Conférence inaugurale du Master IMAS

12 March 2026
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Le 27 mars prochain, la Fondation Inalco a le plaisir de recevoir Heghnar Zeitlian Watenpaugh pour une conférence intitulée « Survivors objects and captive sites : art and cultural heritage » dans le cadre de sa nomination à la chaire du Master IMAS.
Le master IMAS organise avec la Fondation Inalco une première conférence sur la préservation du patrimoine en Arménie
Le master IMAS organise avec la Fondation Inalco une première conférence sur la préservation du patrimoine en Arménie © Fondation Inalco‎
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Synospis de la conférence 

Que s’est-il produit pour le patrimoine culturel des communautés détruites lors du génocide des Arméniens de l’Empire ottoman ? Les sites culturels arméniens, en particulier les sites religieux, ont été détruits, réaffectés, appropriés, vendus ou transférés. La plupart d’entre eux ont été détachés de leur lien avec les communautés arméniennes subsistantes.

Les objets – en particulier les objets sacrés – ont également été transférés, pillés ou déplacés. Certains ont finalement intégré des musées en Europe ou en Amérique du Nord, où ils sont aujourd’hui appréciés pour leurs qualités esthétiques.

Cette conférence propose de réfléchir à la quasi-simultanéité de ces deux processus – la destruction et la transformation en œuvre d’art – et d’en examiner les multiples implications, ainsi que ce que cela annonce pour l’histoire de l’art et pour l’institution muséale au XXIᵉ siècle, dans le contexte du Génocide arménien.

 

Commémorer le génocide arménien 

« Le génocide est défini comme des actes commis « dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux en tant que tel ». Comme l’ont montré les chercheurs travaillant sur les génocides et la culture, le processus génocidaire ne se limite pas à l’extinction physique de la communauté visée : il s’étend également à l’effacement, l’appropriation ou le transfert des biens culturels de cette communauté.

L’histoire du Génocide arménien et de ses conséquences l’illustre particulièrement bien. Pendant le génocide et dans les années qui ont suivi, les sites associés à la culture arménienne, en particulier les sites religieux, ont été détruits, réaffectés, appropriés, vendus ou transférés. Certains d’entre eux sont ensuite devenus des éléments du patrimoine culturel intégré au patrimoine de l’État, tout en étant coupés de tout lien avec les communautés arméniennes encore existantes.

Les objets – en particulier les objets sacrés – ont également été transférés, pillés ou déplacés. Certains ont finalement rejoint des musées situés loin de la terre d’origine arménienne. De manière complexe, ces sites et ces objets ont ainsi acquis « une seconde vie en tant que patrimoine » et en tant qu’œuvres d’art.

Cette conférence examine les implications de l’articulation entre le processus de génocide et d’extinction d’une communauté, et les processus par lesquels des sites deviennent patrimoine et des objets deviennent des pièces de musée. Pour théoriser cette transformation, je m’appuie sur la notion de « captive sites » développée par Peter Balakian, qui désigne des sites architecturaux et des bâtiments religieux restés en place mais séparés de leur communauté d’origine, ainsi que sur mon propre concept de « survivor objects », appliqué aux objets transportables pillés ou déplacés à la suite du génocide et des déplacements de population.

Cette conférence propose ainsi de réfléchir à la quasi-simultanéité de ces deux processus – l’extinction d’une communauté et la transformation de ses traces matérielles en art ou en patrimoine – et d’en examiner les multiples implications, ainsi que ce que cela annonce pour l’histoire de l’art et pour l’institution muséale au XXIᵉ siècle. »

 

Le Master IMAS

Dans ce contexte spécifique, l’Inalco a conçu en 2021 le Master IMAS (International Master in Armenian Studies). S’adressant à des locuteurs arméniens à l’international issus de la diaspora ou en interaction avec elle, ce programme dispense un enseignement en arménien occidental, couvrant un très large éventail de disciplines en sciences humaines. 

Entièrement en ligne, dans un format synchrone et asynchrone qui s’adapte à   son public international, il est certifié par un diplôme en fin de parcours. Entre 2021 et 2025, le Master IMAS a compté 67 inscrits ; 50 diplômés sont prévus d’ici 2026. Depuis son lancement, il a ainsi permis à des étudiantes et étudiants de 17 pays d’intégrer une formation de haut niveau en arménien occidental.

L’Inalco est aujourd’hui le seul établissement d’enseignement supérieur au monde, en dehors de l’Arménie, à proposer une formation complète en arménien occidental et oriental du niveau débutant au doctorat.