Postdoctorants DECRIPT
Louise Beaumais, Inalco, rattachée au CESSMA, associée au CERI
Docteure en science politique (relations internationales), Louise Beaumais a rejoint l'axe Universalismes et Gouvernance mondiale. Elle s’intéresse, dans ses travaux, à la manière dont les savoirs se construisent, se légitiment, et circulent. Ces dernières années, elle s’est notamment intéressée à l’usage des chiffres et des données sur les conflits par divers praticiens (humanitaires, journalistes, militaires et diplomates) dans divers pays ouest-européens. Pour sa thèse, intitulée « On the use of numbers in foreign policy: from datafication to datafiction. Lessons from the French and British Arctic policies », elle s’est concentrée sur les savoirs légitimes et leurs effets sur les représentations dans les politiques Arctiques françaises et britanniques.
Son projet de recherche, « Discours civilisationnels et hiérarchies des formes de savoir : les savoirs des Peuples Autochtones face au ‘modèle scientifique occidental’ dans les institutions onusiennes », s’attache à documenter les effets des contestations du modèle scientifique moderne. Elle s'intéresse plus précisément aux discours et aux pratiques sur les savoirs autochtones au sein de quatre institutions de l’ONU : la FAO, l’UNDRR, l’UNESCO et le PNUD.
Alexandre Gandil, Université Bordeaux Montaigne, D2iA
Politiste et sinophone, Alexandre Gandil est post-doctorant dans l’axe Indo-Pacifique. Formé à Sciences Po, à l’Inalco et à l’Université Paris 8, ses recherches portent sur les processus d’universalisation, de réappropriation et de contestation du modèle de l’État-nation, avec le détroit de Taïwan pour zone d’étude privilégiée. Il est l’auteur de Kinmen, un archipel entre Taiwan et la Chine (Karthala, 2024), ouvrage issu de sa thèse de doctorat.
Son projet de recherche, intitulé « État-civilisation et ordre westphalien : comment la Chine renégocie l’ordre mondial », interroge la place de la République populaire de Chine dans la fabrique, les usages et les (non-)circulations de la catégorie heuristique « d’État-civilisation ». Ce faisant, il questionne les conditions du recours à la notion de « civilisation » par Pékin en la mettant en regard avec celle de « nation », à la fois dans la mise en récit de la trajectoire historique chinoise et dans la structuration de sa vision de l’ordre mondial. Dans ce cadre, il porte un intérêt particulier à « l’Initiative pour la civilisation mondiale » et à la « question taiwanaise ».
Zoé Quétu, Sciences Po Bordeaux, LAM
Politiste, Zoé Quétu est post-doctorante dans l'axe Afrique. elle travaille sur les mobilisations politiques identitaires et sur les formes de désignations ordinaires. Sa thèse a porté sur les luttes sociales des minorités ethniques au Burundi, et ses recherches actuelles s'intéressent aux mobilisations conservatrices anti-genre.
Son projet intitulé « Aux marges de la civilisation : "Traditions africaines" et exclusion des minorités de genre et sexuelles au Burundi », dans le cadre de l’axe Afrique et à Sciences Po Bordeaux. Elle analyse dans quelle mesure les récits civilisationnels valorisant un retour aux traditions africaines contribuent à la marginalisation sociale et politique des minorités de genre et sexuelles, et comment les groupes visés se réapproprient ou détournent ces récits dominants.
Jan-Markus Vömel, Inalco, CERMOM
Spécialiste de l'histoire de la Turquie et de l'Indonésie modernes, de l'histoire intellectuelle mondiale et des mouvements religieux mondiaux, Jan-Markus Vömel a rejoint l'axe Proche et Moyen-Orient. Il a récemment obtenu son doctorat à l'Université de Constance sur les mouvements islamistes en Turquie, avec une thèse intitulée « Order and the Renascent Self: The Inner Culture of Turkish Islamism, c. 1950-2000 ». Il a enseigné l'histoire mondiale et les études turciques aux universités de Constance et de Fribourg et a mené des recherches postdoctorales au BRIN Research Center for Area Studies à Jakarta.
Parmi ses publications récentes, « Pathos and Discipline: Islamist Masculinities in Turkey, 1950–2000 » (Zeithistorische Forschungen, 3/2021); « Global Intellectual Transfers and the Making of Turkish High Islamism, ca. 1960–1995 » (dans: Global Intellectual History – The Turkish Connection); « Rowing between the Reefs. Indonesia in the World » (Internationale Politik, Sept./Oct. 2024) et « The AKP and the Muslim Brotherhood: Making and Unmaking an Islamist Alliance in the Middle East and Europe » (Documentation Centre Political Islam, 2025).
Son projet, « Civilizational Worldmaking in Turkey and Comparative Cases: Islamic Civilizationism, Higher Education, and International Relations », étudie l'interaction de la « civilisation » comme concept d'ordre alternatif pour la politique internationale dans le monde musulman, l'histoire des idées civilisationnelles et le secteur de l'enseignement supérieur basé sur ces idées en Turquie et dans l'archipel indo-malais.
Pierre-Louis Six, ENS-PSL, CIENS
Pierre-Louis Six, est post-doctorant au sein de l'axe Europe-Eurasie. Il est docteur en histoire de l’Institut universitaire européen de Florence (EUI). Sa recherche doctorale, au croisement entre histoire et science politique, a porté sur la constitution des grands corps de l’État dédiés aux affaires étrangères en URSS après 1945, sur la question de la circulation des savoirs entre l’Est et l’Ouest durant la guerre froide et sur les transformations des sciences et des formes de gouvernement en URSS et en Russie en matière de relations internationales.
Il a été directeur adjoint du Centre d’études franco-russe de Moscou (CEFR) de 2017 à 2019. Au Centre interdisciplinaires sur les enjeux stratégiques (CIENS), il a conduit ses premières recherches postdoctorales sur l’uranium dans les relations internationales et sur les manières dont cette ressource naturelle, toxique et stratégique a contribué à modifier les relations entre États et les modes de gouvernement à l’intérieur de ces derniers. Il est aujourd’hui chercheur postdoctoral au sein du programme DÉCRIPT et associé au Centre Maurice Halbwachs (CMH) au sein de l’axe DOCSA « Données, Conduites, Savoirs ».
Il développe un projet en socio-histoire du politique intitulé « Le Savant ou le Politique ? Les politologues russes et ukrainiens et les concepts de civilisation (1991-2022) », dans le cadre duquel il étudie comment des savants et des savoirs en sciences sociales soutiennent la production de récits sur les civilisations en Russie et en Ukraine.