« Money, money, money » religions, capital, finances (XIXe-XXIe siècle)

Le CERMOM a le plaisir de vous inviter à la journée d'étude de l’association française d’histoire religieuse contemporaine « Money, money, money » religions, capital, finances (XIXe-XXIe siècle)
Ecritures orientales
Ecritures orientales © Inalco‎

Résumé

La question financière est l’un des lieux à partir duquel il est possible de saisir les processus de modernisation (et de résistances à la modernisation) qui touchent les religions à l’époque contemporaine. Le problème renvoie à des enjeux de natures très diverses, que cette journée d’études se propose d’aborder.

Parmi ceux-ci, l’un des principaux est celui du financement des religions : financement du culte, de ses ministres, de ses bâtiments, mais aussi financement des œuvres, des missions, plus tard de l’humanitaire religieux, etc. La troisième partie de la journée d’études sera consacrée à ces problèmes, autour de communications de Pierre-Yves Kirschleger, Quentin Lefort et Jean-Pierre Moisset. Une telle question ressort avant tout de l'histoire sociale, mais elle revêt aussi une dimension politique forte. Que l’on pense, par exemple, au financement des cultes reconnus dans la France du XIXe siècle, puis après 1905 et la séparation de l’Église et de l’État. Ailleurs en Europe, la sécularisation a pu suivre des voies différentes, moins radicales.

Au-delà des rapports entre religions et États, ce sont aussi ceux qui unissent religions et fidèles qu’il convient d’analyser, quand les offrandes de ces derniers prennent de l’importance. La naissance de la collecte du denier de Saint-Pierre en France témoigne ainsi de la transformation du lien des fidèles au chef de l’Église au milieu du XIXe siècle et notamment du poids inédit de la dévotion au pape. La question de la manière dont les religions recueillent et administrent les offrandes de leurs fidèles – qu’il s’agisse du denier, de la zakât ou de la sadaqa, en islam, de la tsedaka dans le judaïsme, ou plus largement de la notion d’offrande en dehors des religions monothéistes – est vaste. Elle comporte notamment une forte dimension de genre, puisque les femmes, notamment dans les milieux aristocratiques et bourgeois, se sont vues longtemps accorder une place importante dans les collectes. Elles coexistent avec des figures masculines de mécènes. Le monde associatif, quant à lui, occupe une position intermédiaire entre les ministres du culte et les laïcs, qu’il convient aussi d’examiner. Les pratiques charitables religieuses seront l’objet de communications de Claire Boucon et de Blandine Chelini-Pont.

Un autre axe de recherche potentiellement fécond est celui de l’histoire des représentations. Le lien entre certaines religions et l’essor du capitalisme a ainsi pu être souligné, que ce soit pour le saluer, pour le dénoncer ou simplement pour y voir un facteur explicatif de certains processus historiques. On connaît l’association de l’éthique protestante à l’essor du capitalisme par Max Weber que de nombreuses études ont souvent conduit à nuancer. Le lien entre religions et capitalisme sera étudié par les deux communications d’Anthony Keller et de Franck Damour.

Un dernier domaine d’études concerne l’histoire des idées religieuses. Il s’agit ici notamment d’étudier les discours des religions sur l’argent et sur la finance et leur impact sur les comportements des fidèles. Un des grands enjeux liés à cette question est celui du « désencastrement » de l’économie vis-à-vis de la morale religieuse, autrement dit de sa sécularisation. En islam, l’essor de la finance islamique traduit plutôt la volonté de réinscrire les pratiques économiques dans un cadre normatif religieux, dans un contexte marqué par la montée de l’islam politique.

Enfin, une attention particulière sera portée aux outils concrets par lesquels les institutions religieuses gèrent leurs ressources : systèmes comptables, informatisation des dons, investissements financiers – éthiques ou non. La montée de la finance dite « engagée » ou « solidaire » invite à repenser les choix économiques des acteurs religieux. De même, la figure du banquier – partenaire, contre-modèle – mérite d’être analysée dans sa diversité de fonctions et de représentations.

Programme

9h - accueil 

9h30 - Mot d’accueil (Chantal Verdeil, présidente de l’AFHRC)

Introduction générale : Arthur Hérisson (Centre d’histoire du XIXe siècle)

10h00-11h15 :  Quelle conception du capitalisme ?

Modération : Mercé Prats (historienne, Laboratoire d’études sur les monothéismes)
- Anthony Keller (UMR Archimèe, Université de Strasbourg), « La glorification du capitalisme libéral chez le gourou Osho Rajneesh »
- Franck Damour (Université Catholique de Lille),  « Le bitcoin : une monnaie eschatologique ? »

11h15-11h30 : pause

11h30-12h45 :   Pratiques charitables

Modération : Natalia Núñez Bargueño Faculty of Theology and Religious Studies and Faculty of Arts, Leuven)

- Cloé Boucon (Université Lyon 2), « "Société fraternelle, une alliance de dévouement, de charité et de piété", pratiques de la charité au sein de la communauté juive de Phalsbourg (Moselle) »

- Blandine Chelini- Pont (Aix-Marseille Université), « Genèse et mécanismes des Donor-Advised-Funds aux États-Unis : quel impact sur le financement des organisations et des œuvres religieuses ? »

12h45-14h15 : déjeuner

14h15-16h15 : Financement et modèles marchands 

Modération : Marie-Emmanuelle Chessel (Sciences Po, CSO, CNRS)

- Pierre-Yves Kirschleger (Université de Montpellier, Paul Valéry), « L’argent de l’étranger : le financement du protestantisme français, des polémiques aux réalités (19e siècle) »

- Quentin Lefort (Université de Bordeaux-Montaigne), « Le modèle marchand de la gamme jeunesse catéchétique de Bayard (1960-1990) ».

Jean-Pierre Moisset (Université de Bordeaux-Montaigne), « Le paiement des places à l’église : chaises et chaisières en France des années 1800 aux années 1960 »

16h15-16h30 : Pause

16h30-17h15 : Assemblée générale 2025 de l’AFHRC

  • Bilan financier
  • Bilan moral
  • Préparation de la journée 2027 : choix du thème. 
Organisation
  • Édouard Coquet (Sorbonne Université, Centre d’histoire du XIXe siècle)
  • Arthur Hérisson (Centre d’histoire du XIXe siècle)
  • Marie Levant (Université Libre de Bruxelles, Institut français du Proche-Orient)
  • Mercè Prats (Laboratoire d’étude sur les monothéismes)
  • Chantal Verdeil (INALCO, CERMOM)
Comité scientifique :
  • Marie-Emmanuelle Chessel (Sciences Po, CSO, CNRS)
  • Édouard Coquet (Sorbonne Université, Centre d’histoire du XIXe siècle)
  • Charlotte Courreye (Université Jean Moulin Lyon 3)
  • Michel Fourcade (Université de Montpellier Paul-Valéry, CRISES)
  • Arthur Hérisson (Centre d’histoire du XIXe siècle)
  • Marie Levant (Université Libre de Bruxelles, Institut français du Proche-Orient)
  • Natalia Núñez-Bargueño (KU Leuven)
  • Mercè Prats (Laboratoire d’étude sur les monothéismes)
  • Chantal Verdeil (INALCO, CERMOM)

 

Contacts : Voir l'e-mail et Voir l'e-mail 

Adhésions et cotisations : Voir l'e-mail