Le Cadre d’Orient. Genèse, institutions, acteurs.
L'École nationale des langues orientales vivantes - devenue Inalco - entretient depuis sa fondation en 1795 des liens très étroits avec le département des Affaires étrangères. Elle fournit en effet les Secrétaires interprètes pour les langues orientales et une partie de son personnel envoyé en Orient et en Extrême-Orient. A partir de 1880, elle assure le monopole de la formation des interprètes d’Orient et d’Extrême-Orient, se substituant à l’École des Jeunes de langues chargée jusque-là du recrutement des drogmans depuis Louis XIV. Au fur et à mesure où le réseau diplomatique et consulaire s’étend et offre de nouvelles perspectives de carrière en Orient, en Asie et en Afrique, diplomates et consuls seront de plus en plus nombreux à fréquenter ses cours. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les relations avec le ministère se renforcent avec la création du concours d’Orient en 1946, auquel l’École prépare les futurs agents d’Orient, d’Extrême Orient et d’Europe orientale. Mais les difficultés du recrutement et la moindre reconnaissance du Cadre d’Orient par rapport aux agents passés par l’École nationale d’administration pousseront le Quai d’Orsay à se tourner aussi vers d’autres partenaires.
Cette rencontre se propose de revenir sur la tradition de l’orientalisme et son héritage au sein de la diplomatie française, sur le rôle de l’École dans la formation du Cadre d’Orient et sa capacité à renouveler le profil des diplomates qui en sont issus au mieux des enjeux nouveaux, et enfin, sur la place qu’elle occupe dans la mise en œuvre de la diplomatie culturelle de la France.
Programme
14h - Allocutions d’ouverture : Delphine Allès, vice-présidente de l’Inalco, et Violaine Sébillotte, vice-présidente de l’université Paris 1 Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
14h15 - Présentation de la demi-journée, Laurence Badel, professeure, Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
14h30 - Être secrétaire-interprète d'Extrême-Orient dans le Quai d'Orsay de l'entre-deux-guerres. Une fonction qui refuse de disparaître, Gong Zhang, docteur en histoire, membre du Centre Chine, Corée, Japon (UMR 8173, CCJ-EHESS).
14h50 - Le Cadre d’Orient : les incertitudes d’un corps entre spécialisation et généralisation (1946-1968), Isabelle Dasque, maître de conférences, Sorbonne Université.
15h10 - Le concours d’Orient. Une voie d’entrée des femmes françaises en diplomatie à la Libération ? Laurence Badel, professeure, Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
15h30 - Échanges avec le public
16h - Pause
16h15 - Langues et diplomatie : formation, recrutement et carrière des agents d’Orient, Leila Koochakzadeh, chargée de cours en histoire de l'Iran contemporain et géographie de l'Iran à l'Inalco.
16h35 - L’Inalco, l’Institut du monde arabe et la mise en œuvre d’une diplomatie culturelle en direction du monde arabe depuis 1974, Alain Messaoudi, professeur, Université de Nantes, et Melissa Tedafi, doctorante, Université de Nantes.
17h - Grand entretien : Brigitte Curmi, ancienne ambassadrice en Libye (2016-2018), à Malte (2018-2021) et pour la Syrie (2021 à 2024).
17h30 - échanges avec le public.