30e congrès annuel de la Fondation pour les langues en danger, FEL XXX (2026)
Thème de la conférence
Langues en danger et technologies innovantes : documentation, traitement et revitalisation
Alors que de plus en plus de langues dans le monde sont menacées d’extinction, en raison de l’accélération du changement linguistique et de la puissance croissante des langues économiquement ou politiquement dominantes et prestigieuses, les communautés linguistiques et les chercheurs s’efforcent de renverser la tendance afin d’empêcher la disparition des langues. Dans le cadre de leurs efforts, ils s’intéressent aux nouvelles technologies et à leurs diverses applications, ainsi qu’à leur potentiel pour améliorer la documentation et soutenir la revitalisation des langues en danger.
La documentation n'étant plus la seule option, puisqu'elle vise uniquement à dresser un état des lieux d'une langue à un moment donné, d'autres options et approches potentiellement plus efficaces, telles que la prévention, la préservation et la promotion des langues en danger, gagnent en importance. En fin de compte, la revitalisation, objectif ultime pour les langues en danger, a besoin de technologies et d'outils nouveaux et plus puissants pour réussir. Les technologies numériques peuvent fournir des outils précieux pour l'enseignement, l'enregistrement et le partage des langues, ainsi que pour la création de métadonnées pouvant être utilisées de manière créative dans des contextes de recherche et d'éducation.
Aujourd'hui, de nombreuses technologies et systèmes numériques innovants sont en grande partie conçus et fonctionnent à partir de données issues d'un petit nombre de langues dominantes et bien documentées. En conséquence, de nombreuses communautés, en particulier celles dont les langues sont en danger, principalement orales ou sous-documentées, restent exclues de ce qu’on appelle la sphère numérique. Cette exclusion ne constitue pas simplement une privation ou une absence d’accès aux outils, systèmes ou infrastructures technologiques, mais résulte de la domination des langues officielles sur les communautés linguistiques moinsbien dotées . Une telle domination a des conséquences directes sur la transmission linguistique et culturelle, l’accès aux nouvelles technologies, ainsi que sur les droits linguistiques.
De nombreuses communautés à travers le monde relèvent le défi et s’emploient activement à récupérer, préserver et revitaliser leurs langues. Dans ce processus, on tente parfois d’utiliser des outils et des technologies numériques, qui ont le potentiel de soutenir la documentation, l’apprentissage et la transmission. Cependant, ces outils ne répondent souvent pas efficacement aux besoins des communautés linguistiques en danger et peuvent au contraire imposer des hypothèses et des modèles dérivés des langues dominantes.
Bien que les technologies numériques puissent être des instruments puissants pour lutter contre la mise en danger des langues, elles peuvent être plus efficaces si elles sont développées en collaboration avec les communautés linguistiques, dans le plein respect de leurs connaissances, de leurs priorités et de leur souveraineté en matière de données.
Cette conférence, la trentième organisée par la Fondation pour les langues en danger (FEL), en collaboration avec le CESSMA et l’INALCO, place les communautés au centre du débat. Elle explore comment les technologies innovantes peuvent soutenir la documentation linguistique et renforcer la revitalisation, et, inversement, comment les savoirs communautaires et la diversité linguistique peuvent redéfinir la conception, l’évaluation et la finalité des systèmes numériques eux-mêmes, contribuant ainsi à une réponse plus durable et plus efficace à la menace qui pèse sur les langues.
Un défi majeur pour la préservation et la revitalisation reste le goulot d’étranglement persistant en matière de documentation. Il existe de vastes collections d’enregistrements pour de nombreuses langues en danger, mais seule une petite partie a été transcrite, annotée ou mise à la disposition des communautés à des fins de revitalisation. Cela ne reflète pas un manque d’efforts, mais des réalités et des défis structurels : la documentation est chronophage, nécessite une collaboration étroite avec les locuteurs et s’effectue souvent dans des contextes où les pratiques d’alphabétisation diffèrent ou où les connaissances sont sensibles sur le plan culturel.
Parallèlement, les approches technologiques et outils actuels s’appuient fortement sur de vastes ensembles de données standardisés, qui sont rarement disponibles pour les langues en danger. Les nouvelles technologies ont le potentiel de résoudre les problèmes de transcription et d’annotation, de collecte et d’analyse des données, ainsi que de promotion et de diffusion des modèles et pratiques culturels et linguistiques, à condition qu’elles soient rendues accessibles aux communautés et aux institutions communautaires, grâce à des formations et partenariats collaboratifs.
Dans ce contexte, le défi des langues en danger ne doit pas être simplement considéré comme un problème de « faibles ressources » à résoudre. Elles peuvent devenir des terrains d’innovation qui remettent en question les hypothèses dominantes sous-jacentes au développement technologique et encouragent l’exploration de technologies plus flexibles, plus interprétables et ancrées dans la culture. En mettant de l’avant les perspectives des communautés et les expériences vécues, la conférence vise à explorer comment les technologies innovantes peuvent soutenir et pérenniser la revitalisation linguistique. Elle veutaussi montrer comment les initiatives, les expériences et les réalisations des communautés peuvent offrir de nouvelles perspectives et approches en ce qui a trait aux nouvelles technologies, telles que l’IA, et les transformer en outils plus pertinents pour la promotion et la revitalisation des langues en danger.
