe-XXIe s.) », proposé par l’UMR SIRICE, et placée dans le cadre des initiatives de Sorbonne Alliance, cette rencontre se propose de revenir sur la tradition de l’orientalisme et son héritage au sein de la diplomatie française. Elle inscrit sur la longue durée la relation entre l’Inalco et le Quai d’Orsay ainsi que la naissance du Cadre d’Orient, en mettant au jour la diversification des profils masculins et féminins qui l’incarnent. Elle interroge la place de l’Inalco dans la diplomatie culturelle de la France.
Caricature d'un homme entrain de courir
Caricature de Maurice Le Roux de Villers, L'Album comique des Affaires étrangères, Joseph Mollard, 1869 © Archives diplomatiques‎

L’École nationale des langues orientales vivantes - devenue Inalco - entretient depuis sa fondation en 1795 des liens très étroits avec le département des Affaires étrangères. Elle fournit en effet les Secrétaires interprètes pour les langues orientales et une partie de son personnel envoyé en Orient et en Extrême-Orient. A partir de 1880, elle assure le monopole de la formation des interprètes d’Orient et d’Extrême-Orient, se substituant à l’École des Jeunes de langues chargée du recrutement des drogmans depuis Louis XIV. 

Au fur et à mesure que le réseau diplomatique et consulaire s’étend et offre de nouvelles perspectives de carrière en Orient, en Asie et en Afrique, diplomates et consuls seront de plus en plus nombreux à fréquenter ses cours. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les relations avec le ministère se renforcent avec la création du concours d’Orient en 1946, auquel l’École prépare les candidats d’Orient, d’Extrême Orient et d’Europe orientale. Mais les difficultés du recrutement et la moindre reconnaissance du Cadre d’Orient par rapport aux agents passés par l’École nationale d’administration pousseront le Quai d’Orsay à se tourner aussi vers d’autres partenaires.

Programme

14h - Allocutions d’ouverture : Delphine Allès, vice-présidente de l’Inalco, et Violaine Sébillotte, vice-présidente de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

14h15 - Présentation de la demi-journée, Laurence Badel, professeure, Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

14h30 - Être secrétaire-interprète d’Extrême-Orient dans le Quai d’Orsay de l’entre-deux-guerres. Une fonction qui refuse de disparaître, Gong Zhang, docteur en histoire, membre du Centre Chine, Corée, Japon (UMR 8173, CCJ-EHESS.

14h50 - Le Cadre d’Orient : les incertitudes d’un corps entre spécialisation et généralisation (1946-1968), Isabelle Dasque, maître de conférences, Sorbonne Université.

15h10 - Le concours d’Orient. Une voie d’entrée des femmes françaises en diplomatie à la Libération ? Laurence Badel, professeure, Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

15h30 - Échanges avec le public

16h - Pause

16h15 -Langues et diplomatie : formation, recrutement et carrière des agents d’Orient, Leila Koochakzadeh, chargée de cours en histoire contemporaine et géographie de l’Iran à l’Inalco.

16h35 - L’Inalco, l’Institut du monde arabe et la mise en oeuvre d’une diplomatie culturelle en direction du monde arabe depuis 1974, Alain Messaoudi, maître de conférences, Nantes Université, et Melissa Tedafi, doctorante, Nantes Université.

17h -Grand entretien : Brigitte Curmi, ancienne ambassadrice en Libye (2016-2018), à Malte (2018-2021) et pour la Syrie (2021 à 2024).

17h30 - échanges avec le public.