Intervention de Jean-Marc Lieberherr Monnet dans le cadre du module Jean Monnet « EU-LACE »

7 April 2026

Menu International

Mercredi 25 mars 2026, Jean-Marc Lieberherr Monnet, président de l’Institut Jean Monnet, est intervenu devant les étudiants du cours « Construction européenne : histoire et institutions » dispensé par le Dr Frédéric Allemand, dans le cadre du module Jean Monnet EU-LACE porté par l’Inalco. L’occasion d’un temps d’échange sur la pensée de cette figure fondatrice de l’Union européenne.
Amphi étudiants
Amphi étudiants © Inalco‎
Contenu central

En lien avec le projet Jean Monnet EU-LACE, porté par l’Inalco, les étudiants en 3e année de Licence de la filière Relations internationales et du département Europe de l’Inalco ont eu le plaisir, le 25 mars 2026, d’écouter et d’échanger avec Jean-Marc Lieberherr Monnet, président de l’Institut Jean Monnet. Cet échange a porté sur « l’actualité de la pensée et de la pensée de Jean Monnet au XXIe siècle ». Il était organisé dans le cadre du cours magistral « Construction européenne : histoire et institutions », dispensé par le Dr Frédéric Allemand. Plus que le rappel des vies multiples qu’a connues son grand-père, M. Lieberherr a mis en avant la constance de la pensée et de la méthode de Jean Monnet pour traiter et résoudre les désordres des relations internationales : tirer profit de la nécessité pour dépasser les contraintes des souverainetés nationales. Entré très jeune dans l’entreprise familiale, Jean Monnet était un homme de rencontres, d’échanges, de dialogues. Son expérience professionnelle lui avait appris à écarter les grandes théories, les systèmes, au profit d’actions concrètes, basées sur des faits simples. Au début de la 1ère guerre mondiale, la France et le Royaume-Uni, pourtant alliées, se concurrençaient pour l’achat de blé canadien, avec pour effet une hausse des prix pour les deux. Jean Monnet préconisera une mutualisation des achats et une optimisation de la logistique, avec une gestion partagée. La souveraineté nationale était dépassée en droit, mais renforcée dans les faits. Ce même esprit l’a guidé lorsqu’il s’est agi de faire face à l’agression militaire de la France par l’Allemagne nazie. Comme le rappelle Jean-Marc Lieberherr, Jean Monnet allait défendre auprès du gouvernement britannique début juin 1940 le principe d’une union franco-anglaise : un seul gouvernement, un seul parlement, une seule armée. Le projet allait échouer à quelques heures près : Pétain suspendait l’ordre républicain et déclarait accepter l’armistice. Trois ans plus tard, à Alger, Monnet anticipait la fin de la guerre et imaginait les conditions de la restauration de la paix. Celle-ci ne devait pas être une répétition de 1918, une paix contre l’Allemagne. La paix qu’il préconisait exigeait que les États ne se reconstituent pas sur les bases de la souveraineté nationale. Deux conditions étaient identifiées : le rétablissement en Europe du régime démocratique et l'organisation économique et politique d'une « entité européenne ». Le 9 mai 1950, Robert Schuman rendait publique l’idée de Monnet de fonder l’Europe de paix autour de la mise en commun de la production franco-allemande de charbon et d’acier. Dans son échange avec les étudiants, Jean-Marc Lieberherr a rappelé que si l’état de nécessité ne laisse aucune place à l’hésitation pour agir, il appartient aux responsables politiques, à l’instar de Robert Schuman, de porter les changements.

Pour en savoir plus sur le projet EU-LACE, consulter la page suivante.

Financé par l'Union européenne. Les points de vue et opinions exprimés sont ceux des auteurs et ne reflètent pas nécessairement ceux de l'Union européenne ou de l'Agence nationale française Erasmus+. Ils n'engagent pas la responsabilité de l'Union européenne ni de l'autorité de subvention.