Migration et patrimoine : Chinois en Europe et Brésiliens au Japon

Sixième séance du séminaire MigrAsie.
cimitière chinois aux Etats-Unis
tombes chinoises aux Etats-Unis © Juan Du‎

Le séminaire MigrAsie est organisé par l’équipe Migrations en Asie, migrations d’Asie de l’IFRAE (Institut français de recherche sur l’Asie de l’Est) en coopération avec le CERI (Sciences Po Paris) et Héritages (Cergy Paris Université). Le séminaire est un lieu de rencontre autour des questions de mobilités interrégionales au sein de la région de l’Asie de l’Est, et depuis l’Asie de l’Est vers le reste du monde, en particulier vers l’Europe.
Responsables du séminaire : Hui-yeon Kim (IFRAE), Hélène Le Bail (CERI), Juan DU (Héritages), Isabelle Konuma (IFRAE)

Pauline Cherrier (MCF, IrAsia, Aix-Marseille Université)
Une tentative de mise en valeur de l’immigration brésilienne au Japon ? Le cas du musée d’Oizumi

Dans un Japon toujours réticent à ouvrir officiellement ses portes à l’immigration, la présence étrangère est majoritairement médiatisée en des termes négatifs. Certains acteurs et espaces tentent néanmoins de produire des contre-discours plus valorisants permettant de mieux saisir la complexité de l’expérience des immigrés. Nous proposons dans cette communication de nous pencher sur les discours produits au sein du musée de l’immigration brésilienne ouvert en 2018 dans la petite ville d’Oizumi. Nous analyserons les enjeux, les défis et les contradictions que révèle ce petit musée aux fonctions multiples à la fois communautaires et touristiques.

Juan Du (MCF, Héritages – Cergy Paris Université)
Les travailleurs chinois de la Première Guerre mondiale en France : pratiques patrimoniales et enjeux mémoriels d’une reconnaissance dans l’histoire nationale

En 1916, afin de pallier le manque de main-d’oeuvre causé par la guerre, les gouvernements britannique et français ont décidé de recruter, sous contrat, plus de 140 000 travailleurs chinois. Cette histoire, bien que documentée par certains historiens, reste largement méconnue dans le récit national français. Cependant, depuis la fin des années 1980, des immigrants chinois vivant en France se rendent en Picardie à l’occasion de la fête de Qingming pour rendre hommage aux travailleurs chinois morts pour la France. S’appuyant sur des observations participantes et des entretiens, ainsi que sur des analyses de discours prononcés lors des cérémonies commémoratives, cette communication vise à reconstituer l’histoire des pratiques de commémoration. Elle examine la diversité des acteurs impliqués et interroge les ressorts contemporains de la réactivation de cette mémoire marginalisée.


Discutante : Évelyne Ribert (chargée de recherche, IIAC, CNRS-EHESS)

Organisatrice de la séance : Isabelle Konuma Voir l'e-mail