La culture de soi : Comment le sujet se pense lui-même dans les religions ?
L’expression « culture de soi », forgée par Michel Foucault, nous invite à interroger la place du sujet et le rapport qu’il entretient avec lui-même au sein des différentes religions. Dans son expérience religieuse, le sujet fait face à plusieurs tensions, manifestes aussi bien à l’échelle individuelle que collective : entre Soi et l’Autre, entre nature et culture, entre individu et communauté, entre parole humaine et parole divine.
Comment réussir à situer pleinement le sujet ? Son existence se trouve sous-tendue entre deux types de rapports : un vertical, lié à la transcendance, et un autre, horizontal, lié à l’appartenance communautaire où l’individu est absorbé dans un système de valeurs et de pratiques partagées qui façonnent son identité. Se pose alors la question de savoir si la religion définit intégralement le sujet, ou si celui-ci conserve une marge d’autonomie dans sa manière d’habiter et d’interpréter le monde. Et dans ce cas de figure, que devient le sujet lorsqu’il se pense en dehors de toute tradition religieuse, ou lorsque le rapport à Dieu semble s’effriter sous l’effet de la modernité ? Le rapport au divin a toujours provoqué des questionnements, des transformations et des tensions : comment ceci se traduit dans la manière de concevoir le rapport à soi ?
La religion est un terrain fertile pour observer les formes de spiritualité et de retour à soi, où le sujet cultive son monde intérieur grâce à des pratiques comme la prière, la méditation, l’ascèse, la lecture, l’écriture de soi, le silence. Ces pratiques conduisent le sujet à interroger la finalité même de la religion : est-elle avant tout un rapport à soi, un rapport à autrui ou un rapport à Dieu ? Et ces dimensions peuvent-elles s’entrecroiser ou doivent-elles être pensées séparément ?
Le langage tient une place importante dans cette réflexion sur la culture de soi dans un cadre religieux. Comment le sujet se dit-il face à la parole divine ? Quelle place accorder à la parole humaine - interprétative, poétique, théologique - dans la construction du sujet religieux ? Existe-t-il différentes manières de penser le sujet selon les traditions, les époques et les corpus ?
Cette journée doctorale se propose ainsi d’explorer les multiples façons dont les religions pensent et façonnent le sujet dans une perspective comparatiste et interdisciplinaire. Elle s’adresse aux doctorants et aux docteurs ayant tout récemment soutenu leur thèse.
Envoi des propositions : Voir l'e-mail
Date limite: 15 mars 2026.
Réponse: 30 mars 2026.
COMITE D'ORGANISATION
Madalina Vartejanu-Joubert
Marion La Rosa
Kenza Rahmani
COMITE SCIENTIFIQUE
Stéphane Arguillère
Nicolas Elias
Ridha Atlagh
Ji Zhe
Étienne Naveau
Ilya Platov
Frédéric Wang
Bibliographie
FOUCAULT, Michel, L’herméneutique du sujet. Cours au Collège de France (1981-1982), Paris, Gallimard/Seuil, coll. « Hautes Études », 2001.
FOURNIER, Laurent Sébastien, Anthropologie de la modernité. Entre globalisation et fragmentation, Armand Colin, coll. « U », 2021.
HADOT, Pierre, Exercices spirituels et philosophie antique, Paris, Albin Michel, 2002.
RICŒUR, Paul, Soi-même comme un autre, Paris, Seuil, 1990.
TOURAINE, Alain, Critique de la modernité, Paris, Fayard, 1992.