Tribune « Soutenir l’Université, c’est avoir l’ambition de l’avenir »

28 janvier 2026

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Tribune publiée le 20 janvier 2026 dans Tribune Dimanche par l'équipe de la présidence de France Universités, Lamri Adoui, Héléne Boulanger, Jean-François Huchet et soixante présidents d'universités.
3 portraits des présidents et présidente d'universités
Lamri Adoui, président de France Universités (FU) et président de l’Université de Caen Normandie, Héléne Boulanger, vice-présidente de FU et présidente de l’Université de Lorraine et Jean-François Huchet, vice-président de FU et président de l'Inalco © LTD/DR‎
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La quasi-totalité des responsables d’université (une liste d’une soixantaine de cosignataires) s’adressent aux élus pour qu’ils votent un budget donnant les moyens de fonctionnement aux établissements supérieurs.

L’Enseignement supérieur et la Recherche publics de notre pays sont en grand danger. Fragilisés par le rouleau-compresseur des désordres de l’information, par les algorithmes nourris de buzz et de violence et par la disqualification croissante de la science, ils risquent ne plus être en mesure de jouer leur rôle indispensable de construction et de transmission du savoir et des valeurs démocratiques si les arbitrages en leur défaveur du Projet de loi de finances 2026 se confirment.

Il faut le dire de manière claire : sans universités fortes, notre société déclinera, notre jeunesse n’aura plus de perspective et notre économie dysfonctionnera. La concurrence internationale, déjà impitoyable, fera de notre pays une quantité négligeable sur le plan scientifique, et donc géopolitique et stratégique.

Pour conserver sa capacité d’innovation et de rayonnement et sa souveraineté, en Europe et au-delà, pour être en mesure de faire face au double défi de la durabilité et de l’accélération, la France doit donc faire le choix assumé de soutenir son Enseignement supérieur et sa Recherche publics, autrement dit son Université et ses organismes nationaux de recherche. 

Car nombreux sont nos atouts ! Les découvertes scientifiques sont la pierre angulaire des technologies nouvelles qui, dans tous les domaines, transforment les industries, créent des produits et des services novateurs au service de la création d’emplois, améliorent nos performances et notre bien-être collectifs.

26.500 étudiantes et étudiants supplémentaire

Ne gâchons pas non plus les talents ! Alors que s’ouvre la session 2026 de Parcoursup, répondons à l’envie des jeunes de choisir l’Université. Leur enthousiasme est solide : en 2024, nos établissements ont accueilli 26.500 étudiantes et étudiants supplémentaire par rapport à l’année précédente. Ils et elles comptent sur nous pour acquérir, par une formation de qualité régulièrement évaluée et accessible à toutes et à tous, les compétences nécessaires afin d’exercer les métiers de demain et d’après-demain, de se doter d’une culture technique pluridisciplinaire indispensable pour appréhender au mieux les transitions et l’essor des technologies, de se forger un esprit critique et une capacité de discernement face aux bouleversements du monde. Grâce à l’Université, les jeunes seront toujours plus créatifs et inventifs, pourront s’épanouir, se projeter dans des carrières scientifiques, devenir eux-mêmes tout simplement.

À quelques semaines des élections municipales, il est également essentiel de rappeler qu’en matière d’emploi, de création de richesses et d’attractivité, nos universités sont une locomotive des écosystèmes territoriaux. Elles leur insufflent un dynamisme considérable. Leur impact économique, social, environnemental et culturel, direct et indirect, est irremplaçable. Santé, énergie, intelligence artificielle, alimentation, industries vertes, urbanisme : des labcoms aux chaires industrielles, en passant par les incubateurs, la compétitivité locale est stimulée par les universités.

Ainsi que nous l’avons dit à de multiples reprises ces derniers mois, nous ne nous résignons pas à ce que nos universités soient le parent pauvre ou la variable d’ajustement des arbitrages budgétaires à venir. Soutenir l’Université, c’est avoir confiance en l’avenir. Soutenir l’Université, c’est être fiers de ce que nous sommes : un pays riche d’une longue histoire de progrès scientifiques, de débats éclairés, d’ouverture et de curiosité intellectuelles. Soutenir l’Université, c’est croire en notre jeunesse.

Nous demandons une nouvelle fois à la représentation nationale, aux députés et sénateurs de la République de garantir le financement durable de nos établissements pour qu’ils assurent sereinement leurs missions de service public, et de préserver la trajectoire de la Loi de programmation de la recherche. 

Les universités sont le cœur battant de la démocratie, un pilier de l’universalisme ouvert, une condition sine qua non de notre avenir commun et solidaire, face aux forces mortifères transportées par certains vents mauvais de la géopolitique. Ce n’est pas rien !

Les débats à l’occasion du Projet de loi de finances 2026 ne sont pas terminés. Ces débats ne sont pas seulement techniques : ils sont aussi, et avant tout, politiques. À l’heure où la Chine, l’Allemagne, la Corée du Sud et bien d’autres, dans l’hémisphère Nord comme dans l’hémisphère Sud, investissent massivement dans leur Enseignement supérieur et leur Recherche pour les intégrer à une véritable stratégie nationale et transnationale, la France doit faire le choix de financer ses universités à la hauteur de leurs besoins.

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