La conférence vise donc à établir un pont entre trois dimensions interdépendantes : les technologies, la documentation et la revitalisation, tant dans la pratique que dans le développement d’outils et d’approches futurs.
Nous invitons les contributions qui abordent, sans s’y limiter, les questions suivantes explorant l’application des technologies innovantes dans les efforts de documentation et les initiatives de revitalisation menées par les communautés :
- Comment les technologies innovantes peuvent-elles améliorer la transcription, l'annotation et la constitution de corpus dans la documentation des langues en danger (EL) ?
- Comment garantir des pratiques éthiques en matière de données et la souveraineté des données lors de l'application de nouveaux outils technologiques aux EL ?
- Comment les pratiques d'archivage peuvent-elles être alignées sur les besoins et les valeurs des communautés, et quel rôle les systèmes d'IA peuvent-ils jouer dans ce processus ?
- Comment acquérir, s'approprier et utiliser les nouvelles technologies linguistiques pour la transmission des langues en danger ?
- Comment planifier et coconcevoir des technologies linguistiques avec les communautés de locuteurs ?
- Comment définir et concevoir la formation des communautés, le renforcement des capacités et le transfert de connaissances à l'aide d'outils numériques afin de permettre la mise en œuvre de projets de revitalisation menés par les communautés ?
- Quels exemples de réussite et études de cas peut-on identifier dans l'application des nouvelles technologies au processus de revitalisation des langues autochtones ?
- Quels sont les risques, les limites et les conséquences imprévues des outils technologiques existants ou émergents dans le domaine de la revitalisation linguistique ?
La conférence vise à créer un espace de dialogue entre chercheurs, technologues et surtout, les communautés linguistiques elles-mêmes, abordant la question des opportunités et des défis présentés par les technologies innovantes dans les efforts visant à prévenir la perte des langues et à promouvoir la préservation et la revitalisation des langues en danger.
Nous encourageons vivement les soumissions de la part de membres de communautés, d'éducateurs, de militants et de praticiens, ainsi que les présentations de travaux collaboratifs entre partenaires universitaires et non universitaires.
Contact - Voir l'e-mail
Dates importantes
- 10 juillet 2026 : date limite de soumission des résumés
- 13 juillet 2026 : ouverture des inscriptions
- 1er août 2026 : notification aux candidats sélectionnés
- 15 septembre 2026 : date limite de soumission des versions complètes des résumés acceptés
- 3-5 novembre 2026 : dates du congrès
- 6 novembre 2026 : excursion (à confirmer)
Soumission et informations pratiques
Nous vous invitons à soumettre des résumés de 500 à 700 mots (références non comprises) via EasyChair à l'adresse suivante :
https://easychair.org/my/conference?conf=felxxx2026 avant la date limite du 10 juillet à 23 h59 GMT.
Les résumés doivent être rédigés en anglais et soumis au format PDF.
Veuillez noter que les résumés sous forme de documents Word ne peuvent pas être acceptés et qu'ils ne peuvent pas être soumis par e-mail.
Les résumés doivent décrire des travaux achevés ou en cours. Le volume final des actes contiendra des travaux originaux et inédits. Le résumé doit inclure des mots-clés.
Ils doivent mentionner le(s) nom(s) de l'auteur ou des auteurs. Des références doivent être incluses si cela permet de situer le travail par rapport à des travaux réalisés par d'autres.
Vous devez signaler toute utilisation d'outils d'IA dans l'élaboration de votre résumé et de votre article. Vous devez indiquer au bas de votre article le logiciel ou l'outil d'IA utilisé, la version de ce logiciel et la nature exacte de son utilisation. Le non-respect de cette consigne peut entraîner la disqualification de votre article.
Les auteurs dont les résumés auront été acceptés pour être présentés lors de la conférence seront informés avant le 1er août et devront développer leur résumé en un article de conférence de 2 000 à 3 000 mots (références non comprises) avant le 15 septembre.
Les articles de la conférence seront publiés dans le recueil de la conférence, qui sera mis à la disposition des participants à la conférence et des membres de la Fondation pour les langues en danger.
Une sélection d'articles issus de la conférence sera publiée après celle-ci dans le cadre de la série « Endangered Languages Yearbook », éditée par De Gruyter Brill.
Plus d'informations
- Site de la conférence : https://ogmios.org/conferences/2026
- Contact : Voir l'e-mail
INSTITUTIONS ORGANISATRICES
- Foundation for Endangered Languages (FEL)
- Centre d'Études en Sciences Sociales sur les Mondes Africains Américains et Asiatiques (CESSMA)
- Institut National des Langues et Civilisations Orientales (Inalco)
Comité d'organisation de la FEL
- Hakim Elnazarov (président)
- Eda Derhemi
- Steven Krauwer
- Salem Mezhoud
- Christopher Moseley
- Mujahid Torwali
Comité d'organisation de l'Inalco
- Abdul-Hakim HAMIDI (président)
- Marie Chosson
- Johanna Cordova
- Hélène de Penanros
- Donabedian Demopoulos
- Valentina Fedchenko
- Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky
- Rima Sleiman
- Il-Il Yatziv-Malibert