Retour sur le colloque « Histoires gravées dans la pierre – Վիմագիր պատմություններ » co-organisé par la Fondation Inalco, l’association Hishatakaran, l’Inalco et le CREE
Tout au long de la journée, les intervenants ont abordé les menaces qui pèsent sur le patrimoine arménien dans le contexte géopolitique actuel à travers les résultats du travail de documentation opéré par l’association Hishatakaran et ses partenaires.
L’association Hishatakaran et sa mission de préservation et de valorisation du patrimoine
L’association Hishatakaran, co-fondée et dirigée scientifiquement par Anna Leyloyan-Yekmalyan, maîtresse de conférences en histoire de la Russie et du Caucase à l’Inalco, spécialiste de l’art et de l’architecture arméniennes, se mobilise pour inventorier, cartographier et documenter le patrimoine en danger du Haut-Karabakh, à travers des « passeports » qui retracent l’histoire et la culture des sites et monuments arméniens. Ces informations sont ensuite mises à disposition sur le site internet de l’association, afin de faire connaître au plus grand nombre l’histoire du patrimoine arménien.
Ils travaillent ainsi, depuis 2023, dans le cadre du Programme de documentation et de préservation du patrimoine arménien coordonné par la Fondation Inalco avec le soutien financier d’ALIPH (Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones de conflits) et de la Fondation Calouste Gulbenkian.
EN SAVOIR PLUS SUR LE PROGRAMME DE DOCUMENTATION ET DE PRÉSERVATION DU PATRIMOINE ARMÉNIEN
Regards croisés entre la pierre, l’histoire et les monuments arméniens
Les différentes conférences de la journée, complémentaires, ont abordé toutes les dimensions scientifiques et historiques des questions patrimoniales de l’Arménie :
- Rapport sur les travaux réalisés par l'équipe Hishatakaran en 2025, Anna Leyloyan-Yekmalyan, Sasun Danielyan, Gayane Boudaghyan, Arminé Hayrapetyan, Ashken Petrosyan et Ruzanna Kharazyan ;
- « Les pierres qu’on réduit au silence : monuments, mémoire et dynamiques d’effacement du patrimoine et de son environnement », Anna Leyloyan-Yekmalyan ;
- « La mémoire inscrite dans le paysage historique : strates médiévales et monuments en péril dans le sud-ouest de Stepanakert », Arminé Hayrapetyan, historienne, experte de Hishatakaran ;
- « L’architecture populaire en Artsakh : mémoire, formes et transformations », Manvel Sargsyan, architecte et historien de l'architecture, expert de Hishatakaran ;
- « La valeur historique des épigraphes d’Artsakh face aux défis contemporains », Arsen Harutyunyan, épigraphiste, chef du département d’épigraphie de l’Institut d’archéologie et d’ethnographie de ANS RA, chercheur principal au Matenadaran.
Des conférences bilingues qui honorent l’histoire et la culture arméniennes
Chacune des conférences était bilingue, avec un interprète, afin que les experts arménophones et francophones puissent dialoguer et transmettre à l’audience l’ensemble de leurs recherches et de leurs alertes.
Les intervenants ont exprimé leur désarroi face aux nombreuses destructions que connaît le patrimoine étudié. C’est pourquoi l’association Hishatakaran a conclu la journée en soulignant l’importance de la reconnaissance internationale de l’héritage arménien, afin de lui apporter protection et sécurité culturelles. Actuellement, dans une optique de conciliation entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, la question du patrimoine du Haut-Karabakh est de plus en plus passée sous silence.