Enseignants de langues/civilisations étrangères : « D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? »

En partenariat avec des Universités d’Istanbul et l’Institut Français d’Études Anatoliennes (IFEA), ce colloque est organisé par les équipes CERMOM (Centre d'Etudes et de Recherche Moyen-Orient, Méditerranée, EA 4091) et PLIDAM (Pluralité des Langues et des Identités : Didactique – Acquisition – Médiations, EA 4514). Evénement soutenu par la Conseil scientifique de l'Inalco et par la Fondation de l'Inalco

Placé sous la responsabilité scientifique de Joël Bellassen (PLIDAM) et Michel Bozdémir (CERMOM), notre colloque vise à approfondir la réflexion sur les trajectoires des enseignants de langues/civilisations étrangères, leur statut social et professionnel, tout en prenant en compte les conditions d’exercice de leur métier dans un environnement global et numérique en constante
évolution.

Dans le tissu universitaire, le secteur académique « langue vivante » se scinde - tant dans l’enseignement que dans la recherche - en une multiplicité de sous-secteurs mettant en œuvre des démarches pédagogiques spécifiques. Traditionnellement, dans leur parcours d’apprentissage, les étudiants en langues modernes, et notamment les futurs professeurs, sont confrontés à la
tripartition : langue/linguistique – littérature – civilisation ; à cet éventail classique de sous-disciplines s’ajoute parfois la traduction.

Le domaine appelé « civilisation » génère un statut académique particulier : un spécialiste de la langue étrangère (ou d’une aire linguistique), capable d’interpréter des documents écrits et oraux dans la langue cible et travaillant à l’intersection de champs disciplinaires divers (histoire, géographie, sociologie, sciences politiques, relations internationales, arts plastiques, musique, cinéma, médias, etc.), domaines qui possèdent leurs propres techniques d’analyse.

Les thématiques abordées seront les suivantes :
— Parcours, motivations : déterminations individuelles qui ont pu conduire un enseignant à s’orienter vers l’enseignement des langues ; les représentations que les enseignants de langues et de civilisations ont de leur métier ;
— Enseigner une langue et une culture étrangère : quelle formation initiale et continue ? Quels fondements théoriques ? Quelles perspectives de carrière ?
— Profils et compétences linguistiques et culturelles des enseignants face aux innovations technologiques, tant dans les classes de langue traditionnelles que dans d’autres dispositifs éducatifs hybrides ou numériques.
— Positionnement des enseignants, natifs ou non-natifs, face aux exigences scientifiques, pédagogiques, ainsi qu’aux choix politiques et économiques qui influencent leur pratique quotidienne.
— Rapport des enseignants au savoir à transmettre, a la langue/culture enseignée et a la communauté cible : quelle place pour la langue et la culture maternelles ? Quels besoins en formation continue ?
— Diversité des ressources authentiques et des outils d’apprentissage, classiques (manuels, grammaires, dictionnaires, etc.) ou innovants, et leur impact sur l’enseignement/apprentissage des langues.
— Enjeux liés à la norme et aux variétés linguistiques, ainsi qu’à l’usage (conscient ou non) du plurilinguisme par les apprenants.
— Le rôle et la place des langues et cultures étrangères dans la professionnalisation des métiers tels que le commerce, la diplomatie ou les médias.
— Quels liens entre le linguistique et l’extra-linguistique ? Approche globale d’un pays ? d’un espace plus important ? Exposé synchronique ? diachronique ? des institutions et des pratiques.

Nous espérons que ce colloque, co-organisé par deux équipes de recherche mais ouvert à tous, constituera une belle opportunité d’échange, de partage d’expériences et d’expertises entre les acteurs engagés dans l’enseignement des langues étrangères, l’idée centrale du projet étant de faire émerger une réflexion collective, voire même une introspection sur nos pratiques, et sur notre contribution à la construction des savoirs et à la confrontation des valeurs.

L’originalité de notre démarche : au lieu de « juxtaposer » des CV, il s’agit de mettre en balance un ensemble de témoignages, d’engagements et de questionnements, sans perdre de vue les dynamiques, complémentarités et tensions qui structurent notre champ académique en quête de voix d’accès à des langues typologiquement et génétiquement variées et aux civilisations qui les portent entre identité et altérité, singulier et universel.

Les langues du colloque : français, anglais, turc

Les contributions reflétant la diversité des aires linguistiques et culturelles sont vivement encouragées.

Comité d’organisation :

Joël BELLASSEN, Inspecteur général honoraire du Chinois
Michel BOZDEMIR, INALCO
Arsun URAS, Université d'Istanbul
Thomas SZENDE, INALCO
Sibel BERK, INALCO
Amandine ADWAN, INALCO
Zeljko JOVANOVIC, INALCO
Ali TILBE, Université d’Istanbul Cerrahpacha)
Erdinç ASLAN, Université de Marmara
Feyza Nur TUNCER KILINÇ, Université d'Istanbul
Cristina BIRSAN, INALCO

Contacts :

Joël Bellassen Voir l'e-mail 
Michel Bozdémir Voir l'e-mail

Le programme sera publié prochainement.